Médicaments génériques vs médicaments originaux : démêler le vrai du faux

Anne Laure Bancel, le 17/03/2020


Depuis le 1er janvier 2020, la sécurité sociale ne prend plus en charge les médicaments pour lesquels il existe une version générique. Cette loi a suscité de nombreux débats et de nombreuses questions de la part des usagers.

Medicaments generiques vs originaux

Le générique coûte moins cher car il ne reprend pas les coûts de recherche et développement des laboratoires

Tout d’abord, qu’est-ce qu’un médicament générique ?

Le médicament générique est une copie du princeps (médicament original), car il contient les mêmes principes actifs. Il produit donc les mêmes effets sur l’organisme humain, et répond à la même qualité. La différence provient ainsi des ingrédients non actifs ou excipients utilisés dans le processus de fabrication, qui peuvent ainsi produire une légère variation des effets sur le corps des patients, que ce soit au niveau du goût, de la forme du médicament, de sa couleur…

Ce sont les firmes pharmaceutiques qui sont à l’origine de la fabrication de ces médicaments génériques. En effet, lorsqu’un nouveau médicament est lancé sur le marché, il est protégé pendant 10 ans par un brevet d’exploitation, nécessaire pour rentabiliser les recherches et l’investissement mis en œuvre pour mettre au jour cette nouvelle molécule. Durant cette période, seule l’entreprise à l’origine de la conception a le droit de commercialiser le produit. Lorsque le brevet arrive à expiration, d’autres firmes peuvent demander une autorisation de mise en marché de ce médicament. Si cette requête est acceptée, l’entreprise peut commercialiser un médicament générique, sous un nom différent de celui du produit original.

Si le médicament générique coûte moins cher que son homologue original, c’est donc parce que les coûts de la recherche liés à son élaboration sont moindres. 

Pourquoi la loi a-t-elle donc changé à l’égard de la prise en charge des médicaments originaux par la sécurité sociale ?

Depuis le 1er janvier 2020, l’ensemble des médicaments inscrits sous le registre des médicaments génériques ne sont plus remboursés par la sécurité sociale. Cela signifie que la mention « non substituable » ne peut être apposée que dans des cas très particuliers. Cette mention était apposée au bas d’une ordonnance lorsqu’un médecin autorisait un patient à avoir recours uniquement aux médicaments originaux. Dorénavant, le médecin doit obligatoirement écrire sur l’ordonnance la raison qui le pousse à ne pas donner de médicament générique à une personne. Il n’existe que 3 raisons médicales valables, fixées par l’arrêté ministériel du 12 novembre 2019.

Donc si un patient décide de refuser d’avoir recours à un médicament ne portant pas la mention « non substituable », il devra supporter à sa propre charge le coût du médicament original. Le but de cette loi est d’inciter à la substitution des actifs originaux.

Un médicament générique est il moins bon que l’original ?

Selon un sondage mené par Figaro Santé, en février 2012, les français n’accordent que 48% de confiance aux médicaments génériques.
Il faut savoir que depuis 2008, le marché des médicaments génériques s’est essoufflé, avant de connaître un recul en 2011, dû au manque de confiance de la population.
Dans l’esprit des gens, si le médicament générique est moins cher, c’est qu’il est moins bon. C’est une croyance urbaine qui est complètement fausse.

Certes, les excipients contenus dans le comprimé ne sont pas les mêmes, et peuvent provoquer des réactions différentes que leurs homologues princeps. Mais dans ce cas, les différents effets notoires sont indiqués par le pharmacien ou le médecin. 

De plus, les essais cliniques sont rarement menés sur les génériques, car le principe actif est le même que ceux des princeps. En revanche, il s’agit de vérifier que cet actif se libère à la même vitesse dans le corps humain dans les deux cas. C’est le principe de bioéquivalence qui est recherché par les pharmaciens. Une différence de 5% est autorisée entre le princeps et son générique. Ce qui signifie que dans certains cas, le principe actif peut être surdosé ou sous dosé, c’est le cas des médicaments dits «  à marge de manœuvre étroite », car ils peuvent provoquer des effets secondaires indésirables.

Certains génériques ne doivent pas non plus être combinés en raison de la diffusion du principe actif qui se libère plus ou moins lentement dans le sang. C’est alors au médecin ou au pharmacien d’être vigilant, notamment aux personnes à santé fragile. 

De plus, selon certaines rumeurs, certain de ces comprimés sont fabriqués dans des pays étrangers où la matière première est moins chère, mais aussi moins efficace. Bien évidemment, ce ne sont que des on-dit, et la plupart des médicaments proviennent d’industries françaises.

Donc au final, les médicaments génériques n’ont pas réellement d’effets néfastes différents de ceux d’un princeps, cela est démontré. Cependant, la population est consciente que la loi du 1er janvier, est une manière pour l’Etat de relancer l’activité du secteur des génériques, et de faire un gain au niveau du remboursement des princeps. Selon un sondage réalisé par le Figaro, le gouvernement pourrait économiser 1.3 milliards d’euros d’assurance sociale sachant que les génériques sont 30 à 50% moins chers que leurs homologues.

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