La marche contre l’islamophobie, source à de vives critiques

Jeanne Jouveaux, 12/11/2019


Ce 1er novembre, un appel à la manifestation a été lancé par le biais du quotidien Libération. Ce dernier est soutenu par plusieurs organisations ; parmi elles, l’UNEF (l’Union Nationale des Etudiants de France), l’UCL ( l’Union Communiste Libertaire), le NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste) et le CCIF (Collectif Contre l’Islamophobie en France). Particulièrement incitée par l’attaque à la mosquée de Bayonne, ainsi qu’en réaction à Julien Odoul demandant à une femme de retirer son voile lors d’une sortie scolaire, cette manifestation a pour but de dénoncer la “stigmatisation grandissante” des musulmans en France.

Image

Marche contre l’islamophobie devant la gare du nord à Paris​ (© La Dépêche) 

Une manifestation à l’origine de vives réactions

Cette manifestation, ayant donc eu lieu ce dimanche 10 novembre, a provoqué diverses réactions, d’abord au niveau des politiques.

D’abord, il faut savoir que le CCIF, l’une des organisations à l’origine de ce mouvement, dérange déjà certains politiques; ils accusent l’organisation d’être trop proche des Frères Musulmans. Gilles Clavreul, haut fonctionnaire français, se prononce à ce sujet et affirme que l’organisation “soutient des prédicateurs qui sont encore plus radicaux” et qu’ils “tiennent parfois des propos très problématiques contre les femmes, contre les juifs.”

En outre, pour d’autres, ce qui gêne c’est l’appel en lui-même dans lequel on dénonce “les lois liberticides”. Ces lois font référence à la loi de 2004, interdisant le port des signes religieux à l’école, et à celle de 2010, interdisant le port d’une “tenue destinée à dissimuler son visage”, donc interdisant le voile intégral. 

Cette dénonciation est prise pour une critique de la laïcité.

Le directeur du CCIF, Jawad Bachare, ne nie pas cette critique est évoque ces lois: “ Ces lois touchent aujourd’hui les principes de liberté, au lieu d’être inclusives, elles sont de plus en plus excluantes pour des populations déjà fortement discriminée.”

Par ailleurs, le terme même d’islamophobie” dérange certains politiques: Le PS (parti socialiste) ou le PRG (le centre gauche) refuse de s’y associer.

Néanmoins, on retrouve certaines figures, tel que Jean-Luc Mélanchon qui s’est joint au mouvement ce dimanche en précisant qu’il fallait “ne pas confondre quelques personnes avec la valeur de la cause qui est servie”.

Les réactions ne sont pas que politiques ; beaucoup d’internautes se sont scandalisés de certains éléments:

Premièrement, une image a choqué le public; celle d’un petit groupe de manifestants dans lequel se trouve la sénatrice Esther Benbassa et, à ses côtés, une petite fille arborant une étoile jaune. 

Bien que cette étoile ne soit pas la même que l’étoile David (l’étoile David a six branches tandis que celle portée par la petite fille n’en a que cinq) et que se trouve juste à côté un croissant de lune et l’inscription “muslim”, le rapprochement de cette étoile avec les évènements de la Seconde Guerre mondiale a été immédiat et vivement critiqué.

De plus, l’un des slogans cités durant la manifestation en a scandalisé quelques uns; en effet, les manifestants auraient, un moment donné, crié “Allahu Akbar” . Cette expression étant souvent associée aux attaques terroristes, elle a fait peur à certains. Néanmoins, Marwan Muhammed, l’un des manifestant, assure que c’est “une expression de langage courant, quand il y a une bonne nouvelle”, c’est aussi une expression populaire. 

Enfin, malgré ces critiques, le mouvement a tout de même rassemblé des milliers de personnes à Paris, mais aussi à Marseille et à Toulouse. La marche est restée calme tout du long, de 13H à 16H. Les manifestants parisiens ont marché de la gare du Nord jusqu’à la place de la Nation. 

Sur les pancartes, nous pouvions lire: “ stop à l’islamophobie”, “oui à la critique de la religion, non à la haine du croyant”, ou encore “Française, musulmane et voilée, si je vous dérange, je vous invite à quitter mon pays.”

“On veut se faire entendre, prôner une société mixte et le vivre ensemble, ne pas être écartés de la société.” nous explique Asmae Eumosid. 

Ajouter un commentaire