Un tournoi à oublier

Théo Alleaume, 25/03/2019


À quelques mois de la Coupe du Monde, l’Equipe de France inquiète. Malheureusement, ce tournoi des Six Nations en est une nouvelle preuve.

800px logo tournoi des six nations svg

Logo du Tournoi des Six Nations

Vendredi 1er février 2019, 21h, les Bleus reçoivent les Gallois au Stade de France. C’est le moment de faire taire les différentes critiques à l’égard de Jacques Brunel et de l’ensemble des joueurs. Cette rencontre démarrait pourtant sous les meilleures auspices et un 16-0 à la fin de la première période. Les supporters sont sous la charme devant autant de détermination et de domination sur l’actuelle deuxième nation mondiale. Confiants, les Bleus retournent au charbon, sûrs de leur force. Sept minutes, c’est le temps qu’a mis l’équipe de France avant de lentement couler, comme à son habitude. Premier revers et première défaite pour le XV tricolore, 19-24.

Pour la deuxième semaine, et lors du 104ème crunch, le coq français se déplace à Twickenham. A l’image de l’ailier Jonny May, qui a inscrit un triplé dont son premier essai au bout de deux minutes de jeu, les Anglais n’était pas là pour faire de la figuration. Les Français, bien que présents physiquement sur le terrain, étaient absents dans le jeu. Ils n’ont eu de cesse de subir, de défendre et d’encaisser les essais. 30-8 à la pause, grâce à un essai de Damian Penaud, rare Bleu à vouloir jouer au rugby. La deuxième mi-temps est à l’image de la première, sans volonté de jouer, les Bleus ont subi les assauts anglais pendant 40 minutes. Score final : 44-8 pour le XV de la rose.

Comme le dit le vieil adage, jamais deux sans trois. C’est du moins ce que les supporters français doivent penser avant ce France-Ecosse. Le XV du chardon, auteur de deux bons premiers matchs (malgré une défaite 13-22 contre l’Irlande). Ce match est l’occasion de se relancer contre un adversaire à sa portée, mais dont il faut également se méfier sous peine de perdre le peu de confiance avec le public français. L’envie est le mot d’ordre et l’on a également pu voir une volonté de jouer au rugby. Finis les coups de pied pour essayer de se dégager des 22 mètres, tout se fait à la main. C’est l’arrière Thomas Ramos qui est l’analogie de cette façon de jouer en étant l’auteur d’une relance de 80 mètres qui a amené le premier essai français, inscrit par Romain Ntamack. Les Bleus ont développé cette envie de jouer ce qui leur permet d’inscrire 4 essais et de remporter leur premier match 27-10..

Avez-vous déjà eu une sensation de déjà-vu ? Le quatrième match du coq français contre l’Irlande illustre à merveille cette sensation. En effet, comme contre l’Angleterre, les Bleus ont couru après le ballon pendant les 40 premières minutes, sans voir le jour. Sur le terrain, ils n’ont fait que défendre et tenter de repousser les vagues vertes avant de craquer à la troisième minute sous une offensive irlandaise conclue par Rory Best, le talonneur. C’est court trois minutes, alors que quarante à subir c’est très long, et un match entier dominé est encore plus long. 19-0, voilà le score à la mi-temps. Seul petit point positif, les deux essais marqués en fin de match pour sauver le peu d’honneur qu’il nous reste. 26-14 score final, les Bleus rentrent en France, dépités et dépassés par le niveau de jeu des Irlandais.

Dernier match, c’est l’occasion de finir sur une bonne note contre l’Italie, mauvaise élève de ce tournoi, dernière au classement. Victoire 25-14 mais encore une fois, la France a souffert contre un adversaire qui est censé être plus abordable pour eux. Dans les autres rencontres de cette dernière journée, les Gallois remportent leur match contre l’Irlande et le tournoi, en réalisant ainsi leur douzième Grand Chelem. Les Anglais et les Ecossais se sont neutralisés 38-38, dans une rencontre de haut niveau, un scénario épique avec une remontada écossaise, mené 31-0.

C’est l’heure du bilan, et si vous êtes arrivé jusqu’ici, vous savez qu’il ne sera pas glorieux. Je vais commencer par les points positifs : on a vu certains joueurs tenter des choses, s’illustrer que ce soit offensivement avec Damian Penaud, auteur de deux essais ou encore Antoine Dupont ou Romain Ntamack qui confirment leur excellente saison avec le Stade Toulousain. Défensivement, Félix Lambey s’est imposé comme un deuxième ligne incontournable de part sa grosse activité et ses nombreux plaquages ou encore Demba Bamba, le jeune pilier champion du monde des moins de 20 ans, qui a lu aussi été présent que ce soit en attaque ou en défense.

Place aux points négatifs maintenant et par où commencer. Cette équipe ne tente rien de nouveau, reste sur nos acquis. Dès qu’elle est un peu mise sous pression, panique et rend trop rapidement le ballon à ses adversaires. Les fautes de main et de discipline sont encore trop présentes et impactantes sur son rugby. Egalement trop inconstants, les Bleus sont capables du meilleur comme du pire. Quand on compare les Bleus aux autres équipes, la différence de niveau est très importante. Le problème est qu’à six mois de la Coupe du Monde au Japon, quelles sont les solutions à envisager pour ne pas perdre la face ? Garder les mêmes joueurs ? Faire confiance aux jeunes champions du monde pour porter le rugby français, malade depuis tellement d’années ? La décision revient désormais à Jacques Brunel.

Ajouter un commentaire

Date de dernière mise à jour : 25/03/2019