L'Algérie en crise politique ?

Arnaud Dumontier, le 5/03/2019


Cela fait maintenant une semaine que l’Algérie est secouée dans une tourmente politique, à la suite de la déclaration d’Abdelaziz Bouteflika, d’une candidature à un nouveau mandat présidentiel. Les élections présidentielles auront lieu le 18 avril de cette année.

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Des manifestants face à des forces de l'ordre le 22 février à Oran

Un 5e mandat controversé ?
Au pouvoir à partir du  27 avril 1999, Abdelaziz Bouteflika, est le président de la République algérienne démocratique et populaire depuis presque vingt ans. Malgré une première élection présidentielle controversée qu’il emportera dès le premier tour (73,8% des suffrages), il sera réélu assez facilement par la suite , successivement en 2004 (85%), en 2009 (90,2%) puis en 2014 (81,5%).

Cependant depuis son accident vasculaire cérébral (AVC) en 2013, le président s’est retrouvé affaibli, en plus de son vieil âge (82 ans actuellement), ce qui l’empêche d’avoir ses pleines capacités physiques, et ainsi de pouvoir exercer sa fonction de président de la république. Malgré une hospitalisation  il y a une semaine en Suisse, il s’est porté candidat à un cinquième mandat présidentiel, et sa candidature a été déposée ce dimanche 4 mars. Ce qui n’a pas manqué de faire descendre dans la rue, nombre de manifestants, afin de contester cette décision.

Des manifestations de grande ampleur

A l 'annonce d’une candidature d’Abdelaziz Bouteflika à un cinquième mandat, des heurts ont éclaté dans la capitale, Alger, où des milliers voire des centaines de milliers de manifestants se sont rejoints, dans le centre d’Alger puis aux alentours. Quelques affrontements entre forces de l’ordre et manifestants ont eu lieu. Les protestations ont fait de nombreux blessés ainsi qu’un mort du côté des manifestants en marge des manifestations.

Le mouvement a été suivi dès le 22 février, par des manifestants étudiants, qui se sont mobilisés dans Alger, ainsi que dans les autres grandes villes du pays, comme Oran, Constantine ou encore Béjaia. Les réclamations principales de ces manifestants sont le renoncement de Bouteflika à sa candidature pour un cinquième mandat, ainsi que “davantage de démocratie” ou encore “une clarté de la part des hommes politiques”.

La communauté internationale n’a que très peu commenté ces manifestations, à l’exemple d’un député LREM, Aurélien Taché qui aurait salué “ceux qui se mobilisent pour reprendre leur vie en main” ici en Algérie. Une manifestation de la communauté Algérienne en France a eu lieu à Paris, portant des revendications similaires à celles se poursuivant dans les grandes villes algériennes.

Une élection présidentielle très suivie

Dès lors, ce dimanche 3 mars marquait le dernier délai aux les candidats à la présidentielle afin de déposer leur dossier de candidature. Ainsi 20 dossiers ont été retenus par le Conseil Constitutionnel, ce qui signifie que potentiellement 20 candidats (jusqu’au verdict du Conseil constitutionnel qui aura lieu dans moins de dix jours) concourront pour le poste de président de la République Algérienne.

Nous y retrouvons bien évidemment Abdelaziz Bouteflika, candidat à sa propre réélection ainsi que plusieurs candidats des différents partis politiques du pays. Mais nous retrouvons également certains candidats sans étiquette comme Rachid Nekkaz, un candidat né et ayant vécu en France (il renonce à sa nationalité française en 2014 pour se présenter à des élections en Algérie). Homme d’affaire et politique algérien, ayant beaucoup fait parler de lui dernièrement notamment sur les réseaux sociaux, souvent présenté comme le candidat favori face à Bouteflika, mais étant quand même menacé d’éligibilité du fait d’avoir été citoyen français selon la constitution algérienne, il a envoyé dimanche 3 mars son cousin homonyme déposer sa candidature à la présidentielle algérienne, qui est lui, algérien de naissance.

Un autre candidat, se présentant également sans parti, a fait parler de lui, il s’agit d’Ali Ghediri. Ancien militaire, Général-major de l’Armée Algérienne jusqu’en 2015 avant de se reconvertir en politique, il est notamment favorable à une “Deuxième République”.

Entre élection présidentielle et manifestations, l'Algérie demeure en crise politique, affaire à suivre...
 

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Date de dernière mise à jour : 05/03/2019