Murielle Ahouré espère « continuer à inspirer tout un continent »

Louis Lesueur, 17/07/2019


Murielle Ahouré courait hier soir au Meeting de Sotteville. Lundi, elle se confiait sur ses objectifs et les Mondiaux à venir mais aussi sur sa vie après sa retraite sportive.

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Murielle Ahouré a pris la deuxième place du 100m à Sotteville

Après avoir vécu deux ans à Rouen, après également deux participations au meeting de Sotteville et après encore deux médailles aux championnats du monde outdoor (Argent sur 100m et 200m en 2013), Murielle Ahouré a préparé à Sotteville les prochains mondiaux de Doha (Qatar) avec une deuxième place sur 100m en 11"23. - les minimas étaient déjà assurées lors de sa première course à Boston. L’Ivoirienne a répondu à nos questions la veille de cette compétition, toujours avec le sourire.

Comment vous sentez-vous à deux mois des championnats du monde ?

« Je me sens super bien et j’en suis très contente. Mon objectif est de bien figurer aux Mondiaux (Doha, Qatar). Sotteville est la deuxième course depuis ma reprise. »

Quel est votre objectif à Doha ? Le podium comme en 2013 ou le titre ?

«  Bien sûr, un titre. Tout le monde s’entraîne pour remporter un titre, personne ne s’entraîne pour être deuxième ou troisième. Personnellement, je m’entraîne dur pour avoir ce titre. »

Vous avez été la première ivoirienne et même la première africaine médaillée mondiale sur le sprint. Qu’est-ce que cela fait de représenter son pays et son continent ?

«  C’est formidable, c’est énorme. Un immense honneur. J’espère pouvoir continuer à inspirer toute une génération et tout un continent. Je remercie tout le monde pour leur soutien. »

Une fierté plus qu’une pression alors ?

«  Bien sûr une fierté. Courir avec l’Afrique et la Côte d’Ivoire sur les épaules n’est pas une pression parce que je sais que c’est toujours gentil, avec des prières, de l’espoir… Ils seront contents que je gagne ou pas. »

Cette année est votre troisième participation au Meeting de Sotteville. En 2013, après cette compétition vous remportez deux médailles aux championnats du monde. C’est votre meeting porte bonheur.

«  Oui tout à fait c’est mon meeting porte chance. En 2013, je remporte deux médailles et l’année dernière je remporte la Ligue de Diamant. Cette année, on croise les doigts. Jamais deux sans trois comme on dit donc j’espère que ça me portera chance et que je deviendrai la première femme africaine championne du monde du 100m. »

La prochaine échéance après ces Mondiaux sont les Jeux Olympiques. Qu’est-ce que cette compétition représente pour vous ?

«  C’est le sommet du sport. Le 100m aux Jeux Olympiques tout le monde est devant sa télé donc c’est vraiment un honneur de représenter l’Afrique lors de cet événement immense. Partout dans le monde, les gens voient et comprennent ce que c’est. »

Vous avez plusieurs fois dit qu’après ces Jeux Olympiques vous prendrez votre retraite. Est-ce une idée qui reste assez vague ou une vraie décision ?

«  J’ai pratiquement eu toutes les médailles que je voulais sauf une médaille olympique donc une fois cette médaille remportée, je serais très contente de moi et je pourrais commencer à faire autre chose. Mais peut être aussi que sûrement, si je remporte cette médaille, je ferais une année encore après, un peu plus tranquille, plus relax et sans pression de résultat. Faire un tour dans tous les endroits pour dire au-revoir et merci à tous les gens qui m’ont supporté partout. »

En tant que francophone, les Jeux Olympiques de Paris 2024, vous n’y pensez pas du tout ?

«  Pour l’instant non. D’abord Tokyo et on verra. Ce serait super si c’était Paris 2020 (rires) mais là c’est un peu loin. »

Pour revenir à votre retraite, qu’allez-vous faire ? Privilégier votre fondation ?

«  Oui et je travaille beaucoup avec l’Unicef. J’ai tellement de choses à faire, j’ai hâte de pouvoir m’y mettre à 100 %. Pour le moment, je le fais quand je peux, juste après l’entraînement. »

Mais tout cela resterait en rapport avec l’athlétisme.

«  Oui toujours. L’éducation d’abord notamment celle des jeunes filles en Côte d’Ivoire. Je voudrais faire changer les mentalités mais pour cela j’ai besoin de temps pour essayer de toucher le plus d’endroits dans le besoin. »

De plus, vos performances aident déjà et font de vous un modèle.

«  Effectivement. Quand je vais dans des villages, je leur parle de mon parcours, de mon histoire, comment je suis arrivé à l’athlétisme. Je n’avais pas d’ami après mon déménagement. A l’école, on m’a dit de faire du sport pour me faire des amis. C’est par l’éducation que j’ai découvert l’athlétisme, parce que mes parents m’ont mis à l’école. C’est une base nécessaire et pour moi, c’est important de redonner cela à la jeunesse ivoirienne. »

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Date de dernière mise à jour : 17/07/2019