Trois ans de trouble au Royaume-Uni

Rémi Debray, le 21/05/19


Le 23 juin 2016 restera une date historique pour l’histoire de l’Union Européenne, un jour depuis lequel le Royaume-Uni se trouve dans une situation très délicate, et ce depuis trois ans.

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Theresa May, première ministre dans l'oeil du cyclone

En ce jour de début d’été 2016, le référendum pour savoir si le pays restait ou sortait dans l’Union Européenne a lieu au Royaume-Uni. A la grande surprise, surtout des Européens, 51,9% ont voté pour une sortie de l’Union. Le Premier ministre David Cameron ne voulant pas faire partie de cet événement démissionna de ces fonctions pour donner le relais à Theresa May en juillet 2016. Dès lors, ils devaient quitter l’Union Européenne le 29 mars 2019 mais tous les partis n’étaient pas d’accord sur les différents pactes qu’ils essayaient de conclure.

En effet, le processus est très compliqué car le Royaume-Uni et l’Union Européenne essaient de trouver des accords malgré tout. L’article 50 du traité sur l’UE autorise la sortie d’un Etat membre. L’Etat qui décide de se retirer doit le notifier au Conseil Européen. L’Union va alors négocier des modalités pour le retrait de l’Etat, que le Conseil va ensuite conclure à la majorité, après que le Parlement l’aura approuvé. Le 31 mars 2017, l’Union Européenne s’est dite ouverte aux négociations si le Royaume-Uni respectait certains points :

  • Verser une somme au budget Européen avant le retrait de l’Etat

  • Les Européens qui se trouvent au Royaume-Uni doivent conserver leur statut

  • Le statut de la frontière avec l’Irlande doit être clarifié

Theresa May veut mettre en place une période de transition après la date officielle de la prise de fonction du Brexit (de 2 ans) ce qui permettrait au Royaume-Uni de s’organiser et de bénéficier encore de quelques aides de l’Union Européenne. Mais ce point a été rejeté 3 fois par la Chambre des Communes : le 15 janvier, le 12 mars et le 29 mars. Il faut savoir que durant celle-ci les Britanniques garderont leurs droits européens et devront appliquer les lois mais ils n’auront aucun poids dans leurs votes.

Le second point très important et également très problématique est la frontière entre l’Irlande du Nord et l’Angleterre. Beaucoup de Britanniques vont travailler en Irlande du Nord donc une frontière physique compliquerait les déplacements quotidiens. De plus, le Royaume-Uni devra appliquer des tarifs douaniers pour éviter toute concurrence déloyale avec les autres pays.

Un accord a déjà été conclu pour les résidents européens du Royaume-Uni. En effet, les Européens qui se sont expatriés là-bas craignent de perdre des droits ou même de devoir retourner dans leur pays d’origine. Mais cela ne sera pas le cas, ils vont conserver leurs droits de santé, de retraite, de prestations sociales etc.

Le problème le plus important pour les Britanniques serait d’avoir un « no deal ». Celui-ci est redouté de tous au vu du nombre de rejets que subit Theresa May. Mais sur ce point les politiciens britanniques sont tous du même avis, il faut absolument que le Royaume-Uni quitte l’Union Européenne avec des accords. Une étude a été menée par le Centre d'Études Prospectives et d’Informations Internationales (CEPII) dans lequel ils estiment que si le pays quitte l’Union Européenne sans accord, le PIB du Royaume-Uni pourrait reculer de 2,8%.

Le site de l’Union Européenne a mis en ligne tous les documents officiels sur les différents accords ou les demandes de reports accessibles à tous. Certains dossiers font plus de 500 pages donc si le sujet vous passionne vous allez avoir de quoi vous documenter ici.

Malheureusement Theresa May n’ira pas jusqu’au bout des négociations pour le Brexit. Un accord a été conclu entre elle et les ténors du parti conservateur car ce déséquilibre politique ne peut plus durer. Elle a annoncé qu’une dernière offre audacieuse allait être faite le mois prochain aux députés européens. En attendant, Boris Johnson a déclaré qu’il allait se présenter pour prendre sa place.

La date officielle du Brexit est donc reportée au 31 Octobre 2019 mais les Britanniques espèrent que cela sera fait avant.
Theresa May vient d'annoncer la proposition d'un nouvel accord aux députés, où elle inclut la possibilité d'un nouveau référendum à propos de la sortie du Royaume-Uni de l'Europe.

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Date de dernière mise à jour : 21/05/2019