Les élections européennes : les avancées suite à la publication de la tribune d’Emmanuel Macron

Amandine Thuillier, 12/03/2019


Après un début d’année difficile dans le lancement de la campagne des élections européennes, mardi dernier, le 5 mars, Emmanuel Macron a publié une tribune dans laquelle il explique l’importance d’une «renaissance européenne» pour lutter contre le «repli nationaliste». Ces mots soulignent bien la position pro-européenne d’Emmanuel Macron qu’il a toujours mise en avant. Depuis de nouvelles personnalités politiques ont apporté leur soutien comme Ségolène Royale ou encore Pascal Durand.

La2 euro

Sigle de l'euro, symbole de l'union économique européenne

Des déclarations diverses :

Les ​nombreuses réactions à cette tribune démontrent que la campagne a bel et bien débuté. Le 7 mars, Laurent Wauquiez, le président du parti les Républicains dévoile la liste des candidats LR aux Européennes. Cette liste est composée de 20 personnalités. Parmi celles-ci, on retrouve Nadine Morano ou encore Brice Hortefeux qui renouvelleraient donc leur présence au Parlement européen. Ils sont respectivement 4 et 5ème sur la liste LR. En revanche, Rachida Dati explique ne pas souhaiter renouveler son mandat et ce afin de  se consacrer entièrement à sa candidature à Paris, pour les municipales de 2020.

Ce même jour, Stéphane Séjourné, le directeur de campagne des LREM, a annoncé quant à lui, dans un communiqué de presse, l’ouverture d’un site internet nommé "Renaissance" pour que la majorité ait un espace d’expression. Cette plateforme lancée conjointement avec le MoDem, est traduite en 24 langues officielles et se présente sous la forme d’un site officiel dans chacun des 28 pays membres de l’Union Européenne. Avec ce site, le parti majoritaire veut mettre toutes les chances de son côté pour convaincre les citoyens européens de le choisir. Cependant, à ce jour, nous ne savons pas encore la composition de la liste de LREM. La candidature de la ministre de la solidarité et de la santé, Agnès Buzyn, est de moins en moins envisagée dans de liste de LREM.  À l’inverse, celle de Nathalie Loiseau, ministre des affaires européennes paraît de plus en plus probable.

Le 9 mars, Laurent Wauquiez a publié une tribune en réponse à celle du président français, dans laquelle il expose lui aussi les grandes lignes de son projet européen. Il affirme que les citoyens français et européens ont un autre choix que celui de la majorité. Il veut sortir de l’approche binaire des Européennes. Pour lui il n’y a pas seulement le choix entre toujours plus d’Europe ou plus du tout d’Europe, il affirme que son parti peut représenter un juste milieu.  

Du côté du Rassemblement National, nous avons pu constater que la campagne avait débuté plus tôt dans l’année. En effet, dès la mi-janvier, Marine Le Pen présentait les 12 premiers candidats de sa liste avec en tête le jeune Jordan Bardella. La principale idée de ce parti est la déconstruction européenne, cette approche est également soutenue par l’ancien candidat aux élections présidentielles, Nicolas Dupont Aignan, ce qui l’a conduit à choisir d’allier son parti Debout la France au RN.

Des élections européennes marquées par de profondes divisions :

Nous ne pouvons nous empêcher de remarquer que les partis de gauche et les écologistes ne se font pas énormément remarquer dans cette campagne. Cela peut s’expliquer par la division, voir l’éclatement total de cette orientation politique. Cependant le Parti Socialiste, le Parti Communiste Français, Génération.s, Europe Ecologie Les Verts, la France Insoumise mais aussi Génération Écologie, les Radicaux de Gauche et le Nouveau Parti Anticapitaliste ont annoncé qu’ils comptent bien présenter des listes le 26 mai prochain. Il faut toutefois souligner que le fait que la gauche se présente en ordre dispersé, obère grandement ses chances d’avoir un grand nombre d’élus à Bruxelles parmi les 79 sièges revenant à la France sur un total de 705.

Par ailleurs, en France, la possibilité d’un référendum le jour des élections est plus qu’envisagée. C’est ce qu’a suggéré vendredi matin la secrétaire d’État auprès du ministre de la transition écologique, Emmanuelle Wargon. Cette hypothèse a toutefois entrainé quelques divisions au sein du parti LREM notamment : le président de l’assemblée nationale Richard Ferrand s’est montré plus qu’hostile opposé à cette idée.

Quel avenir pour l’Europe ?

Avec la montée des nationalistes, l’Europe se trouve plus que jamais menacée dans son unité. En cas de scores élevés des partis d’extrême droite tels la Ligue du Nord de Matteo Salvini en Italie ou le Rassemblement National de Marine Le Pen, l’Europe risque un repli sur elle-même et en conséquence une perte d’influence au niveau international. Selon l’un des derniers sondages (28 février), le RN et LREM seraient au coude à coude. On aurait dans les intentions de vote en France, 21,5% pour le parti d’extrême droite et 22% pour le parti majoritaire. Le Brexit n’arrangeant pas non plus la cohésion européenne, reste à savoir si maintenant que la campagne est véritablement lancée, les intentions de vote vont continuer à converger vers les partis nationalistes ou au contraire tendre vers d’autres partis moins conservateurs ?

Une chose est sûre, le meilleur moyen de faire entendre sa voix et ainsi d’avoir la représentation la plus fiable des français aux sièges des eurodéputés, est encore d’aller voter le dimanche 26 mai !

 

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Date de dernière mise à jour : 12/03/2019