Le Covid-19 et sa gestion dans le monde parfois très controversée

William Lacaille, le 31/03/2020


Le Covid-19 a chamboulé le monde dans son ensemble. Que ce soit pour la vie quotidienne des citoyens, l’économie fragilisée de certains pays ou encore le monde médical, de nombreux secteurs ont été impactés. Mais la gestion politique et les relations diplomatiques sont aussi des points très importants qui pour certains pays ont étés très controversés. William vous explique les choix les plus controversés et les tensions diplomatiques qui règnent.

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Les nations font face à une situation les poussant à prendre des décisions lourdes de conséquences

La gestion interne du virus

Les pays font donc face à une situation qui touche directement la population, ce qui met les chefs d'État dans une position très complexe. Ils doivent donc faire des choix qui seront pour la plupart très controversés. Doit-on confiner la population ? Doit-on privilégier l’activité ? Plusieurs théories se sont opposées : la France a opté comme l’Espagne et l’Italie à un confinement total pour mettre à l’abri la population de contacts pouvant infecter les personnes saines.
Au Brésil, le son de cloche est tout autre. Jair Bolsonaro a exprimé sa position sur le sujet et il se veut très ferme : le confinement n’est pas du tout envisagé. Ne pas fermer les écoles, continuer d’alimenter l’activité économique du pays est les principaux piliers de ces choix. Ce qui a provoqué une vague d’indignation de la part de nombreux Brésiliens qui se sont donné rendez-vous aux fenêtres pour taper sur des casseroles et faire du bruit à leur fenêtre et exprimer leur mécontentement. Malgré cela, certains gouverneurs ont décidé d’instaurer un confinement. Bolsonaro a également pu voir certains de ces tweets supprimés par Twitter car ceux-ci étaient qualifiés d'anti-confinement.

Boris Johnson, Premier ministre britannique, a lui aussi fait beaucoup parler de sa position sur le Covid-19 et la question du confinement. Il évoque la question de “l’immunité collective”, une forme de résistance au virus si une grande partie de la population le contracte. Cette notion a été très controversée car Johnson souhaiterait que 60% de la population contracte le virus pour développer une certaine résistance. Mais beaucoup perçoivent ce choix comme un pari risqué : la possibilité d’un taux de mortalité un peu plus élevé et la mise en danger de la santé de certains délibérément. Ironie du sort ou non, quelques jours plus tard, Boris Johnson a été testé positif au virus Covid-19. Entre-temps, le confinement a été annoncé au Royaume-Uni et le Premier ministre a expliqué que ses concitoyens pourraient ne pas retrouver une vie normale avant 6 mois.
Trump qui lui aussi a pris les choses d’une manière plutôt détendue et optimiste, comme il le fait souvent, a vu de nombreux citoyens américains se ruer sur les denrées alimentaires mais surtout dans les armureries. Après avoir décrété la fermeture des frontières pour les Européens souhaitant se rendre aux États-unis, aucune mesure de confinement ne furent imposé. Les gouverneurs de chaque État étaient libres de choisir. Mais les décisions prenant trop de temps pour être mis en place, les États-Unis sont devenus la nation la plus touchée par le Covid-19, devant la chine qui était le foyer de cette pandémie.

Mais des questions demeurent en ce qui concerne la question du nombre de morts et de cas détectés en ce qui concerne différents pays. Le premier pays de cette pandémie, la Chine, a déclaré un nombre de morts s'élevant à plus de 3300 morts. Or beaucoup contestent ces chiffres et revoient un chiffre à la hausse : entre 40.000 et plus de 60.000 morts auraient été relevés. Pourquoi un si grand fossé et comment déterminer cette différence ?
Il y a tout d’abord la question des urnes funéraires qui apparaît comme un élément très troublant. Plus de 6 heures d’attente pour pouvoir acheter une urne funéraire, un manque de personnel et une clientèle toujours plus nombreuse. D’autres rapportent que certains crématoriums ont tourné 24 heures sur 24 pendant plusieurs jours.
De plus, la Chine est très connue pour avoir un fort contrôle sur les médias et pourrait donc avoir joué sur ce pouvoir pour améliorer cette image. Beaucoup de médias auraient donc été muselés ou censurés sur le sujet du coronavirus et notamment à propos du nombre de morts et de cas. Mais la Chine n’est pas la seule à avoir pu modifier ou cacher certaines données.
L’Iran est également la cible de nombreuses critiques vis-à-vis de potentiels faux bilans. Que ce soit au niveau du nombre de malades et morts ou du fait de l’importance de cette crise sanitaire, beaucoup restent très perplexes quant aux bilans, notamment avec une potentielle manipulation des médias pour cacher les signes de faiblesse.

