Le shutdown aux États-Unis : cause, conséquences et prolongements

Marie Picard, le 05/02/2019


Aux États-Unis, le shutdown a duré 35 jours, du 22 décembre 2018 à minuit jusqu’au 25 janvier 2019. De son origine à son aboutissement, ce fameux « shutdown » a fait couler de l’encre, et pour cause, les conséquences sont multiples. Bien que la fin du shutdown ait été annoncée, la question de la construction du mur entre le Mexique et les États-Unis n’est pas résolue et laisse entrevoir un futur encore incertain.  

Shutdown

Manifestation pour la fin du Shutdown aux Etats-Unis.

 

Le shutdown : qu’est-ce que c’est ?

Le shutdown signifie un arrêt total des activités du gouvernement aux États-Unis. En effet, cela illustre le cas où le gouvernement n’a pas le budget nécessaire pour poursuivre et appliquer ses opérations. Durant son mandat, Trump a déjà fait face à deux shutdown, mais de durée moindre. Le premier a eu lieu du 20 janvier au 22 janvier 2018 et le second le 9 février 2018. Le shutdown récent est donc le plus long de l’histoire des États-Unis.

La cause du shutdown américain

Les États-Unis se sont retrouvés, dès le 22 décembre 2018 face à un arrêt de l’action gouvernementale pour une raison : l’échec du vote par le Congrès du budget nécessaire à la construction d’un mur à la frontière entre le Mexique et les États-Unis. Ce budget en question est de 5,7 milliards de dollars. Rappelons-le, la construction de ce mur est présentée par Donald Trump depuis sa campagne présidentielle en 2016 comme une de ses principales promesses.

Les principales conséquences de ce shutdown

Les américains n’ont pas simplement connu un arrêt de leurs activités gouvernementales durant ces 35 jours. Ils ont également connu un arrêt provisoire des différents grands secteurs du pays.  

Un tel arrêt a supposé de nombreuses conséquences économiques, et pas des moindres. C’est d’abord l’administration fédérale qui a été elle-même touchée, puisqu’un grand nombre d’employés (environ 800 000) a été placé au chômage technique ou n’était plus payé. De plus, le ministère du logement et de l’urbanisme se chargeant des aides versés aux locataires de logements sociaux s’est vu impacté également et n’a pas pu verser les aides prévues. Le système judiciaire a connu également une pause. En effet, les tribunaux chargés du secteur de l’immigration se sont figés, tout comme les avions des aéroports du pays, faute de personnels pour le contrôle des bagages, affectant les délais d’attente des voyageurs et conduisant à la suppression de vols. Enfin, parmi de nombreuses conséquences économiques, il y a également eu celle des entreprises du secteur privé qui ont fait face à une importante perte de chiffre d’affaire, souvent irrattrapable.

 

L’environnement a également été mis à mal, puisque de nombreux parcs ont connu des dégradations, une fermeture prolongée, ou encore des accidents du fait de l’absence d’employés fédéraux pour assurer la gestion et la surveillance de ces parcs. De ce fait, nombreux parcs et zoos ont été submergés par les détritus et les incivilités des visiteurs. À travers ce nuage de conséquences désastreuses, un élan d’espoir a fait irruption. Sur la plage de Drakes Beach, des éléphants de mer ont élu domicile et la naissance d’environ cinquante bébé a eu lieu. Pourtant habitués à être délogés de cette plage, ces éléphants de mer ont profité de l’absence du personnel de la réserve naturelle.  

En somme, le shutdown aura coûté aux États-Unis économiquement et humainement. Les parcs évoqués précédemment étaient, pour certains, maintenus ouverts au public, mais non sans risques, puisqu’en l’absence d’agents pour maintenir la sécurité, c’est au moins sept accidents mortels qui ont été dénombrés depuis le début du shutdown. De plus, le coût monétaire de ce shutdown est évalué à 11 milliards de dollars, dû principalement à l’arrêt de l’activité économique, ce qui a entraîné une baisse du Produit Intérieur Brut (PIB) de 3 milliards de dollars pour le premier trimestre de 2019.

Et après ?

Malgré l’annonce de la clôture de ce shutdown le 25 janvier dernier, la situation n’en est pas moins apaisée. En réalité, l’accord trouvé entre républicains et démocrates est celui de la réouverture de l’administration fédérale jusqu’au 15 février prochain, laissant en attente la question du financement du mur frontalier. Cependant, il faut retenir que cette annonce de réouverture de l’administration remet en question les déclarations de Trump, qui affirmait pourtant une éventuelle réouverture à l’unique condition d’un financement effectif de la construction du mur.

          

Les principales interrogations aujourd’hui concernent la position du Président Trump, qui semblent avoir plié face aux positions fermes des démocrates. Mais, Trump n’a pas oublié cette concession et laisse la porte ouverte à l’éventualité d’un prochain shutdown le 15 février. En effet, il a déclaré lors de son annonce le 25 janvier dernier que si aucun accord n’a été trouvé d’ici-là, « soit le gouvernement sera de nouveau fermé le 15 février, soit j’utiliserai les pouvoirs qui me sont conférés pour répondre à cette urgence », faisant référence à la possibilité de déclarer l’état d’urgence, afin de contourner le Congrès.

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Date de dernière mise à jour : 05/02/2019