La destitution de Trump aura-t-elle lieu ?

Mélaine Lhomme, 26/11/2019


Le président des Etats-Unis d’Amérique est sans conteste l’une personnalité politique les plus extravagantes au monde. Rares sont les semaines sans que Mr Trump ne fasse parler de lui. Certains crient au scandale, tandis que d’autres y voient une façon très personnelle de se faire de la publicité. Et ça fonctionne ! Mais si le président est souvent pris à partie, il est aujourd’hui rattrapé par une action anodine qui risque de lui coûter son fauteuil à la Maison Blanche : un coup de téléphone. 

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Le président Trump au coeur d'une tempête médiatique

Un président au sommet de sa popularité

Alors que son élection en 2017 était sujet à débat, en 2019 sa côte de popularité a grimpé en flèche, dépassant les 45% (mieux que son prédécesseur au même stade (44%)). Et alors que les élections de 2020 se profilent, les républicains lui sont favorables à 91%. Mais pourquoi un tel engouement ? Économiquement, les résultats sont excellents. Le chômage est à son plus bas depuis 1969 (3,6%) et les 3,5% sont envisageable très prochainement. La croissance économique est à son plus haut depuis longtemps et le Nasdaq bat régulièrement des records. Même si une partie de ces résultats est imputable à la présidence précédente, le fait que Donald Trump soit un milliardaire et qu’il sache manier les chiffres est un vecteur indéniable. Et contrairement à ce que l’on pourrait penser, l’enquête russe qui s’est ouverte profite également à cette popularité, confirmant les chiffres. Les suspicions rôdaient autour du président depuis son élection et alors que ces derniers sortaient progressivement de l’ombre, le président a réussi à balayer les accusations jusqu’à aujourd’hui où un procès est enfin envisagé. 

Un appel téléphonique à l’origine de l’affaire

À l’origine de l’affaire “ukrainienne” ou “russe”: un simple échange téléphonique entre le président Trump et son homologue ukrainien, Volodymyr Zelensky, échange qui fut dévoilé par un lanceur d’alerte. Mais ce n’est pas tant l’appel qui pose problème que le contenu de l’échange. En effet, Trump aurait demandé à Zelensky d’enquêter sur son rival à l’élection présidentielle : Joe Biden. Interrogé, Zelensky aurait affirmé que personne n’aurait fait pression sur lui. Mais alors que le contenu de l’appel est publié prouvant qu’il y a bien eu cette demande du président américain, Trump s’est empressé de confirmer les dires de son homologue ukrainien. C’est à ce moment que les démocrates sont entrés en action, bien décidé à destituer le président. 

Une attaque démocrate pour une destitution

L’accumulation d’accusations a donné le courage à l’opposition démocratique à lancer la procédure de mise en accusation solennelle du président tout en sachant que celle ci pourrait amener à une destitution. C’est ce qu’on appelle la procédure de l’’impeachment. Cette dernière passera devant la chambre basse où 218 (sur 435) membres démocrates voteront pour l’ouverture de l’enquête. Dans le cas d’une mise en accusation, le Sénat procède au procès du président. Il faut une majorité de deux tiers pour le condamner, auquel cas la destitution est automatique et sans appel. Dans le cas inverse, le président est acquitté.

A menace, menace et demi

Alors que l’affaire prend de l’ampleur, une parole malheureuse du président va faire la une des tabloïdes : "Qui est la personne qui a donné au lanceur d'alerte l'information? Parce qu'elle s'assimile à un espion" suivi de “Vous savez ce qu'on faisait au bon vieux temps quand nous étions malins ? (...) Les espions et la  trahison, on traitait ça un peu différemment qu'aujourd'hui." Le fameux lanceur d’alerte, dont le nom n’est connu que de quelques personnes, serait un membre des renseignements américains. Et c’est parce que le chef de la commission des renseignements aurait souhaité entendre le lanceur d’alerte que Trump aurait lancé sa menace. Très mal perçu quand on sait que la sentence en cas d’espionnage était ni plus ni moins que la mort … Pourtant cela ne fait pas reculer certaines personnes puisque des nouveaux témoins se disent prêt à parler : l’ex-ambassadrice américaine en Ukraine mais également Bill Taylor, un diplomate américain en poste en Ukraine. Le fait est que de nombreux témoins parlent de menaces faites à leurs encontres.

La face cachée de l’Iceberg

Alors que la menace de Trump passe très mal, son avocat décide qu’il est préférable de jouer carte sur table et passe aux aveux : oui, le président Trump a effectivement demandé à Zelensky d’enquêter sur Biden … mais il n’était pas seul ! Le secrétaire d’Etat Mike Pompeo aurait été présent lors de l’appel. Cela révèle une information capitale : plusieurs responsables de la présidence Trump sont impliqués. Mauvaise carte pour le président qui continue pourtant de déclarer que la conversation téléphonique était “parfaite”. A cela, il faut ajouter un nouveau scandale : Trump aurait fait pression sur le Premier Ministre Australien pour discréditer l’enquête Mueller (traitant d’une ingérence russe dans la campagne présidentielle de Trump en 2016). Le président Russe, Vladimir Poutine a communiqué son soutien au président américain, affirmant que cet appel était conforme à ce que l’on devait attendre de lui. 

La loi du Talion !

C’est parce qu’il avait demandé une enquête sur le cas ukrainien que Trump se retrouve dans une affaire qui risque de le dépasser. C’est pour cette raison qu’il compte bien en demander une autre : au président chinois ! En effet, le but de cette enquête serait de prouver que Hunter Biden serait impliqué dans une affaire de corruption en Chine et que son père, Joe Biden, aurait provoqué le limogeage d’un procureur ukrainien pour étouffer l’affaire et ainsi protéger son fils. 

La fin des discussions ? 

Se sentant de plus en plus acculé, le président américain est catégorique. Il n’est plus question de collaborer pour l’enquête. A cela, Nancy Pelosi, la présidente démocrate de la Chambre des Représentants lui répond ouvertement que le président n’est pas au-dessus des lois.  Et c’était sans compter sur une récente comparaison qui ne risque pas d’éteindre le feu de la discord puisqu’il est dit que Trump a fait bien pire que Nixon … Autant dire qu’il ne s’agissait pas d’un compliment. 

Désormais, il faut attendre la fin des auditions pour que l’enquête se poursuive. Le président Trump n’a que deux voies de sorties : l’annulation de toutes les accusations ou la destitution. Rien n’est joué et le monde entier attend le verdict !

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Date de dernière mise à jour : 26/11/2019