L’assistance vidéo à l’arbitrage, une innovation nocive

Louis Lesueur, 29/04/2019


L'assistance vidéo à l'arbitrage, intronisée ces dernières saisons à la Coupe du monde, les différents championnats nationaux ou compétitions européennes, ne cesse de faire parler. Malgré ses nombreux soutiens, son utilisation est critiquable.

 

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L’assistance vidéo à l’arbitrage, utilisée depuis trois ans, peine à faire ses preuves

Alors que commencent les demi-finales de Ligue des champions, avec au programme Liverpool-Barcelone et Ajax Amsterdam-Tottenham, les supporters de Manchester City continueront de ruminer, deux semaines après leur victoire fabuleuse mais insuffisante (4-3) face à Tottenham. Ils se remémoreront sans doute cette quatre-vingt-treizième minute et ce but refusé à Sterlingaprès le recours au VAR et des célébrations déjà bien entamées. Mais cette technologie fait désormais partie intégrante du football moderne alors il faut s’y habituer.

Le VAR ou la VAR, une entente sur le genre de cet acronyme est déjà un débat mais c’est loin d’être la seule controverse concernant ce sujet. Utilisée pour la première fois en décembre 2016, l’assistance vidéo à l’arbitrage doit aider l’arbitre dans quatre cas précis : les penaltys, les actions de but, l’identification d’un joueur pour une faute, les cartons rouges. Il est vrai que cette science apporte, parfois, une aide non négligeable à l’arbitre. Mais malgré ce fait avéré, le VAR reste avant tout une avancée néfaste pour le football, aussi bien pour les joueurs que pour les supporters.

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Le compte Twitter de Manchester City est devenu fou après le recours à la VAR contre Tottenham

La VAR ajoute de l’injustice à l’injustice

Comme énoncé, le VAR doit aider l’arbitre dans ses décisions, lui ôter le doute et réduire les erreurs d’arbitrage, en soi. Mais, ce n’est pas tout le temps le cas, et c’est loin de l’être. Programmée pour réduire les injustices, la VAR ajoute de l’injustice à l’injustice. De nombreuses situations viennent à le prouver. L’arbitrage vidéo soutient donc parfois des décisions injustes, fausses. De plus, le VAR a changé la façon de jouer des équipes et surtout des défenseurs, ces derniers sachant que la moindre main, même involontaire ou peu décollée du corps, peut être sifflée après visionnage de la vidéo. De plus, concernant les fautes de main ou certaines fautes, l’arbitre central, même si la décision finale lui revient, est mis de côté au profit des arbitres vidéo. Les erreurs ne sont donc pas moins nombreuses, elles ne sont juste plus l’œuvre de la même personne. Auparavant à l’appréciation de l’arbitre, les fautes sont désormais jugées par l’appréciation des arbitres vidéo. L’humain reste au centre, la vidéo permet de visionner les ralentis mais la décision reste une interprétation humaine, et donc subjective.

Le football pourrait mourir à petit feu

La VAR retarde la décision à défaut de la rendre meilleure. Retarder, car plus de personnes se questionnent sur la décision à prendre. Retarder surtout car le VAR coupe le jeu, le rythme du match, pendant un temps parfois très long, des minutes qui semblent une éternité pour les vingt deux acteurs, les entraîneurs et les supporters. Désormais, les buts sont parfois célébrés à rebours, ou même pas célébrés du tout. Finies les explosions de joie des attaquants au terme d’une belle action collective, désormais les héros doivent attendre l’analyse d’un possible hors-jeu sur l’avant dernière passe ou d’une possible faute au début de l’action. Les émotions sont retardées voire tuées. L’intérêt de ce sport en prend un coup. Reconnu pour les émotions qu’il peut procurer -ce qui en fait le sport le plus populaire au monde-, le (vrai) football pourrait mourir à petit feu à cause d’une technologie, censée l’aider et lui permettre d’avancer. Un paradoxe qui fait parler et continuera à jamais de le faire.

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Date de dernière mise à jour : 29/04/2019