Avortement : enfin dépénalisé en Nouvelle Zélande

Alicia Trotin, 24/03/2020


"C’est un drame et cela restera toujours un drame” avait déclaré en 1974 Simone Veil devant une assemblée à majorité masculine." Le 18 Mars 2020, la première ministre de Nouvelle-Zélande, Jacinda Ardern, a tenu sa promesse : le parlement a voté le changement dans cette vieille loi sur l’avortement, aujourd’hui, symbole de la liberté des femmes dans le monde entier. 

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Une Loi dépassée pour un pays en progression

En 1961, il avait été décidé que l’avortement serait un délit passible de 14 ans d’emprisonnement, en 1977 on avait ajouté qu’en cas d’inceste, d’anomalie du foetus, ou de danger pour la mer il serait possible d’exercer une interruption volontaire de grossesse en toute légalité. Heureusement dans les faits, il a eu peu de cas de femmes emprisonnés pour cette raison et pour cause, le pays exercerait plus de 10 000 avortements en toute légalité par an.

Pour arriver à obtenir l’accord des professionnels de santé, il fallait jusqu’à maintenant mentir. Pour 97% des cas, les patientes choisissaient de plaider en évoquant leur santé mentale, avait expliqué en 2019 la présidente de l’association néo-zélandaise militant pour le droit à l’avortement, Terry Bellamak. Son appel a été entendu de justesse, mercredi dernier à 68 voix contre 51 au parlement.
C’est Andrew Little qui a annoncé l’évènement en déclarant : “Désormais les avortements seront considérés comme une question médicale. Avec la loi précédente, les femmes qui souhaitaient se faire avorter devaient surmonter de nombreux obstacles”. L’objectif est de faciliter la démarche des femmes qui font ce choix douloureux, elles pourront dorénavant obtenir des conseils et un meilleur accompagnement.

En effet l’ONU avait déjà alerté plusieurs fois sur la nature de cette loi et ce qu’elle renvoyait aux femmes : “Les femmes sont dépendantes de l’interprétation bienveillante d’une règle qui annule leur autonomie”.
En changeant cette loi, finalement inutile, le pays s’inscrit comme nation progressiste, favorisant la liberté de ces citoyennes. 

Ainsi, il rejoint la République d’Irlande qui a voté la légalisation de l’avortement en Mai 2018, ou encore la Nouvelle Galle du Sud a été le dernier territoire à l’autoriser en Septembre 2019 dépénalisant ainsi totalement le territoire australien.
 

Un droit encore puni dans de nombreux pays

Il y a les pays où on peut passer outre l’interdiction, et il y a ceux où l’avortement est dépénalisé mais que sur le papier.

En Afrique du Sud par exemple, où culturellement les femmes expliquent qu’il est encore très compliqué d’obtenir les soins des spécialistes. L’Italie, qui l’autorise dès la 12ème semaine, ne facilite pas la tâche à sa population. Elle subit encore beaucoup d’entraves en ce qui concerne la pratique de la loi.
On ne peut pas oublier les États-Unis, où près de 300 règles ont été ajoutées dans 28 états dans le seul but d’ajouter obstacles et ralentissement sur le chemin de l’Avortement.
En 2019, l’Alabama a fait marche arrière et choqué de nombreuses nations, il n’est pas le seul, à ces côtés, la Louisiane et la Géorgie qui l’interdisent eux dès les premiers battements du foetus, soit au bout de la 6ème semaine.

De nombreux pays d’Amérique du Sud ne parviennent pas à faire passer la dépénalisation mais pensent toucher au but, parmi eux on note l’Argentine, l’Équateur ou encore le Guatemala.
Hélas, dans les pays où le droit à l’avortement est interdit les peines encourues sont lourdes, on compte de nombreuses peines d’emprisonnements, parmi eux on peut compter : Le Congo, Les philippines, le Salvador, Madagascar, Haïti, le Nicaragua, Djibouti, et même Malte ou le Vatican.
La liste s’allonge avec ceux qui ne le tolèrent que pour quelques exceptions, par exemple : la Côte d'Ivoire, la Somalie, le Soudan du Sud, la Libye, le Liban, la Syrie, le Yémen, le Sri Lanka, la Birmanie, l'Afghanistan, le Venezuela, le Maroc, Le Brésil, et encore beaucoup d’autres.
Pour une meilleure représentation, voici une carte qui recense l’état du droit à l’avortement dans le monde en 2019.

Les interdictions n'empêchent rien, c’est pourquoi dans le monde, d’après la Fédération des Centres de Planning Familial des FPS, il y a 25 millions d’avortements pratiqués et considérés comme “à risque” par an. 

 

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Date de dernière mise à jour : 24/03/2020