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Différentes accusations rendent relations diplomatiques entre les nations plus tendues

Des relations diplomatiques mises à rude épreuve

Un élément qui a beaucoup marqué le monde, c’est la mort du docteur Li Wenliang, l'un des lanceurs d’alerte de la propagation du Covid-19. Lui et sept autres médecins ont voulu prévenir de la dangerosité de ce nouveau virus début décembre 2019 mais se sont vus en retour menacés et muselés par la police. Car la tentative de nier ce virus et de le cacher aux yeux du monde par le gouvernement chinois a fortement déplu à de nombreuses nations. C’est notamment le cas des États-Unis et notamment de Donald Trump qui nomme désormais ce virus «le virus chinois». Une stigmatisation qui blesse et indigne des responsables politiques chinois.
Mais certains responsables politiques de la Chine ne semblent pas aussi coopératifs pour tenter d’apaiser les relations internationales. Beaucoup ont cédé à la tentation de reporter la faute sur une autre nation. Et cette cible se trouve être les États-Unis avec pour appui un article issu d’un site conspirationniste. C’est notamment Zhao Lijian, porte-parole du ministère des affaires étrangères du gouvernement chinois, qui va rapporter cette histoire de soldats américains qui seraient venus à Wuhan et auraient laissé le virus. Une stratégie de communication aurait également été mise en place dans les médias et surtout sur les réseaux sociaux pour semer le doute dans l’esprit de citoyens chinois. Les relations entre la Chine et les États-Unis sont donc très tendues des suites des différentes tensions et accusations.

Il y a également un dénigrement qui se met en place à propos des dispositifs d’aide mis en place par la Chine. Beaucoup pensent que ce n’est qu’un moyen de redorer leur blason. Mais la Chine affirme avoir reçu l’aide Européenne lors de leur épidémie en interne et souhaite rendre la pareille.
Mais cette circulation de masques a eu pour résultats de créer quelques tensions. Il y a notamment eu l’épisode des masques transitant entre la Chine et l’Italie qui ont entre-temps été saisis par la République Tchèque. Ces masques destinés à soulager les hôpitaux italiens en pleine crise ont été saisis par les douanes tchèques et ont été redistribués dans les hôpitaux aux alentours. Le gouvernement tchèque évoque «un malentendu» et s’excuse, tandis que d’autres évoquent l’impossibilité d’une méprise notamment avec les photos montrant des cartons estampillés avec le drapeau chinois et italien et l'inscription «aide humanitaire». Cette affaire trouble, rapidement résolue entre l’Italie et la République Tchèque, vient entacher cette coordination européenne.
Enfin, le dernier point qui a aussi entaché cette vision d'entraide et de solidarité mondiale mêle encore une fois États-Unis avec cette fois un pays de l’Europe : l’Allemagne. C’est le quotidien Die Welt qui va révéler cette affaire mettant en cause Donald Trump. Il aurait tenté d’acheter un vaccin en développement au laboratoire CureVac et d’en réserver l’accès “seulement pour les États-Unis”. Ce qui semble être un scandale dans une période où l’on prône la solidarité entre concitoyens et entre nations pour pouvoir passer outre ce virus touchant le monde entier.

Face au virus et à cette pandémie, les réactions de la part des dirigeants sont très variées et souvent controversées. Que ce soit sur la question du confinement ou sur les chiffres diffusés par les gouvernements puis diffusés dans les médias, beaucoup de questions se posent. Suite à la tentative de la Chine de dissimuler la crise sanitaire qui allait survenir, de nombreux pays pointent du doigt cette nation, créant de vives tensions. Mais ces tensions peuvent également se produire entre les pays d’Europe et troubler l'image d’une cohésion entre pays du même continent. En espérant que ces événements auront pour conséquence d’éviter que cela se reproduise dans les semaines à venir car le virus n’attendra pas que toutes les nations soient prêtes.taper

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Date de dernière mise à jour : 31/03/2020