US Open de tennis : la jeunesse (presque) au pouvoir

Louis Lesueur, 09/09/2019


L'US Open s’est achevé, ce matin, suite à une folle nuit et la victoire de Rafael Nadal sur Daniil Medvedev. La veille, la jeune prodige Bianca Andreescu avait défait Serena Williams.

Arthur ashe stadium interior

Le Court Arthur Ashe a vibré pendant cette quinzaine

Corneille l’avait souligné dans le Cid, « aux âmes bien nées, la valeur n'attend point le nombre des années». Cet US Open de tennis l’a confirmé, complètement chez les dames avec la victoire d’Andreescu (19 ans) et dans une moindre mesure chez les hommes avec le magnifique parcours de Medvedev (23 ans), battu en finale par Rafael Nadal. 

Mais était-ce vraiment une surprise de retrouver des deux-là en finale ? Pour Daniil Medvedev, pas vraiment. Le Russe a réalisé un été incroyable lors de la tournée américaine, avec trois finales à Washington, Montréal et Cincinnati et une victoire dans le dernier tournoi cité. En ajoutant cette finale de l’US Open, il est devenu seulement le deuxième joueur après Andre Agassi (1995) à avoir disputé les quatre finales la même année outre-Atlantique. Concernant Bianca Andreescu, l’histoire est différente, elle qui n’avait pas joué l’US Open l’an dernier (éliminée lors des qualifications) et qui pointait alors loin du top 100 mondial. A force de travail mental, de relaxation et d’entraînements, la Canadienne est revenue peu à peu au top niveau. Malgré une victoire prometteuse, chez elle, au WTA Premier de Toronto, peu l'imaginait capable d’atteindre la finale et encore moins devenir la première Canadienne de l’histoire à remporter un tournoi du Grand Chelem. C’est également la première victoire en Grand Chelem, homme et femme confondu, d’un joueur né dans les années 2000. 

Rentrée dans l’histoire, elle ne veut désormais pas s’arrêter en si bon chemin. Elle a même avoué inscrire depuis l’âge de seize ans le montant du prize money de l’US Open sur un chèque avant de l’effacer et remplacer le montant chaque année par le nouveau prize money sans cesse en augmentation. “Je faisais ça pour l’US Open. Peut être qu’il est temps de le faire pour les autres tournois du Grand Chelem”. Peut être est-il aussi temps pour Medvedev de commencer ce rituel ? Ce qui est sûr, dans ces deux finales opposant deux jeunes joueurs prometteurs : Andreescu et Medvedev, à deux monstres sacrés : Serena Williams (vingt-trois titres du Grand Chelem) et Rafael Nadal (dix-huit titres en Majeur, avant sa victoire cette nuit), la superstition a pris le pas sur l’expérience dans un cas, mais l’expérience a pris le pas sur la fougue dans l’autre. Chez les femmes, cela devient une habitude avec dix gagnantes différentes lors des vingt derniers tournois du Grand Chelem. Sur les cinq derniers, trois joueuses ont même remporté leur premier Majeur pour leur première finale à ce niveau : Osaka (US Open 2018), Barty (Roland Garros 2019) et Andreescu (US Open 2019). En revanche chez les hommes, le big 3 règne et les trois monstres sont partout. Sur ces mêmes vingt derniers tournois, dix-sept ont été remportés par Djokovic, Federer ou Nadal. Ces légendes pourraient encore se disputer les titres quelques années, à moins que Medvedev ne trouve, lui aussi, sa supersition pour gagner.

 

 

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Date de dernière mise à jour : 09/09/2019