5ème mandat pour B.Netanyahou

Maxime Freulet, le 23/04/2019


Mercredi 17 avril, Benyamin Netanyahou a été chargé de former le prochain gouvernement israélien. Le premier ministre commence ce nouveau mandat sous le signe des ennuis judiciaires et de l’attente des États-Unis pour régler le conflit israélo-palestinien.

 

Bibi

Benyamin Netanyahou, une nouvelle fois élu à la tête de l'Israël

A la suite des élections législatives anticipées du 9 Avril dernier, marquées par les « fakes news » et l'incertitude entre le parti « Blanc-Bleu » de Benny Gantz et le « Likoud » de Benjamin Netanyahu, les deux partis ont revendiqué le soir-même leur victoire. Pourtant, le lendemain, la commission électorale a bien déclaré vainqueur le Likoud avec 36 sièges sur 120 (soit 26,45 % des voix) contre 35  (soit 26,11 % des voix) pour le « Blanc-Bleu ». Si « Bibi », surnom donné à B.Netanyahu, parvient à s'entendre avec ses partenaires autour d'un accord de gouvernement, il entamera son cinquième mandat consécutif depuis 2009 et battra le record de longévité détenu par David Ben Gourion, père fondateur de l’État d’Israël. A la tête du gouvernement réputé le plus à droite de l'histoire israélienne, « Bibi » devrait diriger une coalition composée de formations plus ou moins radicales et plus ou moins religieuses avec certains partis ultra-orthodoxes. Mais pour comprendre les résultats de cette élection et leurs conséquences, il faut d'abord tenter de comprendre les bases qui régissent la démocratie israélienne.

Benny GantzBenny Gantz du parti «Blanc-Bleu», le principal opposant de Benyamin Netanyahou

Contrairement à la France, l’État Hébreu est une démocratie parlementaire. Le parlement israélien, la Knesset, comprend 120 députés élus tous les quatre ans. Le président (Reuven Rivlin), dépourvu de réel pouvoir, doit choisir le candidat pour former le  gouvernement. Celui qui a la plus forte capacité à rassembler autour de lui une coalition majoritaire sera donc nommé par le souverain. En d'autres termes, en Israël, on vote pour un parti qui désigne un leader et qui sera en charge, en cas de nomination par le président, de former le gouvernement.  Mais si celui-ci perd sa coalition, le contrôle du gouvernement ne serait plus possible et de nouvelles élections devront avoir lieu. On comprend donc mieux pourquoi Reuven Rivlin a choisi B.Netanyahu en tant que premier ministre puisque c'est l'homme fort du pays et c'est le seul qui est en mesure de réunir les 65 sièges nécessaires pour obtenir la majorité.

Sur le plan électoral, le sud d’Israël, pourtant proche de Gaza, a voté majoritairement « Netanyahu » et les habitants de Tel Aviv, réputés pour être plus à gauche sur l'échiquier politique, avaient soutenu Benny Gantz. Il faut également souligner que les citoyens arabes se sont peu mobilisés, et ce, malgré quelques partis politiques tel que le Hadach-Taal ou le Raam Balad. Une tendance plutôt étonnante quand on voit que le droit de vote est fortement encadré, voire inexistant dans de nombreux pays environnants. Selon de nombreux politologues, leur comportement est tout à fait comparable aux électeurs occidentaux qui désertent les scrutins et ne croient plus en la politique ou aux hommes politiques en général. De plus, le premier ministre fraîchement réélu est accusé de corruption, de fraude et d'abus de confiance, la tendance ne serait pas prête de changer.

Carte

Le conflit israélo-paléstinien au coeur du programme de Netanyahou

 

Pour ce qui est de la politique, même si il est trop tôt pour parler d'un programme officiel, B.Netanyahu a d'ores et déjà annoncé pendant sa campagne qu'il était prêt à annexer les colonies israéliennes de Cisjordanie (territoire palestinien occupé par Israël). L'administration Trump s'est positionnée en faveur d’Israël, a refusé de s'engager dans la création d'un État Palestinien et a fait la sourde oreille sur la colonisation et la possible annexion des colonies. Le conflit israélo-palestinien n'est pas prêt de se terminer. Pire, avec l'élection de « Bibi », Israël devrait suivre l'initiative américaine et suivre la majorité qui prétend depuis le 25 Mars que l’État Israélien possède la souveraineté sur le plateau du Golan.

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Date de dernière mise à jour : 23/04/2019