Les agités du bocal: le rock rouennais a encore de beaux jours devant lui

Adèle Pottier, 23/10/2019


Nous sommes ici pour mettre en avant des groupes Rouennais tel que le vôtre. Nous sommes donc en compagnie d’Adrien (l'ingénieur son du groupe), de Léonard (le chanteur guitariste) et de Louis (le batteur) des « Agités du Bocal ». Thibault (guitariste) et Alexis (le bassiste) n'ont pas pu assister à cette entrevue. Alors, tout d’abord, pourquoi ce nom de groupe ? 

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Louis : Ça, c’est le « chef » qui doit répondre !

Léonard : Ah bah ça commence ! Alors, d’une part c’est une expression qui nous plaisait bien, enfin, qui me plaisait bien puisqu’avant, ils n’étaient pas dans le groupe. Elle me plaisait puisque c’est une citation que tout le monde a dans la tête, et en plus par rapport à notre style de musique cela nous représentait. Cette expression rappelle un peu les « Trois fromages », « Les fatals Picards »… Il y a ce côté rock français décalé. Quand le public (qui ne nous connaît pas voit notre nom), ils savent à peu près à quoi s’attendre, on ne ment pas sur la marchandise avec ce nom.

Pourquoi avoir mis en avant ce style musical de rock humoristique ? Pouvez-vous nous expliquer ce style ?

Louis : Le chef a écrit un mémoire là-dessus justement pour son master ! 

Léonard : C’est compliqué, nous on dit qu’on fait plutôt du rock humoristique, c’est rock et on essaie d’être drôle donc c’est plutôt cohérent. 

Après, dans la définition du genre, chaque groupe fait un peu à sa sauce. Les membres d’Ultra Vomit disent par exemple qu’ils font du métal parodique, nous on est vraiment dans le rock de base, avec une volonté d’être drôle. On a mis ce style là en avant par question de goût. A l’époque de la formation du groupe, c’était un style qui parlait aux membres de l’époque, puis la formation a changé et est devenu celle que l’on est actuellement. 

On a tous nos influences, années 70, métal, chanson française, on touche vraiment à tout, mais on a envie de faire des chansons drôles. On aime tous ça dans le groupe, et vu qu’il existe déjà des groupes qui le font et le font bien, on s’est décidé à le faire à notre manière, en apportant notre pierre à l’édifice.

On arrive plus facilement à écrire des chansons drôles que des chansons pas drôle je crois. C’est sûrement le fait que l’on soit dépressif aussi haha.

Parlez-nous un peu de la formation du groupe ?

Léonard : Ça fait pas mal de temps ! Le groupe datait de quand j’étais au lycée c’est-à-dire il y a 7 ans à peu près. A la base c’était un duo guitare voix batterie, j’étais à la guitare voix, et mon cousin était le batteur à l’époque. Nous a rejoint ensuite un bassiste. Le groupe a tourné comme ça à trois pendant un an ou deux, mais c’était quand nous étions au lycée donc on faisait 3 concerts l’année, c’était très tranquille. Et puis sont arrivés successivement le deuxième guitariste Thibault qui est toujours là aujourd’hui, Adrien notre ingénieur son qui nous suit partout et qui est un membre à part entière du groupe, et puis, le premier bassiste et le premier batteur sont partis au profit de Louis à la batterie et Alexis à la basse, donc ça fait plus de deux ans que la formation est ainsi.

C’est grâce à ça d’ailleurs que cela marche bien, on joue pas mal, on est dans une bonne dynamique.

Quelles sont vos grandes influences musicales ?

Louis : Pour ce qui est de la batterie il y a forcément tous les grands batteurs de studios, Jeff Porcaro, Vinnie Colaiuta… Et dans les influences musicales il y a pas mal de chose. Dans les agités, on se sert de beaucoup de choses que l’on a écouté, que ce soit dans le rock, la soul, la funk, ou même plus dans la chanson. Même récemment des choses un peu plus dansante, avec des musiques antillaises, caribéennes. On s’amuse à introduire ce genre de son dans nos morceaux.

Léonard : Thibault le guitariste écoute beaucoup de choses différentes, mais à la base il est très chanson française, il vient vraiment de là, il adore le punk et plein d’autres choses aussi. Alexis, le bassiste a des goûts très variés aussi avec une base rock comme Louis (ça ce sont les bassistes, ils aiment bien ce qui groovent en général). Et moi, en dehors de tous les groupes qui me font rire, et qui sont d’ailleurs des influences, il y a quand même le côté ou j’ai écouté du hard rock, du Heavy metal, Hard FM, ça n’apparaît pas vraiment dans notre musique d’aujourd’hui. On a tous des univers très différents.

Pouvez-vous nous dire quelques mots sur votre album et vos chansons ? 

Louis : Alors, notre album, (il est bien) qui est un demi-album, qui est un EP, il est sympa, écoutez-le et achetez-le.

