Luc Arbogast, troubadour du XXIe siècle

Adèle Pottier, 12/12/2018


Découvert pour certains dans les rues de France et pour d’autres dans l’émission The Voice en 2013, le chanteur Luc Arbogast, se produisait en concert à l’église Saint Pierre, d’Yvetot, samedi dernier. Il a accepté de répondre à nos questions.

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Luc Arbogast et son groupe médiéval en fin de concert. 

Qu’est-ce qui t’a donné envie de faire de la musique médiévale ?

J’ai toujours aimé la musique médiévale, depuis l'âge de sept ou huit ans. J’avais un coup de foudre pour Angelo Branduardi, un chanteur italien qui fait de la musique folk des années 70 et c’est très médiéval.

Quelles ont été tes plus grandes influences musicales ?

Il y a quelques groupes, que je cite en références permanentes. Il y a Malicorne, mais aussi Dead Can Dance, j’ai vraiment adhéré à cette mentalité de cassure de rythme, d’aller chercher des influences ethniques, telles qu’en Turquie, au Yémen, voire même en Amérique du Sud, je trouve que c’est le groupe le plus proche de la World Musique, et je fais aussi du traditionnel mais teinté de World Musique également, avec un peu d’orientale. Donc il y a Dead Can Dance, Malicorne, et Castelhemis, et Ange aussi.

Qu’est-ce que cela t’a apporté de jouer dans la rue ?

La rue te permet de valider si ce que tu fais est bon ou non. Si ce n’est pas le cas, tu ne gagneras rien et tu auras envie d’arrêter. Ça t’apprend à porter ta voix, se mettre spontanément à jouer devant des gens, il n’y aura peut-être personne au départ et dès que tu as fini de jouer ton morceau, que tu ouvres enfin les yeux, il y a 800 personnes devant toi, il faut aussi se préparer à ça. Ça t’oblige aussi à savoir parler plusieurs langues parce que les villes sont touristiques et qu’il faut savoir parler à tous ; c’est une forme de discipline, de rigueur.

Qu’est-ce que tu es allé chercher en faisant l’aventure The Voice ?

Au départ j’étais totalement opposé à ce type d’émission. Incroyable Talent et America’s Got Talent m’avaient déjà contacté, par rapport à ce que j’ai fait dans la rue, car il y a toujours eu ce rapport à la rue. The Voice, je ne m’y serai jamais inscrit ; mais Shine production a vu l’une de mes vidéos de rue et ils m’ont dit « on t’a vu jouer dans la rue, et on aime vraiment ce que tu fais ». Du coup j’y suis allé et c’est comme ça que ça s’est passé. Ce que l’on oublie dans ce genre d’émission c’est qu’on n’est pas là pour juger la tête de la personne ou leur style, mais on est là pour juger leur voix, et je trouve que durant les trois épreuves j’ai fait ce que j’avais à faire, et cela a fonctionné.

Qu’est-ce que cela t’a apporté ensuite ?

The Voice, c’est un français sur six qui a découvert ma musique. Lorsque je joue dans une fête médiévale, cela apporte de l’influence, grâce aux précédentes interventions à la télévision. Après, j’ai un regret sur le fait que l’on me définisse comme « le candidat de The Voice », lorsque je suis musicien depuis bien avant. Certains pensent encore que j’ai gagné l’émission, bien que cela fasse cinq ans. Les gens ne se souviennent pas vraiment de mon nom.

Continues-tu à regarder l’émission ?

J’ai gardé une amitié profonde avec Louis Bertignac, je n’ai pas de contact avec Jenifer, j’ai de l’amitié pour Florent Pagny et j’aime beaucoup Mika en tant qu’individu ! Après les équipes ont changé… Je ne regarde pas les émissions pour une raison toute bête, le samedi soir pendant les émissions, je suis en concert. Je regarde de temps en temps les replays, mais ce qui m’intéresse vraiment ce sont les auditions à l’aveugle.

Pourquoi être venu ici, à Yvetot ?

Cette date fait partie d’une tournée que l’on propose en Alsace, dans les Vosges, et en Normandie. Je ne choisis pas les endroits où je joue sinon je jouerai partout, tout le temps. Je suis content d’être ici, car il y a une vraie dimension architecturale hallucinante et une acoustique très particulière dans ce lieu. Il y a aussi le fait que j’ai des amis dans le coin.

Tu as également joué à l’Olympia ! Qu’est-ce que cela fait de jouer dans de telles salles ?

C’est une véritable reconnaissance de voir son nom écrit sur la façade de l’Olympia. Je suis troubadour, cela fait environ 25 ans que je fais de la musique dans les rues, sur les places, dans les fêtes médiévales et dans les églises. Ce n’était pas un but, mais je me suis installé dans le milieu de la musique médiatisée, je n’ai aucun regret par rapport à ça. Il faut que les gens comprennent que j’y ai ma place maintenant. Finalement pour Universal, pour les réalisateurs, c’est normal de faire ce genre de chose, il n’y a que le public qui ne comprend pas ce que je fais là. Je les invite à écouter mes albums, ça peut paraître prétentieux mais mes albums doivent être entendus pour avoir un jugement.

Commentaires (1)

Fouache Paul
  • 1. Fouache Paul | 12/12/2018
Un article fort bien rédigé qui me donne envie de mieux connaître ce chanteur. Félicitations à la rédaction.

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Date de dernière mise à jour : 12/12/2018