Morgan Parra, carrière paradoxale pour un joueur paranormal

Louis Lesueur, 26/06/2019


Blessé depuis la finale de Challenge Européen et donc absent de la finale de TOP 14, Morgan Parra a appris mardi dernier qu’il n’était pas retenu pour la Coupe du monde au Japon. Parra chute.

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Morgan Parra, demi de mêlée de Clermont

Clermont n’avait jamais battu Toulouse en finale de TOP 14 (quatre défaites) avant la nouvelle victoire Rouge et Noire de samedi dernier. Côté clermontois, le jeu était laissé aux mains et aux pieds de Laidlaw, le capitaine expérimenté de l’équipe d’Ecosse. En charge de l’animation offensive des Jaunards, le demi de mêlée de trente-quatre ans a failli (note de 3 dans l’Equipe le lendemain), peu en réussite, hormis dans ses tentatives de pénalité. En tribune, Morgan Parra, titulaire habituel, suivait le match la cheville paralysée, depuis un mois maintenant. Quatre jours après cette finale, le Français a subi une nouvelle désillusion en apprenant sa non-sélection pour la Coupe du monde à venir à l’automne prochain au Japon. En plus de sa blessure à la cheville, Parra est désormais envahi de maux de tête : besoin de paracétamol.

Pourtant, tout avait si bien commencé dans la carrière de Morgan. Né à Metz, et formé dans le club de sa ville dans lequel il joue pendant dix ans, Parra quitte sa ville pour Dijon où il reste deux ans avant de faire le grand saut et rejoindre Bourgoin-Jallieu, alors en TOP 14, changement de paradigme. Après quatre ans au club, une soixantaine de matchs au club, l’apprentissage des matchs à enjeu en Coupe d’Europe et des premières sélections avec le XV de France, le Messin rejoint Clermont à vingt ans à l’été 2009. Paradoxalement, il s’impose assez rapidement en club malgré la forte concurrence du titulaire jusque là, Pierre Mignoni. Ses bonnes performances lui offrent en parallèle une place en équipe de France pour le Tournoi des Six Nations 2010. Titulaire, il y remporte son premier titre, accompagné d’un Grand Chelem. Cette année 2010 est déjà celle de la consécration, avec un titre de champion de France, le premier pour les Auvergnats, dont les supporters commençaient à souffrir de paranoïa, après dix finales perdues dont les trois précédentes (2007,2008,2009). Le demi de mêlée explosif excelle dans le jeu clermontois et français. Ses courses folles, ses passes paraboliques et son jeu au pied précis en font un joueur important en club et avec son pays. La preuve en est avec cette Coupe du monde 2011, Parra est l’un des joueurs majeurs de l’Equipe de France jusqu’à la finale. Sa sortie sur blessure en début de match suite à un choc avec McCaw est préjudiciable aux Bleus et peut laisser des regrets, lui qui dictait parfaitement le jeu français tout au long de la compétition, presque paranormal pour un joueur de vingt-et-un ans. Ces années 2010 et 2011 sont déjà l’apogée de la carrière, un paradis qu’il ne retrouvera que ponctuellement. S’en suivent des années en dent de scie entre blessures, victoires et déconvenues : du parapluie au parasol, Parra joue dans la pluie et le beau temps. Les finales s’enchaînent en Coupe d’Europe (2013, 2015, 2017) et en TOP 14 (2015, 2017, 2019) , mais les défaites également (5 contre une seule victoire aux championnats de France en 2017). Néanmoins, les saisons s’enchaînent et Morgan devient un élément indispensable en club, le paratonnerre prêt à sauver et aider ses jeunes coéquipiers. Mais, en Equipe de France, le demi de mêlée est écarté par Guy Noves en 2015 après la Coupe du monde et la lourde défaite en quarts contre les All Blacks à laquelle il prend part, un parasite qui ne revoit la sélection qu’avec Jacques Brunel, avant donc la suite que nous connaissons et une absence au Japon.

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Date de dernière mise à jour : 26/06/2019