Euro de Hand 2020 : un petit tour et puis s’en va

Théo Alleaume, 13/01/2020


Peu de temps avant l’Euro, nous avions pu assister à deux rencontres de Golden League, une contre la Serbie, l’autre contre le Danemark. Les Bleus se sont facilement imposés contre les Serbes 40 à 26.  En revanche, les champions du monde danois nous ont posé plus de problèmes. C’est donc tout logiquement que l’Equipe de France s’est inclinée 30 à 31. De ce fait, cet Euro était un bon test pour voir comment cette équipe allait s’en sortir  face aux grosses nations européennes, à quelques mois des Jeux Olympiques.
Hand euro 2021

(Il est bien loin le temps des titres pour l’équipe de France)

Une entrée en compétition décevante

Dans le groupe des Bleus, on retrouvait donc trois équipes : le Portugal, la Norvège et la Bosnie-Herzégovine (1ère participation). Pour leur premier match, leur adversaire était le Portugal, qui les avait déjà battu l’an dernier (33-27), chez eux, en qualificatifs de l’Euro 2020. Les Bleus avaient donc une idée de la manière dont jouaient les Portugais et comment pallier notre manque d’implication, offensive comme défensive. Et pourtant, une fois de plus, le jeu portugais nous a muselé pendant 60 minutes. Le match avait plutôt bien commencé avec deux belles parades de Vincent Gérard et ensuite, les Bleus avaient viré en tête avec trois buts d’avance. Et c’est à partir de la 19ème minute que le mal était fait ; les Portugais ont ajusté la mire, et leur jeu, tandis que les Français ont enchaîné les pertes de balle et les erreurs défensives. Les Bleus sont rentrés aux vestiaires avec un but de retard, ce qui n’était pas cher payé. Et dès le début de la deuxième période, les Portugais vont continuer sur leur bonne lancée, bien aidé par leur gardien Quintana. Dès lors, plus rien ne permettra aux Experts de recoller au score (25-28). Passifs en attaque, mous en défense, avec des gardiens en manque de réussite, cette soirée restera longtemps un mauvais souvenir.

La victoire ou rien

Après ce cuisant échec, il fallait absolument rebondir et gagner avec 4 buts d’écart au minimum. Pour cela, il fallait battre la Norvège, adversaire coriace et qui évoluait à domicile. Guillaume Gille, membre du staff des Bleus, disait alors de son équipe “On a déjà un pied dans l’avion” , autant dire que la pression sur les épaules françaises était plus que palpable. Et pourtant, les Bleus ont donné l’impression de découvrir le handball. Inconsistants dans le premier quart d’heure, les Norvégiens ont aisément pris l’avantage (4-7). Bien aidé par un Sander Sagosen en feu. L’arrière gauche aura été un véritable poison pour la défense tricolore (10 buts, 1 jet de 7 mètres). Avec 6 pertes de balles en 12 minutes, les Bleus ne se sont pas rendus les choses faciles ; cependant, les hommes de Didier Dinart se sont réveillés, en défense comme en attaque, avec notamment Luc Abalo et Ludovic Fabregas, homme du match (8 buts). Le score était à l’avantage des Bleus au retour des vestiaires (15-14), ces derniers avaient réussi à se donner un peu d’avance (18-15). Puis, les Norvégiens se sont montrés beaucoup plus conquérants en attaque et ont profité de beaucoup d’erreurs et de pertes de balle pour recoller au score. En plus de Sagosen, un autre Norvégien nous a fait beaucoup de mal : le gardien Torbjoern Bergerud (16 arrêts/41 tirs). Tous ces éléments mis bout à bout ont permis aux Norvégiens de s’imposer (26-28) et de nous mettre le deuxième pied dans l’avion, direction Paris. 

Que faire pour arrêter l’hémorragie ?

Tout d’abord, il nous reste encore un match contre la Bosnie, pour essayer de se rassurer un petit peu. Ensuite, du 16 au 19 avril prochain, se tiendra un TQO (Tournoi de Qualification Olympique) à l’Accord Hotels Arena de Paris, dernière chance pour les Experts d’assurer une place aux Jeux Olympiques de Tokyo. Si malgré cela, les Bleus ne passent pas, il faudra se rendre à l’évidence, le temps où l’on marchait sur le monde est révolu, il va donc falloir faire des choix, remplacer des joueurs, instaurer de nouvelles tactiques, voir faire un changement de staff complet. Le handball français n'impressionne plus autant qu’avant, quelque chose lui manque, mais quoi ?

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