Dans les coulisses du festival du court métrage britannique This is England

Anne Laure Bancel, 4/12/2019


Depuis le 16 novembre 2019, This is England bat son plein, et propose une sélection de courts métrages et de films britanniques, à l’Omnia République au centre-ville et au Kinepolis à Saint Sever. Le but est d’immerger le spectateur dans la culture britannique, au travers d’une sélection de films, entièrement en anglais et réalisés pour la plupart au Royaume -Uni. Le point positif pour ceux qui ne parlent pas couramment la langue : l’ensemble des œuvres est sous-titré en français. 

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C’est donc l’occasion de s’attarder sur l’édition 2019 du festival, et d’expliquer son fonctionnement : 

Créé en 2012 par le Rouen-Norwich Club, This is England met donc à l’affiche une sélection de courts et de longs métrages. Leur diffusion est répartie sur un mois, dans les différents cinémas partenaires. Le but est de récompenser le court métrage ayant le plus marqué les spectateurs, grâce à un vote du public, tandis que les longs métrages sont diffusés hors compétition. 

En effet, chaque séance se déroule de la façon suivante : tout d’abord les courts métrages sont diffusés les uns après les autres. Suite à cela, le public peut voter pour l’œuvre qu’il a le plus apprécié. Enfin, certains réalisateurs britanniques sont présents en fin de séance, et c’est l’occasion de leur poser des questions, et d’en apprendre davantage à propos du tournage, des personnages…le tout en anglais bien entendu ! Mais pas de panique, le présentateur traduit les réponses des
artistes ! 

De plus, le tarif est seulement de 4 euros en étant étudiant, comprenant la séance et le débat avec les réalisateurs, soit une réelle aubaine.
Cette année, 33 courts métrages sont entrés dans la compétition, avec une dizaine de réalisateurs présents pour débattre et échanger avec les spectateurs. 

Voici les lauréats de la compétition : 

-Prix du meilleur film documentaire : Lasting Marks de Charlie Lyne. 

-Prix du meilleur film d’animation : Roughhouse de Jonathan Hodgson 

-Prix du meilleur film de fiction : Old friends de Ben Hector 

-Prix du Public : November 1st de Charlie Manton 

Leurs trailers sont disponibles sur le site officiel de This is England : http://www.thisisengland-festival.com/, ce qui vous donnera peut-être envie de tenter l’aventure pour l’édition 2020 !

Voici l’un des courts métrages les plus marquants du festival, duquel nous avons pu rencontrer le réalisateur à la suite de la diffusion du film: 

Tout d’abord, Sam and the Plant next door est un court métrage de 23 minutes réalisé par Ömer Sami. Dans la catégorie film documentaire, il raconte l’histoire d’un jeune écolier prénommé Sam, qui vit à côté de la centrale nucléaire de Hinkley Point au Royaume Uni. Le quotidien de cet enfant est rythmé par ses cours, ses balades dans la nature ou sur la plage avec son meilleur ami, et bien évidemment, par l’énorme forteresse de béton. En effet, EDF subventionne les écoles primaires de Hinkley Point, et intervient régulièrement au sein des classes, dans l’idée que les enfants pourront un jour être de jeunes recrues pour alimenter la centrale nucléaire en ingénieurs, gardes et employés. Sam n’est pas en accord avec cette idée, et rêve de devenir océanologue, et d’étudier les poissons. Le court métrage est centré sur lui et son meilleur ami, deux enfants à l’esprit très vifs et matures qui débattent des grandes questions écologiques, telles que le véganisme, ou le devenir des milieux marins. 

Le réalisateur a expliqué à la fin de la diffusion du film que Sam ne jouait pas un rôle, et que son équipe avait longuement interrogé des enfants de Hinkley Point à propos du développement durable et de leur opinion à propos de la centrale, avant de trouver celui qui serait le héros idéal, à même de parler de ces sujets ardus. Ömer Sami laisse librement les garçons s’exprimer, et filme en toute discrétion leurs conversations, pour un rendu plus vrai que nature ainsi que des dialogues réellement touchants et matures pour des enfants de seulement dix ans. De plus, l’histoire nous parle, car elle retrace les problématiques également causées par la centrale nucléaire de Flamanville, qui crée des emplois dans toute la région, mais pose de nombreux soucis environnementaux.

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