Adrien : Alors techniquement j’ai vu ça il n’y a pas longtemps, un EP c’est 4 titres donc on ne peut pas appeler notre « truc » un EP. Et on ne peut pas l’appeler un album car c’est trop court pour un album. C’est donc un mini album.

Louis : C’est un EP long. 

Léonard : C’est un EPnisme.

Louis : Et c’est un album qui est bien ! Achetez-le en concert.

Léonard : Tu as dit deux fois «  c’est un bon album, achetez-le » ça fait beaucoup quand même !

Louis : C’est vrai, mais c’est parce que j’ai besoin d’argent ! 

Léonard : Alors l’album il s’appelle « En Blablacarpe »

C’est déjà un bon début ! 

Louis : Ah oui ça m’avait échappé le titre ! 

Léonard : En Blablacarpe, un magnifique jeu de mot vis-à-vis du poisson, des agités du bocal, et aussi peut-être parce que l’on peut estimer que dans l’album, un thème émerge, le thème du déplacement ! 

Adrien : C’est vrai que le thème du déplacement avec « Fils de Pub », « Tranche de mamie » et « Tu es si belle », quoique, il y a le métro ! Mais si tu regardes « La fille du supermarché », à part le cadi… 

Léonard : regarde : première chanson : Les Voitures sans permis : avec un très bon clip ! Ensuite, « La fille du supermarché », qui parle d’un mec qui suit une fille dans un supermarché, donc déjà c’est un peu étrange tu vois ! 

Il y a pas mal de chanson où l’on parle de fait divers ou bien de fait réels et on les détourne. Donc on a bien aimé englobé ce thème avec « En Blablacarpe », un jeu de mot que l’on aimait bien en cohérence avec le groupe. 

On aimait bien cette idée d’emmener l’auditeur d’un point A à un point B, et si sur tout le chemin ça les faire rire et bien tant mieux ! Et qu’on les emmène en voiture sans permis ou en déambulateur, tant que ça fait rire ! 

Pouvez-vous nous parler plus précisément de chaque chanson ? 

Léonard : « Les voitures sans permis », une chanson sur les voitures sans permis et le fait que l’on déteste les conducteurs de voitures sans permis. Ça je pense que c’est à peu près le cas pour 99% de la population, sachant que les 1% restant sont les conducteurs de voitures sans permis. « Le road  trip », c’est l’idée d’un road trip avec tout ce qui peut être farfelu. « Fils de pub », c’est une chanson qui parlera à toutes les personnes de plus de 20 ans aujourd’hui. « Tu es si belle » et « La fille du supermarché » ce sont deux superbes chansons d’amour comme on n’en fait plus. Et « Tranche de mamie » c’est une histoire tragique sur des grands-mères espionnes pour la CIA.

Quelles sont vos préférées d’ailleurs ? 

Louis : Sur l’album probablement « la fille du supermarché », je trouve qu’on a réussi à faire quelque chose qui sonnait bien, une chanson à la fois simple et vraiment efficace, c’est sûrement celle dont je suis le plus fier dans l’album ! 

Adrien : « Fils de pub » pour moi ! 

Léonard : J’aurais du mal aussi à ne pas dire fils de pub, mais c’est marrant dans le sens où elle ne ressemble à aucun autre morceau dans l’album, elle est un peu toute seule dans son coin. On s’est fait plaisir sur cette chanson-là, elle est vraiment chouette et peut parler à tout le monde, tout public. 

Comment des sujets tels que « Les voitures sans permis » peuvent-ils vous venir en tête ? 

Léonard : Alors c’est Thibaut (le guitariste), qui n’est pas là aujourd’hui, qui a composé cette musique. La plupart du temps c’est soit un fait divers que nous avons envie de détourner, quelque chose que l’on voit passer sur internet et on se dit « mince, ça existe ça ? », et là, tu creuses un peu et tu te dis « c’est un vivier de blague sans fin, c’est extraordinaire ! » et tu fais ton truc. 

Ensuite il y a d’autres morceaux qui partent juste d’un délire, on se regarde, on se lance une phrase qui mène à un délire, un thème, une phrase, ou bien une blague qui mène à une chanson stupide mais drôle ! C’est donc drôle, bête et gentil. 

Par exemple, un jour Louis nous a dit qu’il savait faire du parapente, et qu’il voulait qu’on prenne (absolument) une vidéo de lui où il en fait un jour, et de là est née l’idée de faire une chanson « En parapente », qui va être extrêmement bien et stupide ! 

Louis : Elle va être bien, et virile ! Ca va être la seule musique virile du groupe.

Léonard : Donc des fois ça ne tient pas à grand-chose.

Et votre clip ? Comment a-t-il été réalisé ? 

Adrien : On a passé de nombreuses soirées/nuits blanche à essayer d’écrire un scénario…

Léonard: On dit brainstorming! C’est pas parce qu’il y avait des pizzas et des bières que ça n’en était pas un.

Adrien : On a pris beaucoup de temps pour savoir quoi mettre d’intéressant dedans, de visuellement beau et cohérent par rapport au morceau ! 

