Osmosis, le Black Mirror français ?

Emma Gaheneau, 01/05/2019


Après la déception de Marseille en 2016, Plan Coeur, une série romantique et humoristique en 2018, et en attendant la sortie de Mortel (tourné en ce moment même au Havre), Netflix a sorti en mars 2019 sa troisième production française : Osmosis. Certains parlent de réussite dystopique, d'autres de copie ratée de Black Mirror.

Osmosis 1

Adaptée de la web série éponyme de Louis Chiche, diffusée en 2015 par Arte Créative, Osmosis met en scène Esther et Paul Vanhove, frère et sœur, à la tête de leur startup. Osmosis est un algorithme qui permet à l'utilisateur, en lui introduisant des nanorobots dans le cerveau, de rencontrer l'amour avec un grand A, l'âme sœur. Paul, incarné par Hugo Becker, en est certain, car ce même programme lui a permis de rencontrer sa femme. Sa sœur (Agathe Bonitzer), à l'origine de la technologie, voit un futur médical pour Osmosis, qui doit l'aider à sauver leur mère mourante. La série commence lors des premiers tests qui sont réalisés sur 12 bénévoles.

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Esther et Paul Vanhove (Agathe Bonitzer et Hugo Becker)  Copyright Jessica Forde/Netflix

Une fois implantés, les 12 bêta-testeurs sont lâchés dans Paris pour trouver leur moitié. L’environnement futuriste est très bien réalisé et un soin particulier a été apporté à la photographie et aux décors. Les personnages évoluent majoritairement dans les locaux de l'entreprise baignés dans une lumière froide, à la décoration minimaliste. Ils sont également accompagnés par une intelligence artificielle prénommée Martin, qui est certainement le personnage le plus attachant de la série. L'ambiance est pesante et sombre. Loin des voitures volantes et autres images caricaturales du futur, il est facile de s'imaginer évoluer dans la capitale, contrairement aux mondes dépeints dans Black Mirror. La comparaison des synopsis semble toutefois inévitable tant la ressemblance est forte avec Hang the dj, épisode de la saison 4.

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Billie, médecin d’Osmosis (Yuming Hey) et une testeuse (Clémence Boisnard) Copyright Netflix

Malgré quelques lenteurs dans le scénario, chaque épisode donne envie de regarder le suivant grâce à l’intrigue principale : comment les testeurs vont-ils trouver leur moitié, et vont-ils vraiment se correspondre ? 

La série se concentre sur trois des cobayes qui vivent des expériences très différentes, entre belles histoires d’amour et désillusions. Chacun d’eux sont dotés de personnalités opposées et pourtant pas du tout cliché. Il faut donc se concentrer sur ces personnages touchants pour ne pas être débordé par les intrigues secondaires qui prennent parfois trop de place dans les épisodes, qui ne sont qu’au nombre de 8. Les problèmes de financement, les attaques des hackers et l’espionnage industriel nous détournent trop souvent du but premier d’Osmosis : la garantie de trouver un partenaire avec qui l’osmose sera complète grâce à une intelligence artificielle. Les deux derniers épisodes permettent de se recentrer sur la trame principale mais le mal est déjà fait, le spectateur peut être perdu parmis les enjeux.

Cette série nous fait oublier les débuts compliqués des créations Netflix, en gardant les codes des séries françaises : minimalistes et intelligentes. La seconde saison, qu’on espère, au vu du renouveau de l’intrigue dans le dernier épisode, permettra sûrement de nous faire oublier cette impression d'éparpillement.

 

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Date de dernière mise à jour : 01/05/2019