La suprématie blanche : nouveau visage de la haine aux Etats-Unis

Arnaud Dumontier, le 13/09/2019


Le 3 août 2019, un citoyen américain âgé de seulement 21 ans, a ouvert le feu dans un magasin Walmart d'El Paso, au Texas, causant la mort de 22 personnes et en blessant 24 autres. Une énième fusillade dans le pays de l'oncle Sam, motivée une fois de plus par un racisme de plus en plus décomplexé : le suprémacisme blanc. 

 

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Des croix en hommage à la Tuerie d'El Paso, ayant eu lieu le 3 août. 

Une violence haineuse très actuelle

Dans cette dernière fusillade ayant eu lieu le 3 août dernier, l'assaillant, de son vrai nom Patrick Wood Crusius, un jeune américain blanc originaire d’Allen , au Texas a déclaré après s'être rendu à la police, "vouloir tuer le plus de mexicains possible" , le Texas étant comme une bonne partie des états américains du sud, une région abritant une grande communauté hispanophone. Cette fusillade a été traitée par la justice fédérale américaine comme un acte terroriste, et l’ONU comme un acte terroriste commis contre la communauté latino-américaine aux Etats-Unis. Le Président Trump a condamné le “suprémacisme blanc”.

A quelques heures d’intervalle, éclatera d’ailleurs une autre fusillade aux Etats-Unis, à Dayton dans l’Ohio, devant un bar, l’assaillant cette fois se proclamant proche du mouvement antifa, elle causera la mort de neuf individus. Les fusillades d’El Paso et Dayton devenant les 250e et 251e fusillades de masse aux Etats-Unis pour l’année 2019 (fusillade touchant au moins quatre victimes). Il n’y a pour autant aucun lien direct avec la tuerie d’El Paso, où les motivations racistes avaient été précisément exprimées par le tueur.

 

Des actes racistes et terroristes récurrents…

Cette attaque terroriste raciste s'ajoute à de nombreuses autres attaques orchestrées par des suprémacistes blancs dans le pays, après notamment la fusillade dans une église Afro-Américaine à Charleston en 2015 commise par Dylann Roof, visant la communauté noire et voulant "créer une guerre raciale" ayant fait neuf morts. Également la mort d'une militante antiraciste renversée par un néonazi lors des manifestations de Charlottesville en 2017,ou plus récemment encore la fusillade de la synagogue de Pittsburgh ayant entraîné la mort de onze juifs.

Les crimes haineux, incluant les agressions et le vandalisme, connaissent une hausse constante aux Etats-Unis depuis 2015. Selon un rapport publié le 30 juillet dernier par le centre d’études sur la haine et l’extrémisme,  basé à l’université de Santa Barbara en Californie, les crimes haineux ont augmenté de 9% dans les 30 principales grandes villes du pays avec pas moins de 2 009 victimes recensées. L’année 2019 est d’ailleurs à la hausse. Mais le reste du monde n’en est pas en reste.

 

…avec une idéologie bien fondée à l’échelle internationale

Le suprémacisme blanc a le vent en poupe. Ces derniers temps, nous avons pu observer l'apparition d'un nouveau type de terrorisme : le terrorisme blanc, motivé par des idées raciales supposées prôner la supériorité blanche sur les autres "races", et ce mal sévit à travers le monde. Une grande partie puise dans la théorie du Grand Remplacement, popularisée par Renaud Camus, célèbre écrivain français, théorie selon laquelle l'homme blanc dans le monde occidental serait peu à peu remplacé par les populations émanant d'Afrique du Nord, subsaharienne et également d'Asie. 

Cette théorie ainsi que l’ensemble de l’idéologie raciale ont eu des répercussions internationales et ont déjà engendré plusieurs massacres terroristes de grande ampleur, à travers le monde, comme la Tuerie en Norvège d'Anders Breivik, avec 77 victimes en 2011, et plus récemment en 2019 la Tuerie de Christchurch en Nouvelle-Zélande, perpétuée par Brenton Tarrant, tuant 49 personnes issues de la communauté musulmane du pays, dans deux mosquées.

 

Une haine durement ancrée dans les statistiques

Des études ont montré qu’aux Etats-Unis, le terrorisme blanc était aussi dangereux que le terrorisme islamique. D’après le centre d’Analyse New America, les violences d’extrême droite (revendiquant une identité blanche) ont fait plus de victimes que le djihadisme sur le sol américain. 

D’après un rapport du gouvernement américain à destination du Congrès, entre le 12 septembre 2001 et le 31 décembre 2016, 85 attaques avaient été opérées sur le sol américain dont 62 attaques imputées à l’extrême droite, et 23 du fait de l’islamisme radical. 

Et selon le décompte de ce même rapport, ces 62 attaques terroristes d’extrême droite auraient fait 109 victimes contre 119 pour les attaques motivées par la mouvance radicale islamique, sauf que 41% des décès imputables à l’islamisme radical sont essentiellement dus à la tuerie d’Orlando, en Floride, en 2016.

 

Un “effet Trump”

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Donald Trump, actuel président américain. 

Selon un essai publié par le Réseau de recherche en sciences sociales (SSRN), des chercheurs américains ont pointé du doigt les nombreux discours de campagne présidentielle de l’actuel président des Etats-Unis, en invoquant une certaine responsabilité de son mandat dans l’augmentation des crimes haineux aux Etats-Unis.

Car en effet, l’arrivée au pouvoir de Donald Trump aux Etats-Unis en novembre 2016, a été possible en partie grâce à un électorat ultraconservateur où l’on retrouve bien évidemment, la mouvance du Ku Klux Klan, néonazis et autres suprémacistes blancs. Ses propos diffamant sur les minorités ethniques et sa rhétorique anti-migrants, ont cependant changé la donne, motivé une haine raciste et parfois même un passage à l’acte pour certains d’entre eux. 

 

Le suprémacisme blanc et les différents crimes de haine qui le suivent ne sont pas à prendre à la légère et doivent être dès à présent  durement condamnés.

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Date de dernière mise à jour : 13/09/2019