«C'est officiel, mon vieux, je suis un has-been...»

William Lacaille, le 11/09/2019


Sa dernière réalisation datait de 2016 avec les 8 Salopards, il était attendu par ses fans depuis longtemps, Quentin Tarantino fait son retour au cinéma avec "Once Upon A Time... In Hollywood" d'abord présenté à Cannes, puis dans nos salles obscures ! Est-ce un comeback fracassant ou une déception pour le spectateur ? 

(Aucun spoilers n'est présent)

67443939 630795197441115 5501914670237220864 n

Brad Pitt, acteur principal qui était présent lors de  l'avant-première à Berlin

 

Neuvième réalisation de Tarantino, Once Upon A Time… In Hollywood a beaucoup fait parler lors de son annonce et notamment avec ce casting très prestigieux, avec lequel il a déjà pu collaborer dans le passé : le duo Brad Pitt (Inglourious Basterds) et Leonardo DiCaprio (Django Unchained), mais aussi Zoë Bell (Kill Bill) et Bruce Dern (Les Huit Salopards). En dehors de Tarantino, il y avait déjà des affinités entre DiCaprio et Margot Robbie avec Le Loup de Wall Street et entre Pitt et Al Pacino dans Ocean's 13. On y voit également Emile Hirsch qui avait entre autre joué dans Harvey Milk ou encore Margaret Qualley qui avait joué dans The Nice Guys ou encore IO (Netflix). Une pensée pour Luke Perry qui nous a quitté en Mars dernier à l'âge de 52 ans, son dernier rôle sera pour Tarantino. Clin d'œil spécial aussi pour Kurt Russell qui fait plaisir à entrevoir dans le film surtout avec son rôle qui décroche quelques rires. 

L'histoire nous plonge en 1969, tout droit dans le monde de la star de télévision Rick Dalton et le cascadeur Cliff Booth, sa doublure de longue date. Pourtant, ce monde qui leur souriait tant semble réellement changer et bouleverse les habitudes de chacun. Ils poursuivent leurs carrières au sein d’une industrie qu’ils ne reconnaissent plus. 

Le pitch semble très intéressant, la mise en abyme du cinéma tout en passant par un cadre radicalement différent du nôtre (musiques, vêtements, courants de pensée, etc…) vont permettre d'attirer l'oeil des plus fins observateurs. On est directement plongé dans cette ambiance et elle est très plaisante. On sent la maîtrise de Tarantino sur le film et aucun plan n'est laissé à l'abandon.

7798189793 hollywood sign

Hollywood, le cœur du film. Une véritable immersion dans les années 70.

 

Pourtant, il subsiste quelques points de déception pour les fans les plus aguerris de Tarantino. Que ce soit dans les dialogues spécialement étirés ou alors dans les scènes de violence très puissantes : il y en a, certes, mais pas autant qu'on aurait pu le penser. 

Rassurez vous, il y a toujours un humour parfois très acide qui surgit et qui ne manquera pas de faire rire. On retrouve toujours les même points quand on évoque un film de Tarantino comme son fameux foot-fetish, le thème de la vengeance, les fausses marques, la violence tournée au comique. C'est ce qui fait vraiment le monde tarantinesque du cinéma et que l'on cherche tout au long du film mais il restera un goût d'inachevé pour certains.

Once Upon A Time… In Hollywood est également composé d'un dynamisme en plusieurs vitesses qui pourrait en ennuyer quelques-uns surtout avec cette coupure du film en deux parties : Rick et Cliff et de l'autre la carrière de Sharon Tate (Margot Robbie). C'est effectivement un mélange entre réalité (Sharon Tate, Roman Polanski, Bruce Lee) et aussi la fiction avec le duo principal Dalton/Booth qui va se montrer en fil conducteur. Cette particularité aura le don de combler ou de troubler les spectateurs. Once Upon A Time… In Hollywood joue aussi beaucoup plus sur la réflexion en profondeur, les tourments et les grands dilemmes. C'est notamment avec le personnage d'Al Pacino que Tarantino va lancer le questionnement des personnages.

70625010 2421892511411061 3120660943067938816 n

Le couple Roman Polanski (à gauche) et Sharon Tate (à droite) : des personnalités réelles qui apparaissent au milieu de personnalités fictives

 

Les acteurs offrent une véritable performance, Leonardo DiCaprio bluffant et très puissant sur l'émotion qu'il peut faire passer, une Margot Robbie qui est assez intéressante même si elle reste très fortement en arrière plan. Brad Pitt présent comme un bon pote possède le self-control mais est toujours dans la vanne. On sent que les acteurs prennent du plaisir à jouer et peuvent presque faire de l'improvisation sur certaines scènes.

Les 20 dernières minutes de ce film de 2h40 sont par ailleurs celles récoltant le plus de rires et d'intérêt dans la salle presque comble le jour de sa sortie. Ces dernières scènes marqueront plus les mémoires que d'éventuelles répliques.

Le mieux à faire, c'est de voir par vous même votre degré de plaisir ou de déception face à Once Upon A Time… In Hollywood, car il reste très difficile de parler du monde de Tarantino sans se lancer dans des débats parfois interminables, voire houleux.

Ajouter un commentaire

Date de dernière mise à jour : 11/09/2019