Le véganisme est-il l’avenir de l’Homme ?

Arnaud Dumontier, 4/01/2019


En pleine période de fêtes de fin d’année, nous sommes amenés à nous retrouver en famille, entre amis, afin de partager un moment convivial, autour d’un bon repas… bien calorique. Au menu, foie gras et saumon, fruits de mer, chapon, canard ou encore dinde. On consomme des animaux, à foison ! De quoi très peu ravir nos amis véganes...

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Derrière cet aspect animal, ce burger est totalement végan. 

Qui sont-ils ?

Le véganisme est un choix de vie basée sur le refus de toute forme d’exploitation animale.

Le véganisme est l’extension logique du végétarisme qui exclut toute nourriture issue de l’exploitation animale primaire (hormis le lait, les oeufs ou encore le miel) et du végétalisme, qui exclut également ces derniers éléments.

Ces personnes ont toutes en commun d’exclure la consommation d’animaux, prétextant qu’il ne leur est pas nécessaire d’en consommer pour vivre, mais pas que. Choisir d’adopter ces régimes, c’est tout d’abord, en conséquence d’une réflexion portée sur les animaux, reconnaître leur capacité à ressentir sentiments et émotions.

Il est nécessaire de rappeler « qu’environ » mille milliards d’animaux sont tués par l’être humain chaque année, toutes espèces confondues, pour fournir de la nourriture. Ce chiffre paraît surréaliste n’est-ce-pas ? Mais c’est pourtant la vérité.

Les véganes adoptent donc un régime équilibré et varié exclusivement végétal.

C’est bien beau, mais… tu seras carencé ?

On reproche souvent aux véganes d’être carencés en fer, en protéine ou encore en calcium, et donc d’être en mauvaise santé. Mais nous trouvons des protéines végétales, dans les légumineuses, les céréales ou encore les oléagineux, donc il y a de quoi remplacer ton steak tartare. Le calcium ? On en trouve dans les oléagineux, fruits secs et laits végétaux.

Quant au fer, les végétaux en contiennent, (surtout du fer non héminique, à l’instar de la viande qui contient trop de fer héminique, qui peut causer des maladies graves). Les végétaux disposent également de tous les acides aminés et omégas 3.

Subsisterait la fameuse carence en vitamine B12 qui nécessite des compléments, qui sont eux d’origine bactérienne, bien que l’on puisse trouver cette vitamine en quantité non négligeable dans des végétaux comme la spiruline. Cette vitamine se retrouve naturellement dans les sols, puisque les végétaux mangés par les animaux en contiennent.

Cependant la plupart de nos modes de nutrition dus à l’élevage ne sont désormais plus naturels. Mais alors si l’on doit encore prendre des compléments, cela démontre que l’alimentation végétalienne n’est pas une solution ?

Même dans les régimes les plus standards, nous nous retrouvons carencés en plusieurs vitamines, notamment les vitamine B9, C ou D. Bon nombre sont les « omnivores » devant se complémenter afin de rester en bonne santé.

Cette alimentation exclusivement végétale et minérale, n’exclue pas des excès qui peuvent être nocifs pour notre santé, principalement avec l’alcool, le sucre raffiné, la farine blanche ou encore le sel, qui à haute dose peuvent nous tuer. Par exemple, les chips - nature du moins- sont, et oui, un aliment végane, mais très mauvais en grosse quantité.

Au delà de ça, adopter ce régime, c’est éviter l’obésité, le diabète… Plusieurs personnes présentant un diabète de type 2 et ayant adopté par la suite un régime végétalien ont vu leur production d’insuline s’améliorer, ce qui a eu pour conséquence de les guérir.

L’être humain peut bien évidemment manger des produits d’origine animale mais ce n’est pas une nécessité biologique. Certains produits issus justement de l’exploitation animale peuvent même s’avérer dangereux pour l’être humain : d’après un rapport de l’OMS datant de 2015, la viande rouge serait « cancérogène probable » pour l’être humain, de quoi alarmer tous les consommateurs de viande. Ainsi même chez les omnivores notoires, on diminue sa consommation de viande rouge, et on consomme plus souvent des poivrons aux vertus « anti-cancer ».

Un problème écologique

D’un sens plus large, dans une société où tout le monde ne mange pas à sa faim, nous sommes tout de même 7 milliards d’individus sur terre.

