Open d’Australie, la magie du pays d’Oz

Théo Troude, 04/02/2019


L’État-continent porte bien son surnom. Il était une fois l’Open d’Australie 2019, entre nouveautés, miracles et légendes. Du super tie-break à l’hégémonie de Novak Djokovic, en passant par la surprise Lucas Pouille, la première levée du Grand Chelem fut fantastique. Un grand cru à Melbourne Park, au niveau du jeu comme de l’émotion, qui aura également vu l’avènement de la NextGen, les futurs rois du tennis. Retour sur cet opus homérique.

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Lucas Pouille, la belle histoire française de cet Open d'Australie

L’histoire retiendra que des Français ont inauguré le super tie-break en tournoi majeur. Dès le premier tour, Jérémy Chardy élimine l’espoir Ugo Humbert 10 points à 6. L’histoire retiendra surtout Andy Murray. Avant son premier tour face à Roberto Bautista-Agut, le Britannique, jamais remis d’une blessure à la hanche, l’annonce : « il est possible que ce soit mon dernier tournoi ». Après être revenu à 2 manches partout, le triple vainqueur de Grand Chelem s’incline et émeut ses compères.

Mais les favoris du simple hommes n’auront pas le temps de se complaindre. Dès le 2ème tour, l’Américain Frances Tiafoe crée la surprise en éliminant le finaliste du dernier US Open et tête de série numéro 5, le Sud-Africain Kevin Anderson. À domicile, l’Australien de 19 ans Alexei Popyrin lui emboîte le pas en écartant Dominic Thiem, finaliste de Roland-Garros 2018, également au 2ème tour. Popyrin, artisan bien malgré lui, au tour suivant, du déclic mental de Lucas Pouille. Le numéro 1 français, qui n’avait jamais passé un tour en 5 ans à Melbourne, bat successivement Kukushkin puis Marterer avant de se présenter face au local de l’étape. Menant 2 manches à rien, on croit soudain le Nordiste rattrapé par ses démons lorsque le public australien aide son poulain à emmener le Français dans le 5ème set. Finalement, Pouille s’impose 6-3 et gagne le droit d’affronter Borna Coric en 8èmes de finale, tombeur de l’équipe de France en finale de Coupe Davis. Pourtant favori, le Croate n’aura aucune ouverture face à Pouille, qui s’impose en 4 sets. Au programme en quarts de finale, la montagne canadienne Milos Raonic (1,96 m, 98 kg), qui vient d’atomiser le vainqueur du Masters de Londres et 4ème mondial, Alexander Zverev. Sur le papier, aucune chance. Mais dans les faits, Lucas Pouille sort le match parfait, notamment au retour, pour gagner son 5ème match de la quinzaine. Pour la première fois de sa carrière, à 24 ans, le natif de Grande-Synthe rejoint les demi-finales d’un Grand Chelem.

Une première aussi pour Stéfanos Tsitsipás, qui rejoint les demies au terme d’un parcours épique. En huitièmes, il élimine son idole Roger Federer au cours du match du tournoi, en 5 manches et près de 4h de jeu. Un exploit majuscule pour le Grec de 20 ans, désormais 12ème mondial. Le principal intéressé le dit lui-même, « Le vrai défi, après Federer, c’était de confirmer ». C’est chose faite en quarts de finale, suite à une victoire convaincante face à Roberto Bautista-Agut.

Mais pour les deux novices à ce niveau, la marche sera trop haute ensuite. Respectivement face à Novak Djokovic et Rafael Nadal, numéro 1 et numéro 2 mondiaux, Lucas Pouille et Stéfanos Tsitsipás sont balayés en 3 petites manches. Une leçon pour l’avenir pour Tsitsipás, leader d’une nouvelle génération en forme en Australie.

L’histoire pensait sûrement avoir à retenir une finale d’anthologie entre les deux monstres actuels du tennis. Finalement, le Serbe numéro 1 mondial est passé en mode rouleau compresseur pour écraser l’Espagnol en 3 manches (6-3 6-2 6-3) et à peine 2h de jeu. Une humiliation, et une 5ème finale perdue en 6 disputées pour Rafael Nadal.

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Ici en 2011, Novak Djokovic compte désormais sept titres à Melbourne, un record

Chez les dames, pas de miracle tricolore. Seule française au 3ème tour, la numéro 1 française Caroline Garcia est retombée dans ses travers, s’inclinant face à l’Américaine Danielle Collins (6-3 6-2) en 1h de jeu à peine. Au cours d’un tournoi exceptionnel, Naomi Osaka et la revenante tchèque Petra Kvitova ont su tirer leur épingle du jeu. Finalement, la Japonaise s’impose et remporte son deuxième titre du Grand Chelem après l’US Open 2018.

Hormis Lucas Pouille, c’est donc un bilan français bien triste en simple, puisque les autres têtes d’affiche tricolores n’ont pas passé le 2ème tour. Seul réconfort, le titre en double hommes de Pierre-Hugues Herbert et Nicolas Mahut, 4ème paire à réaliser le Grand Chelem en carrière. À noter également, la finale en double mixte de Kristina Mladenovic, aux côtés de Timea Babos. Les Français devront faire bien mieux à Roland-Garros, dans moins de quatre mois.

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Date de dernière mise à jour : 04/02/2019