The Struts : Les splendides héritiers du Rock

Victor Bouteiller, le 13/03/2019


Le 28 février dernier, 700 places étaient à prendre au Trabendo si l'on voulait assister au concert du quatuor anglais «The Struts» (traduisez «Les Pavaneurs»), à l'occasion de leur tournée européenne pour leur deuxième album «Young & Dangerous». Après avoir fait les premières parties des Rolling Stones, des Foo Fighters, des Who ou encore Motley Crue, c'est un carton plein puisque le groupe a fait Sold-Out ce soir là. Entre le show incroyable offert, la communion avec le public dechaîné et un invité inattendu, vous allez voir pourquoi ce modeste Sold-Out est plus que justifié.

The struts et yarol poupaud

The Struts et Yarol Poupaud au milieu ©Twitter - @TheStruts

Il est 19h30 dans la petite salle aux allures de bar lorsque le groupe de la première partie se montre. Les « Bishop Gunn » investissent alors une scène d’une sobriété telle que seuls s’y trouvent les instruments et les musiciens ; pas de décor pharamineux, ni de jeux de lumière époustouflants, sans doutes prémisses d’un show authentique, sans artifice. Le groupe originaire du Mississippi offre en première partie des chansons inspirées du rock des années 70, s’inscrivant dans la lignée de Lynyrd Skynyrd. Le groupe captive le public, sans grande peine, qui bouge au son des guitares, de l’harmonica et de la voix bluesy du chanteur. Mais la grande surprise de cette première partie est sans aucun doute la reprise, à mi-chemin entre le blues et le reggae, du classique intemporel des Beatles «Hey Jude». Le public est conquis, entonnant en coeur la mythique chanson

Le chanteur des bishop gunn

Le chanteur des Bishop Gunn, première partie du concert

 

S’en suit une attente de vingt minutes, le public est impatient. Les Struts font enfin leur entrée sur la scène, toujours aussi sobre. Luke Spiller, Gethin Davies, Adam Slack et Jed Eliott commencent alors un concert qui s’annonce énergique puisqu’ils entament la soirée avec un de leur derniers tubes, «Primadonna Like me», aux allures de Rolling Stones, avant d’enchaîner sur l’excellent « Body Talks », hymne rugissant du groupe. Ensuite, s’enchaînent 6 chansons, issues des deux albums du groupe, que le public connaît sur le bout des doigts. L’une de ces chansons, « Mary Go Round », est l’occasion pour le public de se reposer. Luke Spiller, le chanteur du groupe, demande à éteindre les lumières.Le public sort les téléphones, allume son flash et reprend la chanson, accompagné par le groupe, au milieu d’une épaisse fumée, visible avec tous ces flashs.

 

Ce délicieux moment de répit terminé, le public est déchaîné. Luke Spiller en profite pour annoncer la venue d’un invité sur scène. Il signale alors qu’il s’agit d’une légende française de la guitare ; le public s’interroge donc et le nom de Yarol Poupaud retentit dans la salle. La surprise est totale et la venue du légendaire guitariste et ami de Johnny Hallyday ne laisse pas le public indifférent, si ce n’est les spectateurs étrangers qui ne le connaissent pas forcément. Ensemble, ils débutent alors une reprise du célèbre « Rebel Rebel » de David Bowie, ponctuée d’une plongée de Luke au coeur de la foule, la faisant s’accroupir et lui faisant faire quelques vocalises à la manière d’un Freddie Mercury. La reprise dure plus de dix minutes, sans être fatigante, au contraire, le public en redemande. En effet, après l’interprétation de « Somebody New » de leur dernier album, un jeune homme réclame une chanson dans le public. Cette chanson est « Dancing in the dark » de Bruce Springsteen, que le groupe joue régulièrement en concert. Non prévue au programme, le groupe cède avec plaisir et la joue après qu’un spectateur dit « It’s now or never », c’est maintenant ou jamais. La reprise est survoltée et accompagnée par la montée sur scène d’une jeune fille du public, invitée par le groupe à venir danser.

 

Le concert touche presque à sa fin avec les titres « Put Your Money on me » et « Where Did She Go » ou, encore une fois, la foule se retrouve accroupie, et séparée en deux,à faire une bataille de vocalises. Le groupe s’en va rapidement en coulisses mais est sollicité de nouveau par le public. Le quatuor revient alors et en profite pour remercier la France, le pays qui les a fait connaître, avant les Etats-unis, avant le Royaume-Uni, leur terre d’origine. Les radios refusent de les diffuser mais OUI FM accepte, leur ouvrant ainsi les portes d’un public avide et en quête de rock pur comme il s’en faisait avant. La force de ce groupe est d’ailleurs qu’il rapporte les valeurs du rock qu’on disait perdues, à une époque dominée par le Hip-Hop, le Rap et la Pop. Le groupe est parfait pour passer à la radio : des titres courts, mémorables, bien construits, portés par des riffs et des solos de guitare intéressants et énergiques mais avant tout portés par une voix exceptionnelle qu’est celle de Luke Spiller. Le concert se clôt sur le titre « Could Have Been Me », le plus connu du groupe, que le public se fait une joie de chanter. lls repartent jetant médiators, serviettes et baguettes de batterie, sous une pluie d’applaudissements et d’acclamations.

 

À travers un concert équilibré (6 chansons de chaque albums et 2 reprises), les Struts ont offert une performance scénique, musicale et vocale digne des plus grands groupes de rock. Leur communion avec le public, composé autant de jeunes adultes que de personnes plus âgées, est plus qu’appréciable, et le sentiment de proximité est véritable, ce qui conforte la loyauté des fans et futurs fans envers le groupe. L’avenir semble donc certains pour les Struts qui continuent de parcourir l’Europe et le monde en quête de nouveaux publics.

 

Enfin, si leur collègues de Greta Van Fleet n’ont de cesse d’être comparés à Led Zeppelin, les Struts eux, sont comparés à Queen, aux Rolling Stones et autres légendes du rock. Mais malgré l’aspect péjoratif qui règne derrière ces comparaisons, il faut y voir une part de vérité et d’optimisme. Le chanteur des Struts porte, dans sa tenue vestimentaire et dans sa voix, toute l’excentricité et la technique de Freddie Mercury, mélangée à celle de Mick Jagger. Devrions nous alors y voir un possible retour en force du rock à travers ce groupe charismatique ? Le succès de leur second opus « Young&Dangerous » semble confirmer la chose.

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Date de dernière mise à jour : 14/03/2019