Covid-19 : une dramatique augmentation des violences conjugales

Emma Gaheneau, 03/04/2020


L'augmentation des violences conjugales se confirme : quelles sont les mesures d’urgence prises par le gouvernement ? 

 

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Illustration trouvée sur l'instagram de l'association Nous Toutes 

Le confinement dû au Covid-19 crée un huis-clos dont les victimes ont beaucoup de mal à s'échapper. En Chine, pays où l'épidémie a commencé, le nombre de signalements de violences conjugales a considérablement augmenté pendant les trois mois de distanciation sociale. Dans la province d'Hubei, le commissariat de Jianli a enregistré 162 témoignages de violences conjugales, soit 3 fois plus qu'à la même période en 2019. 

En France, l'augmentation est elle aussi bien visible. Marlène Schiappa annonçait sur Europe 1 : "Nous observons qu’il y a + 32 % de signalements de violences conjugales en zone gendarmerie en une semaine et + 36 % dans la zone de la Préfecture de police de Paris en une semaine également". Une augmentation qui contraste avec le nombre d'appels au 3919, en baisse depuis le début du confinement. Preuve qu'il est difficile pour les victimes d'appeler à l'aide en présence de leur bourreau. 

Des solutions d'urgence

La secrétaire d'État chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes rappelle que le numéro d'appel d'urgence est toujours en activité. De plus, elle enjoint les témoins de ces violences à les signaler sur le site internet arrêtonslesviolences.gouv.fr. 7 jours sur 7 et 24h sur 24, des policiers formés sont de l'autre côté de l'écran pour prendre des signalements, lancer des enquêtes et intervenir en cas d'urgence.

Mais d’autres solutions ont été déployées par les autorités, comme des points d’accompagnement éphémères dans les centres commerciaux, qui restent ouverts pendant ce confinement, ainsi que dans les pharmacies où le code “masque 19” permet d’avertir  le personnel, aussi valable dans le cas de violences intrafamiliales. Le mercredi 1er avril, un système d’alerte par sms a été mis en place : les femmes victimes de violence peuvent envoyer un sms au 114. Le numéro de téléphone 119 est aussi disponible pour prendre soin des enfants en danger.

Enfin, pour les femmes qui voudraient quitter le domicile, qu’elles partagent avec un conjoint violent, dix appartements ont été mis à disposition par la ville de Paris. 20 000 nuitées d'hôtel seront également prise en charge par le gouvernement. 

La réaction des associations

Les associations le répètent depuis de début de l’épidémie : “Il n’est pas interdit de fuir”, malgré les mesures de confinement qui ne facilitent pas les déplacements. Les commissariats restent ouverts pour les dépôts de plainte et les tribunaux s’en charge en priorité. Les mesures mises en place sont un soulagement pour les associations qui viennent en aide aux femmes victimes de violence, bien qu'elles auraient pu être prises en amont. Pour certaines responsables, c’est donc une simple volonté politique et les solutions appliquées pendant le confinement devraient être maintenues au delà de la crise sanitaire. 

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Date de dernière mise à jour : 03/04/2020