La sécurité en Formule 1 : Une sûreté « poly-techniques »

Maxime Freulet, le 20/09/2019


Samedi 31 Août, à 18h35, la terrible nouvelle tombe. Anthoine Hubert, victime d’un terrible crash lors du grand prix de Formule 2 au circuit de Spa-Francorchamps, vient de succomber des suites de ses blessures. 5 ans après Jules Bianchi, la communauté du sport automobile perd donc à nouveau un de ses prodiges. Pourtant, si on remonte 50 ans en arrière, une saison complète de Formule 1 pouvait être marquée par deux morts sur une seule et même course ! Alors au fond, le sport automobile est-il vraiment raisonnable et sécurisé ? Ne faut-il pas être fou pour rouler à plus de 300km/h en risquant sa vie à chaque grand-prix ? Oui, sans aucun doute, mais c’est ça qui fait la beauté et l’attrait de ce sport.  

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Des accidents mortels dans le sport automobile, il y’en a eu et malheureusement, il y’en aura certainement d’autres. Mais au lieu d’être pessimiste, il faut avant tout souligner les avancées qu’il y’a eu sur le plan de la sécurité des pilotes, des monoplaces et des circuits de Formule 1 au cours de ces dernières années.

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Ferrari SF90 (2019)

Pour commencer, une comparaison vaut mieux qu’un grand discours. Entre 1960 et 1979, 23 pilotes de formule 1 ont perdu la vie, contre « seulement » 2 entre 2000 et 2019. Logiquement, on pourrait en déduire que le progrès et la technologie des dernières monoplaces n’y est pas pour rien. Après tout ce n’est pas faux, mais c’est tout de même assez réducteur. La diminution des accidents mortels repose avant tout sur un ensemble de progrès. Certes, et on ne peut pas le nier, la technologie atteinte par les constructeurs de monoplaces en terme de sécurité pour leurs pilotes est parvenue à un tel progrès que l’on peut se demander comment de jeunes talents peuvent encore trouver la mort lors d’un grand prix. De la coque en carbone ultra légère, robuste et sûre depuis le début des années 80 au fameux Halo en 2018, les formule 1 sont devenues de plus en plus sécurisées. Dans les années 60, à titre d’exemple, certains réservoirs d’essence fuyaient dans l’habitacle de certaines monoplaces ! À ce jour, on a encore frôlé plusieurs fois le drame avec des accidents spectaculaires comme le crash de Fernando Alonso au GP d’Australie 2016 ou de Marcus Ericsson à Monza en 2018, mais dans chacun de ces cas, la sécurité des monoplaces leur a permis de s’en sortir sans presque une seule égratignure. 

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Lotus 33 (1965)

De plus, et en parallèle des Formule 1 elles-mêmes, les circuits se sont également modernisés pour répondre aux dernières règlementations de la FIA (Fédération Internationale de l’Automobile). Goudronnés, plus larges et parfois même modifiés au niveau de leur tracé, ils sont désormais très bien équipé pour empêcher que le pire ne se produise. Les vieilles barrières de sécurité sont de plus en plus rares et laissent leur place au nouveau système « Techpro » qui permet de répartir l’énergie d’un impact sur l’ensemble d’un bloc de barrière souple en polyéthylène. Un tel dispositif aurait pu, par exemple, éviter la mort du regretté Ayrton Senna lors du Grand prix d’Imola en 1994. 

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Circuit Paul-Ricard (GP de France)

Enfin, on peut également souligner l’évolution de l’équipement pour les pilotes. Des casques soumis à des normes très strictes, aux combinaisons ignifugées et anti feux en passant par le système Hans qui permet un support de la tête et du cou pour empêcher aux pilotes de se faire le coup du lapin, les équipements de sécurité pour les pilotes ont eux aussi énormément évolués.

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Valtteri Bottas (2017)

Rendez-vous compte, à titre de comparaison encore une fois, certains pilotes conduisaient en simple chemise dans les années 50 et la ceinture de sécurité dans les formule 1 n’était même pas encore obligatoire dans les années 60 !

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Dan Gurney (1965)

Premièrement, et même si nous sommes jamais prêts à le vivre, le sport automobile est un sport dangereux ou le risque zéro n’existe pas. Deuxièmement, et c’est une contradiction, le goudronnage des circuits peut inciter les pilotes à tutoyer encore un peu plus les limites et crée un faux sentiment de sécurité. Ils possèdent désormais une deuxième chance et cela peut les pousser à prendre tous les risques sans terminer leur course dans un bac à gravier. Troisièmement, même si les monoplaces sont plus sécurisées, elles sont également bien plus performantes. Enfin, et même si c’est le cas depuis longtemps, les pilotes de Formule 1 sont à mi-chemin entre le courage et l’inconscience. Héroïques, déterminés et courageux, les superlatifs ne manquent pas quand il faut définir un pilote de Formule 1. Pour autant, leur audace et leur courage ne doit pas tomber dans l’inconscience comme cela a été le cas lors du dernier Grand Prix de Monza avec un comportement dangereux ou même irresponsable de la part de Sebastian Vettel.

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 L’évolution des Formule 1 de la Scuderia Ferrari (de 1949 à 2001)

La question de la sécurité en formule 1 est un débat de longue date. Que l’on soit adepte ou non du « c’était mieux avant », il faut tout de même admettre que l’évolution de la sécurité en sport automobile a permis de sauver de nombreuses vies au cours de ces 20 dernières années. Et ça, ce n’est pas rien...!

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