« The show must go on ! »

Victor Bouteiller, 14/11/2018


Bohemian Rhapsody occupe la première place au box-office mondial. Vous l’aurez compris, aujourd’hui on s’intéresse au film évènement de cette fin d’année, réalisé par Bryan Singer (Usual Suspect) et qui cartonne après sa sortie en France le 31 octobre et aux USA le 2 novembre. 

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Affiche du film Bohemian Rhapsody

Le 31 octobre, c’est la date choisie pour la sortie de ce film. Ce n’est pas un hasard puisqu’en cette fin d’année 1975, une chanson répondant au nom de « Bohemian Rhapsody » pointe le bout de son vinyle le 31 octobre de cette même année. Dénigrée par la critique mais adulée par les fans de Queen, cette chanson, véritable opéra rock aux airs surréalistes et longue de 6 minutes (à l’époque les radios imposaient un standard de 3 minutes) est un tour de force pour Queen qui, avec son album « A night at the opera », a su imposer au monde entier son énergie et sa virtuosité.

Le film retrace la carrière du groupe, de leur rencontre jusqu’au au mythique Live-Aid en 1985, point d’orgue de la carrière du groupe. Mais le film, aussi émouvant, beau et incroyable soit-il, manque de rigueur à certains moments. Notons tout d’abord, au début du film, que Freddie vit encore chez ses parents lorsqu’il rencontre ses futurs compagnons de groupe, alors membres du groupe Smile. Dans la réalité il en est tout autre, Freddie vit à ce moment-là en colocation, depuis 2 ans, avec Roger Taylor, batteur de Smile. Sûrement un choix du réalisateur ? Ensuite, ce qui dérange c’est le côté très sage qui se dégage des autres membres du groupe, John Deacon, Roger Taylor et Brian May. Ils semblent être impassibles et flegmatiques face aux excès en tout genres de leur leader alors que dans les faits, ils sont tout aussi dans l’excès que ce dernier, notamment en ce qui concerne les drogues. En outre, le dernier point regrettable de ce film c’est l’absence d’un David Bowie pendant l’enregistrement d’Under Pressure. Quel plaisir ça aurait été de revoir, sous les traits d’un acteur, le défunt Bowie qui nous a quitté en 2016. Cela aurait sans doute renforcé le côté sensiblement émouvant et nostalgique du film. Mais tous ces points sont sûrement dus à une volonté de créer un film tout public, accessible aux jeunes ainsi qu’aux personnes âgées, le tout sans choquer cette large audience en étalant les déboires du groupe. Malgré tout, cela n’enlève pas ses lettres de noblesse à ce film qui reste néanmoins un chef d’œuvre à nos yeux de jeunes adultes ayant grandi (ou non) avec Queen. 

Passons donc aux points forts de ce film, la BO est tout simplement magnifique, chaque musique est soigneusement intégrée au film, nous faisant, avec le son du cinéma, frissonner en nous cramponnant à nos sièges. Les larmes ont coulé dans la salle durant le film ! « Love of my life » est une chanson magnifique, mais l’entendre dans le contexte du film à Rock in Rio ou chantée à Paul par Freddie rend la chose encore plus émouvante, et là sont les premières émotions fortes et collectives que les gens de la salle ressentent. Mais l’un des moments les plus bouleversant est sans doute l’annonce du sida de Freddie aux autres membres qui est suivi par l’intégralité de leur prestation au Live-Aid, recréée par Bryan Singer. D’ailleurs, les plans de Singer sont des petits bijoux, les plans sur les lunettes de Freddie, sur le piano, sur la foule, la lumière de chaque scène, tout est magistralement beau. Ce film est un monstre d’abnégation musicale et technique.

Foncez voir ce film, vous ne regretterez rien, si ce n’est l’envie de réécouter tous les albums de Queen avec nostalgie !

Commentaires (1)

NANADIS
  • 1. NANADIS | 14/11/2018
J'ai déjà vu ce film et je trouve la critique très bien faite, cela m'a donné envie de le revoir.

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Date de dernière mise à jour : 26/02/2019