Coupe du Monde de rugby 2019: retour sur une belle édition

Théo Alleaume, 04/11/2019


“Toutes les bonnes choses ont une fin” selon l’adage populaire. C’est malheureusement le cas pour cette neuvième édition de la World Cup. Une belle compétition qui s’est achevée sur une finale déjouant pas mal de pronostics. Durant ces deux mois de rencontres entre les meilleures nations du monde, on en a vu de toutes les couleurs ; retour sur cette fête du rugby.

Trophee webb elis

Une finale étonnante

Ce match pour savoir qui de l’Angleterre ou de l’Afrique du Sud soulèverait le trophée William Webb Ellis (du nom de l’étudiant qui aurait inventé le rugby, en 1823), en aura surpris plus d’un et aura su déjoué bon nombres de pronostics. Avant d’en arriver là, les deux nations ont dû faire leurs preuves, que ce soit en phase de poules ou en phase finale. Les Anglais ont terminé premier de leur poule, devant l’équipe de France, mais avec un match en moins, celui contre l’équipe de France. Les Africains ont fini deuxième derrière la Nouvelle-Zélande, tenante du titre jusqu’à lors. C’est à partir des quarts de finale que les choses sérieuses ont commencé. Le XV de la Rose a facilement dominé l’Australie 40 à 16; les Sud Afs ont pris leur revanche sur les Japonais 26 à 3. Vinrent alors les demi-finale. L’Angleterre faisait face à un très gros morceau, à savoir la Nouvelle-Zélande. Et malgré cette montagne qui semble infranchissable, Owen Farrell et les siens les ont dominé, étouffé, pris à la gorge pour aller s’imposer 19 à 7, dans un match où les All Blacks n’ont pas vu le jour. De l’autre côté, les Sud Africains ont dû faire face à une vaillante équipe du Pays de Galles qui ne s’est pas rendu sans combattre; c’est après un match très rugueux que l’Afrique du Sud va décrocher son ticket pour la finale, sur un score de 19 à 16.
Vint enfin l’heure de la grande finale où l’issu du match semble déjà écrite. Et pourtant, contre toute attente, l’Angleterre va complètement déjouée, étouffée sous les assauts Sud Africains, qui semblaient omniprésents sur le terrain. Dominés en mêlée, en touche, dans les phases de jeu, les rucks, dès que les Anglais tentaient quelque chose, les joueurs de Johan Erasmus semblaient l’avoir anticipé, tant leur présence dans les moindres phases de jeu étaient impressionnante. Au départ, on assistait à un duel de buteur entre Pollard (AfS) et Farrell (ANG); il aura fallu attendre la 66’ pour que Mapimpi plante le premier essai du match, après un beau jeu au pied par dessus la défense anglais. C’est ensuite Kolbe qui va éteindre les derniers espoirs de ces adversaires du jour, à la 74’. Les Springboks soulèvent donc leur troisième Coupe du Monde, sur un score sans appel 32 à 12. Ils rejoignent ainsi la Nouvelle-Zélande, avec ce troisième sacre. Quant aux Anglais, ils échouent une nouvelle fois en finale, comme en 2007, également contre l’Afrique du Sud.

Une belle édition avec quelques couacs

Commençons par le négatif. Le plus gros problème de cette édition reste la gestion de la tempête qui a frappé le Japon durant la phase de poule. Organiser une Coupe du Monde dans un pays où le rugby est en plein développement est une bonne idée ; la faire dans une période propice aux typhons et autres tempêtes est une moins bonne idée. Il a donc fallu annuler plusieurs matchs, notamment le "crunch" (surnom du match France-Angleterre), ou encore Italie - Nouvelle-Zélande, qui aurait pu permettre aux Italiens d'avoir une chance de jouer les quarts de finale. World Rugby a pris une mauvaise décision qui a eu des conséquences, et les a fait passer pour des incompétents. Sans plan B, ces matchs ont gâché une partie de la fête.

Cependant, si l'on oublie ce petit couac, le reste de la compétition fut beau à voir. Commençons par le pays organisateur, le Japon. En plus de réaliser une incroyable Coupe, en passant en quarts de finale pour la première fois de leur histoire, les Nippons ont su se mettre à l'honneur. Que ce soit dans l'organisation où les joueurs ont pu découvrir le pays et ces habitants par différents ateliers et rencontres avec les locaux, en passant par le public qui a répondu présent à tous les matchs et qui a fait preuve d'un incroyable fair-play et de beaucoup de respect, jusqu'aux joueurs eux-mêmes qui ont éclaboussé le tournoi de leur talent, en proposant un rugby frais et spectacle, tout était parfait.

Les autres équipes ne sont pas en reste. Nous allons rendre hommage aux plus petites nations. Que ce soit les États-Unis, la Namibie ou encore l'Uruguay, chacunes de ces équipes a profité de son moment et de l'ampleur du tournoi pour montrer ce qu'elle avait dans le ventre. L'écart avec les grandes nations est toujours important, cependant il commence à se réduire et ces plus petites équipes, à l'avenir, ne manqueront pas de répondant. 

Pour ce qui est du top 8 de cette édition 2019, rien d'étonnant. On retrouve les meilleures nations du Nord et du Sud, comme souvent. Le rugby de l'hémisphère Sud va encore dominer les débats pendants quelques temps encore. 

Et l'équipe de France dans tout ça ?

À sa place. Elle a montré tout ce qu'elle avait, c'est à dire un jeu qui a du mal a se construire, une charnière (appellation des postes 9 et 10) qui change tout le temps, des joueurs qui fatiguent et des jeunes qui en veulent. Nous sommes allés en quart de finale, on aurait pu passer en demi-finale mais il faut se rendre à l'évidence, on a fait tout ce qu'on a pu. De toute évidence, l'écart générationnel s'est fait sentir, et une nouvelle génération va prendre la relève. Ces jeunes qui arrivent vont changer les choses pour la prochaine fois, mais il faut aussi que les dirigeants prennent les bonnes décisions et mettent un staff compétent. Rendons une dernière fois hommage à cette génération qui tire sa révérence, et saluons la relève qui, nous l'espérons, rendra grâce au Rugby Français qui nous a fait vibrer plus d'une fois

Si je devais résumer ce grand tournoi, je dirais que le rugby fut mis à l'honneur, que le respect et le beau jeu étaient les maîtres mots. Beaucoup de grandes figures prennent leur retraite internationale, tous de grands joueurs qui ont porté haut les valeurs de ce formidable sport qu'est le rugby. Saluons-les, célébrons ce beau spectacle que fut cette Coupe du Monde et rendez-vous dans quatre ans, en 2023, en France.

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Date de dernière mise à jour : 04/11/2019