Il faut entre 3 et 14 calories végétales pour produire une calorie animale. ¾ des terres agricoles servent à nourrir le bétail. Si toutes ces surfaces étaient converties en cultures exclusivement céréalières pour la consommation de l’être humain directement, il y aurait de quoi nourrir « 15 milliards » de personnes !

L’élevage dans son ensemble, c’est 14,5% des gaz à effet de serre dans le monde, soit plus que toutes les émissions de tous les transports réunis. Préférer une alimentation végane permettrait de réduire de moitié notre empreinte carbone.

Arrêter l’élevage intensif c’est aussi préserver nos forêts. Aujourd’hui, c’est près de 63% de la forêt amazonienne qui se retrouve détruite au profit de cultures destinées à l’élevage bovin.

Le végane se veut défenseur de l’environnement, et veut faire tout en son possible pour peser moins lourd sur la planète. Cela ne veut pas dire qu’un monde végane n’aurait pas d’émissions de gaz à effet de serre, soyons réalistes, mais il y en aurait sans doute moins.

Plus qu’un régime, un vrai mode de vie

Mais justement le véganisme ne s’arrête pas à l’assiette, c’est ce qui le différencie du végétarisme et du végétalisme, il est un moyen actif de défendre les animaux, de militer contre l’exploitation animale et promouvoir leur liberté. Les personnes devenant véganes militent pour une cause bien précise et ne reste pas les bras croisés.

As-tu été choqué(e) par toutes ces vidéos tournées dans des abattoirs, ou serais-tu dérangé(e) que ton futur gloss ait été testé sur un chimpanzé ? Alors félicitations, tu as un coeur, et comprends que l’animal est exploité de différentes manières, qu’il souffre au quotidien. Pour un végane, on exclut autant que possible ces souffrances animales.

Ce n’est donc pas une mode mais une réelle remise en question de son rapport au vivant.

Cautionnez vous la souffrance animale ? Je ne pense pas (à part être vraiment sadique).

Demandez donc à vos amis s’ils seraient prêts à cautionner que l’on tue des animaux pour leur plaisir, pour le plaisir de manger un steak par exemple, je suis certain qu’ils vous répondront « non ». Pourtant en continuant à manger ces mêmes steaks, ils encouragent de même ces industries qui tuent autant d’animaux, et parfois dans des conditions atroces, on peut penser aux abattoirs par exemple, où les animaux ne sont dans les « meilleurs des cas » étourdis avant d’être égorgés…

Mais le « combat » végane ne s’arrête pas là. Nous sommes confrontés à cette exploitation animale même en dehors du secteur alimentaire, dans la vie de tous les jours : dans les cirques, corridas, chasse, pêche, et j’en passe.

Les véganes ne vont bien évidemment pas non plus porter des animaux morts sur eux, ils privilégieront des vêtements respectueux de l’environnement et des animaux, en coton par exemple, donc au revoir manteaux de fourrure, vestes en cuir et bottes en croco !

Ces arguments passés, on aurait du mal à discréditer un tel mouvement, qui est encore plutôt mal vu dans notre société. Cependant, il présente quelques inconvénients ou imprécisions majeures qui ne font qu’accentuer d’éventuelles hypothèses. Par exemple que faire des animaux de compagnies ? Si le véganisme est dans l’optique de rompre au mieux le lien avec les animaux afin de mieux les respecter, faut-il les « garder », continuer à les « posséder » ou alors faut-il les relâcher en pleine nature ?

Nous pouvons appliquer ces questions à toutes les espèces retenues en captivité ? Les rendre à l’état sauvage après avoir considérablement modifié les populations animales ne provoquera pas forcément un retour à la normale. Des phénomènes de surpopulations pourront être vus, tout comme l’extinction de certaines espèces rendues au milieu naturel.

Que dire aux populations vivant dans des endroits privés de sols fertiles pour les végétaux ?

En terme de santé également, bon nombre de nutritionnistes s’accordent encore à dire que le végétarisme ou le végétalisme, ne sont pas forcément les meilleurs régimes pour l’Homme, de plus, les médecins ne les conseillent pas aux personnes vulnérables comme les jeunes enfants, personnes âgées ou encore les personnes malades, et un tel régime restrictif ne serait pas sans danger(s).

Avec un éveil des consciences, le mouvement végane prend de plus en plus d’ampleur depuis un certain nombre d’années. Mais est-il en définitive un véritable mode de vie acquis, prouvera-t-il son utilité ou ne sera-t-il qu’une mode passagère ?

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