Une déception mais des promesses

Théo Alleaume, 28/01/2019


Entre déception avec une demi-finale ratée et des promesses avec cette nouvelle génération qui grandit, l'Equipe de France masculine de handball nous laisse un goût d'inachevé dans ce championnat du Monde. Retour sur son parcours.

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Absent au début de la compétition, Nikola Karabatic (ici, en 2016) a offert la médaille de Bronze à la France sur le gong

Les Bleus héritaient d’un groupe peu relevé, bien que fourbe, avec l’Allemagne, le Brésil, la Russie, la Serbie et pour la première fois dans l’histoire du mondial, la Corée unifiée Pour leur entrée dans la compétition, l’équipe de France s’imposait 24-22 contre une surprenante équipe brésilienne. Leur deuxième match fut un récital contre les Serbes ; malgré une bonne première mi-temps de leur part, c’était en deuxième période que l’écart s’était creusé pour finalement se solder sur un score de 32-21. La Corée unifiée fut elle aussi terrassée par nos Bleus 34-23. Le choc de ce groupe était évidemment la rencontre entre les Experts, six fois champions du monde et tenants du titre contre l’Allemagne, triple champions du monde. Le stade était complet, l’ambiance électrique et les acteurs de ce choc au sommet étaient au rendez-vous. Au terme d’une première période serrée, les hôtes du tournoi rentraient au vestiaire en menant 12à10. Cependant, l’écart restait minime et c’était au terme d’une deuxième période tout aussi serrée, que Timothey N’Guessan offrit l’égalité aux siens, 25-25. Seule ombre au tableau, Cédric Sorhaindo, le pivot et capitaine des Experts, se blessa au mollet droit, ce qui obligea le coach tricolore, Didier Dinart, à rappeler Nikola Karabatic.

 

Les Bleus, en tête de leur groupe, devant les Allemands et les Brésiliens, également qualifiés, se dirigeaient vers le tour principal, déterminés à se hisser en finale. Pour ce tour principal, la France héritait de l’Allemagne, de l’Espagne, du Brésil, de l’Islande et de la Croatie. Les Experts entamaient ce tour contre les Espagnols. Tout comme la rencontre Franco-Allemande, les 18000 spectateurs assistaient à une rencontre de haute volée. La première mi-temps tournait rapidement à l’avantage des français, puisqu’au retour aux vestiaires, les Bleus menaient 17-15. La deuxième mi-temps fut à l’image de la première : maitrisée par les coéquipiers de Dika Mem, meilleur buteur français, avec Ludovic Fabregas (6 buts). Arpad Sterbik et les siens ne pouvaient stopper la machine tricolore, qui s’imposa 33-30.

Plus faible sur le papier, l’Islande était le prochain adversaire des Bleus. Jamais inquiétés à l’image du portier français Vincent Gerard, auteur de 14 arrêts et de deux buts, la France portée par des joueurs en confiance, à l’image de Melvyn Richardson auteur d’un 5/5, s’imposaient 22-31.

Grâce à la victoire de l’Allemagne contre la Croatie, les Bleus étaient qualifiés pour les demies-finales de ce mondial. La rencontre face à ces mêmes Croates fut donc abordée sereinement par nos tricolores. Peut-être trop sereinement. En effet, malgré une première mi-temps équilibrée, s’achevant sur un score de parité 11-11. En deuxième mi-temps, les Croates prenaient le dessus pour finalement s’imposer 23à20.

La demi-finale avait des airs de finale avant l’heure. En effet, ce France-Danemark nous promettait un match haletant, entre deux des meilleures équipes du monde. Ce fut pourtant tout le contraire. Dominés en première période et acculés dans la deuxième, nos Bleus subissaient les assauts danois sans pour autant réagir. Plus les minutes passaient et plus Mikkel Hansen et les siens creusaient l’écart, pour finalement conclure ce match sur un score sans appel de 30 à 38. Seuls Kentin Mahé et Melvyn Richardson montraient des belles choses sur le terrain contrairement aux gardiens tricolores, auteurs de 4 petits arrêts à eux deux. Balayés sans avoir eu leur mot à dire, c’était la tête basse que les Experts entamaient leur petite finale.

Un arrière-goût de déjà-vu semblait planer sur ce Allemagne-France, dimanche après-midi. Décidés à oublier la débâcle de la demi-finale, les Experts entamaient leur petite finale. Menés à la pause 13-9, les Français ne se découragaient pas et réussissaient à remonter la pente pour au final, l’emporter 25-26 au bout du décompte. La France arrache donc la médaille de bronze grâce à un but salvateur de Nikola Karabatic à 1 seconde du terme. La finale de ce mondial opposait donc le Danemark à la Norvège. C’est sans surprise que les Danois l’ont emporté sur le score de 31 à 22. Cette large victoire permet au Danemark de remporter son premier titre mondial devant son public.

 

Malgré la frustration de cette troisième place pour les triclores, qui n’était pas l’objectif initial de Didier Dinart, nous avons pu voir de très belles choses comme par exemple la confirmation des jeunes Ludovic Fabregas ou Dika Mem, et l’émergence de Melvyn Richardson. Les anciens comme les nouveaux joueurs ont répondu présent même si certains points restent améliorables. Cette équipe est encore jeune et a besoin de temps pour trouver des repères, des automatismes mais c’est encourageant pour les futurs compétitions comme les J.O de 2020. Cette équipe de France est appelée à régner sur le handball mondial dans les années à venir comme l’ont fait ses prédécesseurs.

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Date de dernière mise à jour : 28/01/2019