Léonard : Parle plus ! c’est magnifique quand tu parles ! 

Louis : On a essayé de faire tout ce boulot de scénario nous-même, de voir un peu les plans qu’on pouvait avoir dans nos têtes. Puis on a contacté des gens dont ce sont les études (et dont on l’espère, en feront leur métier), qui ont pu prendre nos idées et faire un vrai travail dessus, en décodant nos conneries. C’est une équipe de personnes de Lyon, des amis d’amis, qui sont venus de Rouen exprès pour le projet. Tout à été tourné en deux jours, on a été super content du résultat, ils ont fait un super boulot.

Léonard : La figuration ce sont nos supers copains des Furious Georgette, qui sont des amis de fac, il faut les écouter c’est super bien ce qu’ils font. Donc tout ceux qui ont des chemises à carreaux dans le clip sont membres des Furious georgette avec leur ingénieur son, et le médiateur dans le clip était Adrien. 

Ils ont trouvé le projet très drôle. C’était même pas de la figuration mais un weekend entre potes finalement.

A quand une chanson sur le chat Mahmoud ? 

Louis : Il faudrait déjà qu’il en écrive une ! (Mahmoud c’est mon chat).

Léonard : Alors en fait, on a déjà écrit une chanson qu’on ne joue plus, qui s’appelait « Le chat » (qui est d’ailleurs l’ancien nom de Mahmoud).

Adrien : Qui est disponible sur le premier album…

Léonard : Qu’il ne faut surtout pas écouter ! Il était bien la première semaine, et la semaine d’après il était déjà moins bien.

Louis : Mais sinon à priori pas tout de suite, car ce chat est trop sage, il ne fait pas de connerie.

Léonard : Donc il n’y a pas encore assez de blague

Ou pouvons-nous vous retrouver prochainement pour vous découvrir en concert ? 

Léonard : Alors le 31 octobre à Fécamp à la Boucane, le 7 novembre à Mont saint Aignan à La Soucoupe, le 8 novembre à Amiens au Sombrero Café, le 16 novembre à Bolbec à la Frabik à son pour une soirée rock n drôle à ne pas piquer des hannetons… Le 22 novembre en première partie d’Elmer Food Beat à Montivilliers, le 06 décembre à Fécamp au O’Laurenss, le 14 décembre à La Korrigan dans la Londe, et le 11 janvier à Evreux au Mad Cats.

Une dernière petite question, une fan se demandait « quelle vinaigrette est la meilleure quand on la vit » ? 

Léonard : Si elle était là je lui serrerai la main ! Je veux la ré entendre ! 

Louis : Mh que répondre à ça ? Moi ça me fait penser à la vie, au monde, et à ce qui nous attend, parce que d’ici 20 à 30 ans, on va trouver le moyen de s’auto exterminer ! Et ça va être difficile il va falloir travailler tous ensemble, et main dans la main on va y arriver ! Et je pense que le slogan qui apparaîtra après l’apocalypse ça sera « Make the vinaigrette again ». Voilà tu as la réponse à la question ! 

Léonard : Alors « Vis ta vinaigrette », est une magnifique chanson d’un auteur compositeur artiste Québécois qui s’appelle Marc Drouin, sortie en 1987, apparaissant dans la playlist YouTube « Chanson Pourrites », playlist demeurant totalement sous-évaluée et sous cotée, remplie de bijoux, de perles, tel que Michel Vedette « comme un aigle » ou encore « L’an 1999 » de François Juno. Alors le premier couplet c’est « Parfois je vis des hauts, parfois je vis des bas, mais la plupart du temps, je vis ma vinaigrette ». 

Louis : Premier couplet qui est un refrain d’ailleurs ! 

Léonard : Ouais mais il y a que des refrains dans cette chanson. C’est une phrase qu’on dit pas mal autours de nous.

Louis : Moi j’ai entendu parler d’un tatouage, je n’en dirai pas plus…

Léonard : Oui il semblerait qu’un membre du groupe veuille se tatouer cette phrase sur une partie du corps avant fin 2019. On ne dira pas qui et quelle partie du corps.

Avez-vous quelque chose à rajouter pour conclure cette entrevue ? 

Louis : La vie…

Léonard : Non on ne peut pas dire ça à la fin d’une interview ! 

Louis : Alors un dernier mot euh… Merci.

Adrien : Merci Philippe Manoeuvre pour cet accueil !

Léonard : Si vous habitez dans le coin, en Normandie, que vous aimez le rock, le zouk, la musique qui groove en général, et la gaudriole n’hésitez pas à venir nous voir en concert pour découvrir ce que l’on fait. 

Louis : Et si vous vivez en dehors de la Normandie, venez en Normandie.

Léonard : Ou envoyez-nous des coins où l’on puisse venir jouer. Hébergez-nous, donnez-nous le gîte et le couvert, donnez-nous à manger, et nous viendrons avec plaisir !

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Date de dernière mise à jour : 25/10/2019