COP24 : Bilan et perspectives

Amandine Thuillier, 18/12/2018


Durant ces deux dernières semaines s’est déroulée la 24ème conférence pour le climat à Katowice en Pologne. Le Président des débats de cette conférence pour le climat était le secrétaire d’Etat polonais à l’environnement, Michal Kurtyka. Du côté français, les représentants étaient François de Rugy, ministre de la transition écologique et Brune Poirson, secrétaire d’Etat au même ministère. 

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La COP 24 est arrivée à mettre en place des lois pour appliquer les accords de Paris. Crédit Photo : UNclimatechange

Le but de la COP 24 est de mettre en place les accords de Paris de 2015, pris lors de la COP 21. Ces accords visent à maintenir un réchauffement climatique au maximum de 2°C, alors que nous nous dirigeons aujourd’hui vers un réchauffement plus proche des 3°C. Cet accord devrait entrer en vigueur en 2020.

Des chiffres alarmants

Alors même que la COP bat son plein, les chiffres s’affolent. Les émissions de carbones devraient croître de 2,7% par rapport à 2017 avec un niveau record de 37 milliards de tonnes. Si nous gardons ce rythme, nous nous rapprochons d’un réchauffement de 3°C d’ici la fin du siècle. Pour lutter contre le réchauffement climatique, les émissions de gaz à effet de serre devraient se stabiliser, or elles sont reparties à la hausse.

Des moyens financiers revus à la hausse

Dès le second jour de négociation, la Banque mondiale a annoncé un investissement de 200 milliards de dollars pour le climat entre 2021 et 2025, soit deux fois plus que dans les engagements de 2015. De plus le Fonds vert pour le climat, un outil utilisant l’argent, fourni par les pays du nord pour aider les pays du sud, pourra compter sur la contribution de 1,5 milliard de dollars provenant de l’Allemagne.

Une COP qui divise à l’échelle mondiale

Entre Donald Trump, qui est un frein en matière climatique puisqu’il a annoncé son retrait des accords de Paris, et le nouveau président brésilien Jain Bolsonaro qui ne veut plus accueillir la COP 25 en 2019 et qui réfléchit à un retrait des accords de Paris, le contexte géopolitique mondiale ralentit les négociations. De plus, des Etats pétroliers comme les Etats-Unis, la Russie, l’Arabie Saoudite et le Koweït remettent en cause le dernier rapport du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) qui exprimait la nécessité de limiter le réchauffement à 1,5°C pour limiter les effets de celui-ci.

A l’inverse, du côté chinois, un effort est fourni. La Chine a exprimé sa volonté de s’engager dans la transition énergétique, ce qui constitue plutôt une bonne nouvelle étant donné que c’est le premier pays émetteur de gaz à effet de serre.

Parallèlement, les pays européens sont divisés et sont décevants en matière de limitation du réchauffement. En effet, entre le Royaume-Uni et le Brexit, la France avec la crise des « gilets jaunes » et l’Allemagne qui peine à sortir du charbon, l’Union Européenne échoue à accroître ses engagements. Malgré le recul de 0,7% des émissions de CO2 au niveau européen, des disparités nationales subsistent. Par exemple, en France, nous avons pu voir que les émissions de gaz à effet de serre ont augmenté de 3,2%. Nous pouvons donc dire avec regret que la France n’a pas tenu ses engagements en matière d’émission de gaz à effet de serre.

Des engagements pris à plus petite échelle

Lors de la COP 24, 90 Etats se sont alliés pour fournir des actions fortes en matière d’écologie. De plus, 70 Etats dont 12 pays européens ont formé la coalition de haute énergie qui est censée augmenter les ambitions climatiques d’ici 2020. Ensuite, 830 sociétés investissent dans 830 milliards de dollars pour le climat et se sont regroupées dans un réseau appelé « We Mean Business ».

Enfin, une des figures emblématiques de cette COP a été la jeune suédoise Greta Thunberg. Du haut de ses 15 ans, elle a entamé une grève scolaire pour le climat. En effet, elle a décidé de se rendre tous les vendredis, depuis Septembre, devant le parlement suédois pour réclamer au gouvernement de respecter concrètement les accords de Paris.

Un texte fondamental à débattre : le Rulebook

Les 196 pays négociateurs doivent trouver une entente sur le Rulebook, un texte de 300 pages datant de 2015, qui doit fixer les accords de Paris. Cependant, les 2 semaines de négociations n’ont pas suffi pour trouver un terrain d’entente. En effet, vendredi des désaccords subsistaient encore sur ce texte et il restait 144 pages à débattre, ce qui constituait un ensemble de 185 options. Parmi les points de débats, nous pouvions trouver les règles de transparence qui doivent rendre compte de quelle manière les pays progressent et respectent leurs engagements en matière de climat. Un autre problème résidait dans le fait qu’il allait falloir financer les dégradations causées par les catastrophes dues au réchauffement climatique. Il a fallu prolonger la COP d’une trentaine d’heures, pour que samedi à 22 heures, un terrain d’entente soit trouver. Dans le texte final, après certaines tensions, les pays négociateurs ont accepté la version finale du Rulebook et notamment des règles de transparence qui devraient être mise en œuvre d’ici 2024.

En revanche, le texte final prend très peu en considération les dommages irréversibles causés par le dérèglement climatique. De plus, le respect des droits humains a tout simplement disparu de la version finale, alors qu’il faisait partie des accords de Paris. Par ce fait, les peuples indigènes se sentent oubliés et voient dans le retrait des Etats Unis, et peut être même du Brésil, des accords de Paris, une véritable marche en arrière dans le climat. Le manque d’ambition en matière de réduction du réchauffement climatique est très marqué à la fin de cette COP. En effet, malgré le dernier rapport du GIEC, les négociateurs de la COP n’ont pas demandé d’en faire plus que ce qui avait déjà été décidé aux accords de Paris.

 

En résumé, la COP 24 a été caractérisée par une Union Européenne divisée, par un Président américain et un Président brésilien climatosceptiques et par un manque d’intérêt des chefs d’Etats. En effet, seule une trentaine de pays était représentée par des chefs d’Etats, la France n’ayant même pas de ministres pour la représenter à la fin de la COP. Ensuite, selon certains, la Pologne n’a pas assez joué son rôle de chef d’orchestre ce qui a nui au bon déroulement de cette 24ème conférence pour le climat. Nous pouvons quand même retenir que la COP est arrivée à mettre en place des lois pour appliquer les accords de Paris et que les finances en matière de climat ont globalement été revues à la hausse. L’objectif final a été atteint mais il n’y a eu ni plus, ni moins de décisions.

Commentaires (1)

Lamoureux Nicole
  • 1. Lamoureux Nicole | 23/12/2018
Quelle surprise!!!toutes mes félicitations!Je constate que tu es déjà bien engagée et convaincue,ça nous encourage à te suivre dans tes préoccupations sur le réchauffement climatique...
Mamie

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