L'Amazonie ou le récit d'un drame environnemental

Théo Alleaume, 10/09/2019


Ce n’est que depuis début juillet que le monde est au courant de l’incendie qui ravage la forêt Amazonienne, et pourtant ce dernier dure depuis le début d’année. 

 

Foret amazonienne

 

Petit coup d’oeil sur l’économie brésilienne ainsi que sur la politique de Jair Bolsonaro.

Avant de rentrer dans le vif du sujet, il est important de faire un point sur le fonctionnement de l’économie brésilienne. À ce jour, le Brésil est la neuvième puissance économique mondiale, doté d’un PIB avoisinant les 2000 milliards de dollars en 2017. Son économie est majoritairement basée sur son agriculture et notamment l’exploitation de canne à sucre, café, maïs, coton, etc… Afin de cultiver toutes ces ressources agricoles, les agriculteurs brésiliens défrichent les forêts environnantes et notamment l’Amazonie. Pour ce faire, ils ont recours à une technique très simple qui consiste à mettre le feu à une zone non-cultivée afin que le feu brûle la terre et que les cendres fertilisent le sol pour ensuite produire des denrées agricoles.

C’est d’ailleurs pour cela que Jair Bolsonaro, l’actuel président brésilien, fut élu en janvier 2019. En effet, étant pro-déforestation et voulant développer l’économie de son pays via l’agriculture, le taux de déforestation a donc augmenté de 39% par rapport à 2018. Le président a également parlé d’une diminution des territoires indigènes afin d’augmenter la taille des parcelles agricoles.  

 

Quelle est l’évolution de la déforestation ?

Vous l’aurez donc compris, la situation n’a eu de cesse d’empirer depuis l’élection de janvier. En effet, le nombre de kilomètres carrés d’espaces naturels déforestés a doublé par rapport à 2018. On estime à environ 6400 km² détruits cette année, contre “seulement” 3700km² en 2018, soit une augmentation de 91%. Certains experts estiment que l’on pourrait atteindre les 10.000 km² de forêts rasés. Le nombre de feux de forêts déclenchés s’élèvent à environ 80.000 depuis 8 mois. 

Cette déforestation est issue de l'initiative des agriculteurs qui défrichent afin de créer de nouvelles zones cultivables, ou encore des grands axes de voyages. Ces derniers permettent d’améliorer l’exploitation des terres. 

De nombreux incendies illégaux sont souvent déclenchés, mais sont moins punis par la loi, puisque le nombre de sanctions a diminué de 20% depuis le début d’année. Les brûlis étant le principal moyen d’action des agriculteurs, ces derniers ont voulu montrer leur dévouement mais surtout leur volonté de travailler pour le président. Le 10 août dernier fut donc organisé le “Jour du Feu”, une sorte d’entente entre 80 agriculteurs afin de faire un départ de feu massif dans la forêt nationale de Jamanxim. Cette dernière, réserve naturelle de plus 1,3 millions d’hectares, permet d’atteindre Terra do Meio, une zone de la forêt Amazonienne. Le jour J, le nombre de départs de feux recensés était de 124; ces derniers ont brûlé une grande partie de la zone, coupant ainsi la circulation par endroits ou brûlant des territoires urbains, notamment la ville d’Altamira.    

 

De graves conséquences environnementales.

Avec ses 5,5 millions de km², la forêt Amazonienne est la plus grande forêt tropicale au monde, connue pour son énorme biodiversité. Également appelée “Poumon de la Terre”, cette forêt produit 20% de l'oxygène que nous respirons; elle stocke également tout le carbone néfaste. Par conséquent, brûler cet amas de végétation luxuriante réduit le renouvellement de notre oxygène, mais cela libère également tout le carbone emprisonné dans l'atmosphère, augmentant ainsi les gaz à effet de serre. Gaz qui rendent la planète plus chaude, mais également plus sèche. Tous ces incendies ont d'autres conséquences comme par exemple le dérèglement des pluies. Ce dernier est un phénomène naturel qui agit sous forme de cycle; l'eau présente dans le sol s'évapore, crée des nuages et de la pluie qui retourne au sol et irrigue ce dernier. Par conséquent, moins il y a d'arbres, moins il y a de pluie. Toute cette déforestation a également un impact sur les villes brésiliennes environnantes, puisque le carbone rejeté dans l'atmosphère crée des nuages toxiques qui stagnent au-dessus des zones urbaines et représente un danger pour tous les habitants.

Selon la chercheuse Catherine Aubertin, le seuil critique de déforestation est atteint puisqu'il est de 20%; cela signifie qu'au-delà de ce seuil, la forêt Amazonienne aura de plus en plus de mal à assurer sa fonction de renouvellement de l'oxygène.

 

Une situation qui engendre des tensions internationales.

Déjà très controversé lors de son élection, le président Jair Bolsonaro est dès lors devenu une personnalité anti-écologie et privilégiant le développement de son pays plutôt que la survie de la planète. 

Depuis le début de cette crise, le président Emmanuel Macron est à couteaux tirés avec le président brésilien. Ce dernier, sur un post Facebook, a publiquement insulté la première dame Brigitte Macron, de même que son ministre de l’économie, Paulo Guedes en disant qu’elle était “vraiment moche”. Emmanuel Macron a immédiatement réagi à ces propos diffamatoires. Depuis, le ton est monté entre les deux hommes puisque le chef d’état a accusé M. Bolsonaro de lui avoir “menti” sur ses engagements écologiques. 

Afin de régler cette situation le plus rapidement possible, le G7 s’était réuni les 24-25-26 août dernier et il a finalement été convenu d’une aide d’environ 20 millions de dollars. Aide que Jair Bolsonaro a refusé tant que le président français ne s’était pas excusé pour ses propos calomnieux. 

La forêt Amazonienne s’étend sur neuf pays d’Amérique du Sud et vendredi dernier sept d’entre eux se sont réunis, dont le Brésil afin de signer le pacte de Leticia, accord qui définit des mesures de protection de la forêt comme par exemple la mise en place d’actions conjointes afin de lutter contre les différents fléaux qui ravagent cette zone. 

Des tensions économiques sont également apparues avec notamment la marque Suédoise H&M, qui a annoncé suspendre ses achats de cuir brésilien, mesure qui restera en place tant que des solutions n’auront pas été trouvées. 

 

Comme nous avons pu le voir, les incendies en Amazonie sont extrêmement graves et mettent en péril tout un écosystème ainsi que la survie de l’Homme. Des mesures vont donc devoir être prises le plus rapidement possible afin de pouvoir sauver ce qui peut encore l’être. 

L’heure n’est plus au développement interne du Brésil mais à la préservation de l’environnement et de notre planète. Ces derniers mois nous ont ouvert les yeux sur l’urgence de la situation, mais certains préfèrent être aveugles à cette dernière. 

 

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Date de dernière mise à jour : 10/09/2019