«Adultes comme enfants, on me disait que c'était un sport d'homme»

Louis Lesueur, le 27/05/2019


La coupe du Monde féminine de football débute en France dans quelques jours. A cette occasion, Juliette Houdeville, étudiante en STAPS et joueuse au Football Club Féminin Rouen Plateau Est, nous présente son parcours dans son sport, entre joie et moquerie.

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Juliette en pleine action

Comment est venue cette envie de faire du football ?
«Je pense que ça m'est venu lors de la coupe du monde 2006 et de l'engouement qu'il y a eu lors de la finale. Après ça quand je faisais mon anniversaire avec des copains, il y avait toujours un match de foot à la fin… Deux ans plus tard j'ai demandé à mes parents si je pouvais en faire en club et voilà.»

Depuis combien de temps pratiques-tu ?
«Je fais du foot depuis 11 ans. J'ai fait 3 ans dans un club mixte, 5 ans dans un autre club mixte et je joue actuellement ma 3e année dans un club féminin: Football Club Féminin Rouen Plateau Est.»

Est-ce que,selon toi, les équipes mixtes sont une bonne chose chez les jeunes ?
«Oui je pense que chez les jeunes, comme aujourd'hui jusqu'à 15 ans, c'est bien de faire des clubs mixtes

Cela t’a donc aidée ?
«Dans mon cas ça m'a aidé à me battre pour ce que je voulais, ça m'a aidé à aller vers les autres parce que j'étais la seule fille de mon équipe et il fallait bien que je me socialise... Lorsque j'ai commencé ma première année avec uniquement des filles, j'étais une de celles qui allait le plus au contact justement grâce à l'habitude que j'avais avec les garçons

As-tu souvent été moquée ?
«Oui on s'est moqué de moi parce que je jouais au foot. Plus quand j'étais petite que maintenant évidemment mais c'est arrivé. Quand je commençais en primaire, je disais à mes amis que je jouais en club et un garçon ne me croyait pas alors il m'a demandé de ramener mes affaires de foot à l'école et après quand il a compris que c'était vrai il s'est moqué de moi avec ses amis dans la cour... Et plus tard, adultes comme enfants, on me disait que c'était un sport d'hommes, que je n'avais pas ma place là dedans

Mais tu n’as jamais arrêté...
«Ça m'a encore plus donné envie de leur prouver le contraire même si parfois, au début, j'ai déjà eu envie d'arrêter à cause de ça.»

Désormais tu étudies en STAPS ?
«En Staps et plus particulièrement en spécialité football, nous sommes 12 filles. C'est très peu et c'est d'ailleurs pour cela qu'il n'y a pas d'équipe universitaire féminine. Cependant il y a une équipe féminine de futsal mais c'est différent

Comment se passe la « spé foot » ?
«Nous sommes, dans mon groupe, 6 filles mélangées avec une trentaine de garçons. Alors c'est très compliqué, parce qu'on peut clairement voir la différence de niveau entre les deux surtout par rapport à leur rapidité et un peu leur technique. Je trouve dommage qu'il n'y ait pas autant de filles qui choisissent le foot en Staps ou simplement un peu plus afin de créer une section foot féminin

Un beau parcours de Bleues, voire une victoire finale comme leurs homologues masculins, aiderait sûrement à cela.

Commentaires (1)

Houdeville
  • 1. Houdeville | 29/05/2019
Bel article qui met le football féminin en valeur et il en a besoin !
Bravo monsieur Louis Lesueur et tous derrière l'équipe de France féminine pour la coupe du monde ⚽⚽⚽⚽

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Date de dernière mise à jour : 27/05/2019