Le journalisme et la révolution numérique

Théo Sanglier, le 07/02/2020


Le journalisme est une profession qui existe depuis de nombreuses années et qui est soumise, comme d’autres professions, à l’évolution des techniques et des technologies. Avec la révolution numérique à partir de la fin du XIXème siècle, l’information se diffuse désormais de manière presque instantanée, et est trop souvent erronée. Avec internet et notamment les réseaux sociaux nous sommes tous devenus de potentiels informateurs. Les réseaux sociaux ont-ils effacé les anciens supports d’information ? Quels sont les impacts qu’ont pu avoir les réseaux sociaux sur la profession ?

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Le journalisme évolue mais il reste des liens entre les différents types de médias

La télévision est un support médiatique qui est apparu après la radio dans les années 50. Aujourd’hui, on assiste à un vieillissement du public télévisuel lié à l’essor des autres médias. Cependant l’attrait émotionnel de la télévision repose sur les images qui immergent le téléspectateur dans la scène. Comme l’ont montré les attentats de ces dernières années. Une ferveur collective s’installe, et transparaît aussi sur les réseaux sociaux avec de nombreux mouvements de soutien. Se poster devant son écran de télévision, ne consiste pas à assister, passif, à des évènements. Au contraire, c’est un grand élan de prise d’information, qui laisse place au soutien dans le cas des attentats. La victoire des Français lors de la coupe du monde 2018 en est un autre exemple.

En bref, la télévision retranscrit aux spectateurs les évènements avec une puissance émotionnelle forte. En effet, la télévision n’a pas perdu de sa capacité à mobiliser de nombreuses personnes autour d’un événement dont elle épluche les informations et les retransmet dans un récit. La télévision fait vivre le moment, grâce à la transmission des images qu’elle superpose sur les sons que possédait déjà la radio. Elles ont une importante valeur émotionnelle. Je repense à mes parents qui ont vécu les attentats du 11 septembre 2001. Il leur reste comme souvenir celui d’un journaliste disant « Le bruit sourd que vous entendez derrière moi, ce sont des personnes qui se jettent du World Trade Center et s’écrasent sur le bitume. ». L’ampleur de la catastrophe n’aurait pas été aussi bien perçu sans les images permises par la télévision.  La fumée partant du sommet des tours jumelles, les centaines de pompiers mobilisés, la peur sur le visage des gens.

Pour finir, nous pouvons prendre l’exemple de la nouvelle émission QG, de Jimmy Labeuu et Guillaume Pley qui rencontre un grand succès en cumulant des millions de vues sur youtube. C’est un véritable concept novateur de télévision mis en place sur un réseau social. Ceci représente bien l’évolution des médias, et le lien qui est devenu étroit entre ces deux plateformes.

 

Les réseaux sociaux jouent un rôle important. Aujourd’hui près de 3,2 milliards de personnes les utilisent, soit 42% de la population mondiale. Ces chiffres exorbitants démontrent l’importance et l’influence à l’échelle mondiale que peuvent avoir ces plateformes. Grâce à Snapchat notamment, nous pouvons nous improviser reporter et diffuser une information à n’importe quel moment. Facebook et Twitter sont de réels nids d’information. Aujourd’hui de nombreux journalistes s’en servent pour compléter leurs articles. Au cours de l’histoire, nous avons envoyé des messagers, qui prenait des jours et parfois n’arrivait pas à transmettre l’information. Aujourd’hui les chefs de gouvernement se querellent et donnent leur avis en direct sur ces plateformes. Les réseaux sociaux sont nés abondamment au cours des années 2000, et prennent déjà une influence grandissante.

Internet lui-même, et la multiplicité des techniques informatiques forment la révolution numérique. D’un point de vue culturel, ce changement profond de la société entraîne un questionnement à propos de l’information. Au cours du XIX siècle, nous savons que les médias ont joué  un rôle très important pendant la guerre. Le discours de Charles de Gaulle prononcé le 18 juin 1940 à la radio en est un exemple. Les principaux moyens de communication étaient donc la radio et la télévision. Après l’apparition d’internet dans les années 1990 et de nombreuses évolutions, l’information fut dématérialisée, et son accès presque instantané et universel. Ce qui transforma la manière de travailler l’information. Et remis en question la posture du journaliste face à ces changements. 

 

Cependant, le journalisme reste un métier à part entière. Les règles prescrites à celui-ci sont nombreuses et doivent être respectées assidûment. Le travail de journaliste demande un savoir-faire important et un principe implacable de vérité, qui doit passer au-delà des rumeurs, et des explications simplistes. Le journaliste a évolué, et s’est adapté aux nouveaux modes de diffusion de l’information. Un journaliste « contemporain » utilise ces différents supports, de même que certains journaux se spécialisent, et visent une tranche d’âge bien précise, qui a grandi au cours de ces transformations numériques, comprise entre 18 et 30 ans. Comme Konbini, une plate-forme d’info-divertissement très populaire qui rend la transmission de l’information plus ludique. En s’éloignant complètement des médias traditionnels, elle est centrée sur les réseaux sociaux : on retrouve Konbini sur Snapchat, où elle s'est récemment développée récemment. De nombreux hauts dirigeants participent aux formats originaux de Konbini. Emmanuel Macron a été soumis à des interview tels que « interview hashtag ». On constate donc une véritable évolution des supports médiatiques. Et le journaliste change sa manière de travailler pour s’adapter à l’essor de ces nouvelles plate-forme, à l’image d’Hugo Clément, un militant du bien-être animal et surtout journaliste, qui travailla pour Konbini, et est très présent sur les réseaux sociaux.
 

Les médias traditionnels n’ont donc pas été reniés par la révolution numérique, ils prennent moins de place et doivent désormais partager leur audience avec les réseaux sociaux et les plateformes numérique. Cette diversité de supports médiatiques, je pense, rend ce métier encore plus attrayant. Le travail est d'autant plus important puisque les informations se sont multipliées. Donc le travail de  collecte, de tri, de hiérarchisation et d’écriture d’un journaliste est toujours présent et se voit même agrandi puisque l’explosion du nombre d’informations circulant grâce à internet, remet en question leur pertinence. Nous sommes pour la plupart diffuseurs et maintenant créateurs de l’information. Mais le journaliste, lui, la décrypte et s’assure de sa véracité.

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Date de dernière mise à jour : 07/02/2020