Sex Education : le teen drama à regarder d’urgence

Mélisande Queïnnec, le 06/03/2019


C’est une véritable pépite que Netflix a lancée le 11 janvier, à travers une campagne de communication plutôt… efficace. Sex Education, c’est LA série à voir absolument. On vous explique pourquoi

 

Afficheqs

Les différentes affiches de la série ©Netflix

Le pitch

Otis (Asa Butterfield) est vierge, mais hyper calé sur le sexe. Normal, sa mère (Gillian Anderson, alias Dana Scully dans X-Files) est sexologue. Alors quand Maeve (Emma Mackey) lui propose de monter un cabinet de sexologie dans les toilettes désaffectées de leur lycée pour se faire un peu d’argent de poche, il accepte de sauter le pas… et tente de se libérer de ses propres complexes.

Emma Mackey - Asa Butterfield - Connor Swindells

Les acteurs (de gauche à droite) : Emma Mackey - Asa Butterfield - Connor Swindells ©Netflix

 

Notre avis

Il était temps… C’est la première réaction qui nous vient après avoir binge-watché les 8 épisodes en une seule nuit. Il était temps de traiter du thème de la découverte de la sexualité avec autant de doigté (sans mauvais jeux de mots !), de parler des LGBT, des drag-queen, des vierges, des « filles faciles », des « coureurs de jupons », de la drogue, de la religion et de l’adolescence dans sa globalité sans sombrer ni dans les clichés, ni dans le pathos. Il était temps de proposer aux jeunes une alternative aux teen drama américains bien-pensants pour rire et s’éduquer. Il était temps que le conservatisme se prenne un bon coup de pioche. Parce-que oui, Sex Education parle de sexe. Comme son nom l’indique. Mais elle en parle bien.

Les britanniques excellent décidément dans l’art des séries TV… on se souvenait de l’excellente Skins, qui suivait les galères d’ados de Bristol en quête de nouvelles expériences. Sex Education tente de toucher le même public, tout en prenant le contrepied de sa cousine : ici, pas d’overdoses ou de décès brutaux, mais la vie de lycéens lambda, qui nous renvoient à notre propre adolescence. Si elle traite tout de même de thèmes comme l’homophobie, les grossesses non désirées, le slut-shaming ou les relations familiales compliquées, la série distille des messages joyeux et positifs, à travers des personnages fouillés (Otis, Eric, Maeve, Adam…). Les adolescents ne sont plus traités comme des gamins en souffrance… mais comme des adultes, en cours de construction. Et bon sang, ça fait du bien...

Ncuti Gatwa alias Eric EffiongNcuti Gatwa alias Eric Effiong ©Netflix

De nombreux clichés sont déconstruits tout au long de ces 8 épisodes. Les filles (et garçons) n’ont pas tous une vie sexuelle trépidante. Ils n’attendent pas tous, à l’inverse, d’avoir des cheveux blancs et des pattes d’oie pour goûter au péché de chair. Les garçons parlent de leurs sentiments, les dévoilent même, et les filles assument leurs attentes. L’homosexualité n’est pas une maladie – elle est même plutôt banale. L’épilation est un choix. Les croyants ne sont pas tous rétrogrades et homophobes. L’Église peut être vectrice de confiance en soi et de paix. Les jeunes ont le droit d’exister, à travers leur look ou leurs engagements. Les hommes ne sont pas tous des misogynes qui collectionnent les conquêtes. Et bien que cette simple idée provoque chez Yann Moix des frissons d’effroi, les femmes de plus de cinquante ans peuvent avoir une vie épanouissante… Elles peuvent séduire, être belles, sortir avec des hommes différents tous les soirs (ou un seul pour le restant de leurs jours), boire des verres et être mères, tout cela en même temps.

Bref, la vie est beaucoup plus complexe que dans un roman Harlequin. La sexualité aussi. Parfois, tout ne se passe pas comme prévu. Et cette piqûre de rappel est bénéfique à tout âge. Même pour toi, là, le garçon du fond, qui lit cette critique en haussant les sourcils…

Asa Butterfield - Gillian Anderson

Asa Butterfield et Gillian Anderson, mère et fils dans la série ©Netflix

En conclusion, Sex Education émeut souvent, fait rire constamment et sourire franchement. Entre confidences désabusées et affirmation de soi, elle nous plonge dans le quotidien de lycéens ordinaires, mais délivre un message révolutionnaire.

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Date de dernière mise à jour : 06/03/2019