Nuuk, une destination inoubliable

L'équipe LVDR, 02/04/2020


Un voyage erasmus arrive seulement une seule fois dans nos études, alors pourquoi ne pas être original quant à notre destination ? C’est le choix qu’à fait Claire, étudiante en deuxième année de licence Humanités et  Monde Contemporain Parcours Science Politique. Elle est actuellement à Nuuk, au Groenland où elle étudie les sciences politiques, l’économie, et le business en Arctique à l’Université Ilisimatusarfik. Nous avons recueilli pour vous son témoignage. 

 

Nuuuk

Vue de Nuuk, photo de Eeva Honkonen

Quelles ont été vos motivations pour cette destination ?

"À vrai dire, il s’agissait au début d’un défi que je m’étais lancé à moi-même. Mais ayant pour projet de faire un stage, et ayant également connaissance du nombre de places restreint, je n’y croyais pas. Jusqu’au jour où j’ai appris que ma candidature avait été retenue. J’ai alors dû en informer mes parents, que je n’avais entre autres pas concertés au préalable. J’ai dû leur fournir un motif et c’est celui que je vais alors vous fournir également: c’était, selon mes professeurs, la meilleure destination pour étudier les sciences politiques. Avec le recul, je ne pense pas que le Groenland soit la meilleure destination pour étudier les sciences po. En revanche, les cours sont principalement axés sur le monde arctique, et c’est très enrichissant. En France, nous ne nous préoccupons pas de ce qui se passe dans le Nord, en atteste le peu d’investissement de notre gouvernement au Conseil de l’Arctique...Nous avons, à mon sens, un point de vue trop “franco-centré” et c’est parfois ce qui peut nous faire défaut. En ce sens, partir étudier au Groenland permet une plus grande ouverture d’esprit."

Comment avez-vous trouvé votre logement ? Comment vivez-vous ? (résidence étudiante, colocation, combien de personnes par chambre etc…)

"Il y a une pénurie du logement à Nuuk et le peu de logements restants sont loués très chers. Via des connaissances, j’avais eu quelques pistes mais rien de bien concluant. J’ai été soulagée lorsque j’ai su que j’avais réussi à avoir la colocation mise à disposition par l’université d’accueil. Nous y vivons à cinq et chacun a sa chambre. Je me trouve avec un danois, deux finlandaises et une française qui étudie aussi à Rouen. L’appartement est correct, même si nous avons eu quelques surprises en arrivant : il faut savoir que personne ne vient faire de vrais état des lieux ni même de ménage après le départ des étudiants… Le cadre de l’appartement ne fait pas tellement rêver, le building et ceux avoisinants ont l’allure de blocs soviétiques mais il est idéalement placé, proche du centre-ville et il offre une vue imprenable sur l’océan. Vraiment, c’est un paysage à couper le souffle et rien que pour ça, je ne regrette pas d’avoir quitté mon petit appart’ avec balcon vue sur la Seine et gazon synthétique."

Par quels moyens vous-êtes vous rendus dans votre ville d’accueil ?(type de transport, temps de trajet etc...) Et à quel prix ?

"Le trajet le plus court et le moins coûteux était de prendre l’avion en partance de Roissy CDG jusqu’à Nuuk. C’est environ 7h de vol et j’ai eû une escale de 20h à Reykjavik, en Islande. Il n’existe pas de trajet direct. Pour l’aller, ça m’a coûté exactement 897 euros, ce à quoi il faut rajouter l'hôtel. Puisque nous étions à deux, nous nous sommes fait plaisir : il nous fallait un jacuzzi et un sauna (un jacuzzi dehors sous la neige, ça n’a pas de prix) donc il faut rajouter une petite centaine d’euros sans compter le taxi et le restaurant. A noter : nous sommes obligées de changer d’aéroport en Islande, donc il faut aussi prévoir un transport, mais rassurez-vous, des navettes sont mises à disposition pour une trentaine d’euros."

