Mondiaux de Doha: les jeux sont faits, rien ne va plus

Théo Alleaume, 14/10/2019


Pour cette 17ème édition des mondiaux d’athlétisme, c’est la capitale qatarie qui accueillait les 49 épreuves, dont le relai mixte 4x400m. Ce n'était donc pas moins de 2000 athlètes, venu des quatre coins du monde, qui allaient s’affronter pendant un peu plus d’une semaine d’épreuves (27 septembre - 6 octobre). On retrouvait évidemment l’équipe de France, menée par des sportifs comme Kevin Mayer (décathlon) ou encore Alexandra Tavernier (lancer de marteau).

Khalifa international stadium 1

(Le Khalifa International Stadium, lieu où se déroulait les mondiaux)

La débâcle française

Le terme paraît un peu fort, mais avec seulement 2 médailles remportées, il est tout à fait approprié. Seul Pascal Martinot-Lagarde (110 m haies, 3ème) et Quentin Bigot (lancer de marteau, 2ème) se sont hissés sur le podium. Pour le reste, ces mondiaux sont les troisièmes plus mauvais de l’histoire du sport français, en terme de médailles. Deux mondiaux sans médailles (1983 et 1993) et deux simples médailles de bronze en 2015, Doha est une très mauvaise cuvée. Grosse désillusion, notamment pour Yohann Diniz (50 km marche) qui a abandonné au 16è kilomètre. On peut aussi penser à Pierre-Ambroise Bosse (800 m), dernier de sa demi-finale. Chez les femmes, Mélina Robert-Michon (lancer de disque) n’a pas réussi à aller au-delà de la 10ème place, lors de la finale.
Une question nous vient à l’esprit : à un peu moins d’un an des JO de Tokyo (24 juillet - 9 août), comment l’équipe de France va-t-elle rebondir ?
Les athlètes français, qui terminent donc à la 24ème place de ces championnats, rentrent avec une certaine amertume et beaucoup de questions en tête.

Une dominance habituelle

Depuis la création de cette compétition internationale en 1983, les États-Unis ne sont jamais descendus du podium. Cela fait donc 17 éditions qu’ils assoient leur domination sur le reste du monde. Avec 381 médailles, c’est également l’équipe la plus titrée, loin devant le Kenya et la Russie (151 médailles chacun). Leur règne sans partage n’a pas fait défaut sur cette édition 2019, avec 29 médailles, dont 14 en or.
Comme on ne refait pas l’histoire, Jamaïque et Kenya finissent avec le même total: 11 médailles chacun. 

Ces trois équipes se partagent l’hégémonie des épreuves de piste: le 100m, avec Christian Coleman (USA) et Shelly-Ann Fraser-Pryce (Jamaïque); les Kenyans, quant à eux, règnent sans partage sur le 3000 m steeple avec Conseslus Kipruto chez les hommes et Beatrice Chepkoech chez les femmes. 

Des conditions plus que dures

Vous l’aurez deviné, organiser une compétition sportive internationale dans un pays où la température moyenne oscille entre 30° et 40° dans la journée, ce n’est pas une bonne idée. La plupart des épreuves étaient donc organisées le soir, lorsque la température est plus clémente ; cependant, des épreuves étaient tout de même organisées dans la journée comme le 50 km marche hommes. Épreuve fétiche de Yohann Diniz, le français a été contraint d’abandonner au 16ème kilomètre à cause des conditions; le français s’est exprimé au micro de France Télévisions: “Je suis déçu de ne pas pouvoir lutter, de ne pas avoir les armes, je suis ‘out’, j’ai tout donné (...) j’étais concentré, j’étais bien pour cette compétition. Mais je ne m’attendais pas à une telle extrémité du climat. Chez moi je me suis entraîné dans une chambre thermique à 40 degrés pendant 6 jours, puis j’ai eu des problèmes au niveau du ventre dans ces conditions”.
Le marathon féminin a lui aussi souffert de ce climat suffocant, avec 28 abandons (68 coureuses sur la ligne de départ). Plusieurs athlètes ont dû être suivies par des médecins dans les plus brefs délais, d’autres ont terminé sur des fauteuils roulants. Le décathlonien Kévin Mayer s’est lui aussi exprimé vis-à-vis des conditions météorologiques: "On voit tous que c'est une catastrophe, qu'il n'y a personne dans les tribunes. La chaleur n'est pas du tout adaptée. C'est triste."

Autre conséquence de cette chaleur, c’est l’utilisation abusive de l’air conditionné. Le Khalifa International Stadium, dont la capacité d’accueil est de 40.000 places, est entièrement climatisé. Ce qui entraîne des débauches d’énergie énorme pour fournir le stade entier. En plus d’être mauvais pour l’environnement, c’est également très mauvais pour la santé ; imaginez passer du chaud au froid constamment, cela a de très mauvais effet sur vos bronches. 

Au final, on ne retiendra malheureusement que les points négatifs de ce mondial à savoir mauvaises performances et polémiques. On va donc oublier ces mondiaux et se concentrer sur les jeux de Tokyo, en espérant voir l’équipe de France se hisser sur la plus haute marche du podium.

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Date de dernière mise à jour : 14/10/2019