Ukraine - Russie : Une situation qui reste tendue

William Lacaille, le 18/02/2020


Le conflit entre l’Ukraine et la Russie est bien connu pour sa dispute de la Crimée depuis 2014 avec son annexion par les Russes. Mais une autre bataille fait rage et la situation reste toujours très tendue : la région du Donbass. Que se passe-t-il dans cette région ? Qu’en est-il aujourd’hui ? On fait le point sur la situation entre l’Ukraine et la Russie.

Battalion donbas in donetsk region 04

Un bataillon arrivant à Donetsk avec un véhicule arborant le drapeau ukrainien (2014)

Le Donbass est une région frontalière de l’Ukraine avec la Russie. Cette région décomposée en deux provinces qui sont l’oblast (province) de Donetsk et l’oblast de Louhansk. Ces deux provinces sont, depuis le renversement et la fuite en Russie de l’ex-président Viktor Ianoukovitch en 2014, sous le coup d’une forte division de la population. La même année, les deux oblasts se sont autoproclamés, après des affrontements, comme Républiques Populaires par les séparatistes russes. Or l’Ukraine ne compte pas rester dans cette situation et va rapidement envoyer des troupes armées pour rétablir la situation et récupérer les villes considérées comme indépendantes. La Russie sera, à de nombreuses reprises, accusée d’avoir soutenu de manière politique ou militaire les troupes séparatistes engagées dans le conflit.

Des négociations pour apaiser la situation faibles en résultats

Depuis 6 ans que perdure le conflit, différentes tentatives ont été lancées pour établir une paix stable. En 2014, alors que les conflits faisaient rage depuis quelques mois un premier accord a été signé : «L’accord de Minsk». Mais celui-ci échouera quelques semaines plus tard, quand un avion de la Malaysia Airlines contenant 298 passagers (dont la plupart étaient néerlandais) sera touché par un missile sol-air tiré depuis la zone séparatiste. En 2015, sera signé à Minsk un second accord de cessez-le-feu entre la Russie et l’Ukraine avec la présence des deux chefs d’État ainsi que François Hollande et Angela Merkel. Minsk II, est un accord en 13 points visant à la fin des tensions qui n’a pour l’instant permis qu’une diminution des conflits dans la région du Donbass.

Ejzrurh1dfls5605os1qdnukkbtgo71z Vladimir Poutine, Emmanuel Macron, Angela Merkel et Volodymyr Zelensky à Paris en décembre 2019 pour faire un point sur les accords de paix

Une lueur d’espoir masquée par une nouvelle provocation

Alors qu’une estimation établie à 13000 le nombre de morts et plus d’un million de déplacés à cause de ce conflit, les négociations semblent s’éclaircir de nouveau avec, début décembre 2019, une nouvelle rencontre. Comme l’explique Le Point, cette réunion entre les chefs d’État se déroula à l’Élysée, en présence d’Emmanuel Macron et d’Angela Merkel pour suivre les discussions entre les présidents d’Ukraine (Volodymyr Zelensky fraîchement élu) et de Russie, ce qui n’est pas sans rappeler la composition ayant mené à l’accord Minsk II. Ce réchauffement avait été précédé quelques mois plus tôt par un échange de prisonniers comme peut le raconter le Figaro ou encore le retrait des troupes de certaines zones du Donbass début novembre comme l’explique FranceInfo.

Mais en fin d’année 2019, une nouvelle ombre vient noircir le tableau. Alors que tout semblait s’améliorer, un évènement russe va être perçu comme une provocation.  Vladimir Poutine a personnellement inauguré un train et sa ligne reliant la Crimée, région annexée en 2014, et la Russie, déclenchant les hostilités. Le fait particulier de ce trajet est qu’il relie la Crimée à la Russie sans passer par l’Ukraine, ce qui renforce la puissance du pays et sa potentielle influence sur l’Ukraine. De plus, ce pont ferroviaire est en lien avec un pont qui avait déjà été inauguré en 2018 pour les voitures et qui posait de nombreux problèmes car il enjambe un détroit que certains bateaux Ukrainiens doivent prendre. Or il faut désormais une autorisation de la part des Russes pour pouvoir passer sous ce pont et donc franchir le détroit, ce qui a pu causer de nouvelles tensions en 2018.
Cette nouvelle ligne ferroviaire est donc perçue comme «un nouveau pied-de-nez à l'Ukraine et à l'Union européenne de la part de Vladimir Poutine» comme le raconte le Parisien.

Cette situation semble complexe à résoudre quant aux négociations avec Volodymyr Zelensky, souhaitant trouver un arrangement sans pour autant perdre la confiance du peuple ukrainien qui vient tout juste de l’élire, et avec Vladimir Poutine, qui semble conciliant lors des négociations mais qui souhaite toujours avoir autant d’influence sur l’Ukraine.

 

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