Comment avez-vous ressenti l'accueil fait par les étrangers et les autres étudiants ? Il y a-t-il des barrières ? (langues, culture, traditions, politique etc…)

"Au Groenland, cela dépend vraiment. Certaines personnes sont très ouvertes, très souriantes et bienveillantes ; tandis que d’autres me confondent avec une danoise et me discriminent systématiquement (notamment les groenlandais pro-indépendantistes j’imagine). Mais le meilleur terrain d’observation reste le bus. Certaines personnes préfèrent rester debout dans l’allée (les bus ne possédant quasiment que des places assises) plutôt que de s’asseoir à côté de vous, c’est assez déconcertant. Un jour, une de mes amie danoise s’est faite draguée dans le bus : l’homme lui a demandé si elle était canadienne et lorsqu’elle a répondu qu’elle était danoise, il a juré et n’a plus osé la regarder. Je pense que cela en dit long sur ce qui se trame ici, au Groenland.

Pour autant, j’y ai rencontré des personnes adorables et je pense que je n’ai pas fini d’en croiser. Alors, le conseil que je vous donnerai serait de ne pas s’arrêter sur des préjugés, peu importe qu’ils viennent de vous ou qu’ils soient portés à votre égard, montrez juste aux gens ce que vous avez de meilleur et les plus intelligents sauront vous le rendre.

Concernant la culture, les traditions et la langue, c’est très différent et totalement dépaysant. Je ne compte pas vous en dire trop puisque je vous invite à aller vous immerger dans ce mode de vie totalement différent par vous même : cela vaut le détour. De plus, si vous êtes chanceux, vous aurez peut-être droit à quelques cours de groenlandais qui sont, qu’on se le dise totalement indescriptibles, mais qui sont parfaitement enrichissants."

La vie est-elle plus chère ou moins chère qu’en France ? Avez-vous des exemples ?

"La vie est très chère. Il y a très peu de produits locaux; ils se résument au phoque, à la baleine (met d’exception), au béluga, au narval, au boeuf musqué, et au renne principalement. Quelques fois, l’on peut trouver des pommes de terre cultivées sur le sol groenlandais mais cela reste rare. Tout le reste est importé et il faut oublier les salades d’été avec des tomates cerises. Pour exemple, une barquette de 250g coûte 58 DKK (si vous êtes chanceux) soit 7,73 euros. Niveau cosmétique, un shampoing Garnier lambda coûte une dizaine d’euros; mais bien sûr d’autres marques, danoises par exemple, proposent des shampoings moins chers. Enfin, petit conseil pour les femmes, prenez vos dispositions côté épilation puisqu’il vous sera difficile de trouver le matériel nécessaire sur place. En revanche pas de panique non plus, j’ai repéré un salon de beauté si besoin est : inutile que l’on prenne place au milieu des phoques et de leurs poils soyeux." 

Quelle est l’ambiance générale de la ville ? Quelles sont les sorties culturelles à faire ? Où est-il possible de manger/boire ?

"Il y a beaucoup de musées à la capitale (trois exactement, ce qui est très correct pour une ville de 15 000 habitants). Cette année, j’ai la chance de participer au Nuuk Snow Festival en tant que volontaire. C’est un évènement artistiques où plusieurs artistes parfois même venant du monde entier viennent réaliser des sculptures de glaces. C’est assez impressionnant. Il y a également un cinéma et de nombreux concerts, soit il y en a de programmés toutes les deux semaines environ. Le seul night-club, connu sous le nom du “Manhattan-Club” vient de fermer ses portes. Mais il existe pleins d’autres bars sympa qui organisent des soirées, comme des soirées karaoké le jeudi soir. Enfin, les groenlandais sont très festifs voir quelques fois, l’on croirait même un peu trop. Mais de ce que j’ai déjà entendu ici et par une personne en parfaite connaissance de causes, la plupart ne tiennent pas l’alcool. De plus, ils sont plutôt tactiles et après avoir expérimenté quelques techniques de drague clairement pas au point mais plutôt amusantes, je peux vous confirmer que l’alcool aide fortement. En ce sens, si vous vous sentez seule et totalement désespérée en France, cette destination est faite pour vous !"

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Date de dernière mise à jour : 02/04/2020