Le Revenu Universel d'activité sera-t-il aussi ouvert aux étudiants ?

Emma Gaheneau, 24/10/2019


La création du Revenu Universel d’Activité soulève beaucoup de questions, notamment quant à l’intégration de la jeunesse à ce projet de refonte des aides sociales. Il est important pour les étudiants de participer à la concertation citoyenne en cours et voici pourquoi.

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Le Revenu Universel d’activité pour l’horizon 2023 

En France, les aides sociales sont nombreuses, ainsi que les règles qui les régissent. Leur fonctionnement devient donc illisible pour la plupart des français et beaucoup ne connaissent pas les aides auxquelles ils peuvent avoir accès. Ainsi, près de 30% des potentiels bénéficiaires ne touchent pas le RSA, par exemple, selon la DREES (Direction de la Recherche, des Études, de l’Évaluation, et des Statistiques), instance dépendante du ministère des Solidarités. 
Pour faciliter l’accès aux différents minima sociaux, Emmanuel Macron a lancé au début du mois d’octobre une concertation populaire sur le futur RUA, Revenu Universelle d’Activité. Ce dernier devrait remplacer, d’ici 2023, plusieurs aides, dont le RSA, la prime d’activité et les APL. La consultation citoyenne, qui se termine le 25 novembre, s’organise autour de trois thématiques : pourquoi ? pour qui ? et surtout comment ? Chaque question est subdivisée en propositions ; les citoyens peuvent en ajouter, partager des arguments et voter pour les plus pertinentes, tout cela en ligne. 

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Cette concertation publique sera donc suivie d’ateliers et d’un jury citoyen en janvier 2020. 

Pourquoi les jeunes doivent-ils s’exprimer lors de cette consultation ? 

Ce revenu universel, mesure phare de la stratégie de lutte contre la pauvreté du président, intègre des minima sociaux dont les critères d’accès sont très différents. Par exemple, le RSA n’est pas accessible aux jeunes de moins de 25 ans et aux étudiants alors que plus de 800 000 étudiants sont bénéficiaires des aides au logement. Nous pouvons nous demander alors comment les jeunes vont être intégrés à cette refonte des aides sociales. L’inclusion semble difficile au vu des myriades de conditions pour y accéder. Pourtant cette tranche de la population est en grande difficulté : 12% de ces derniers vivent en dessous du seuil de pauvreté en France. 

L’intégration des jeunes devrait donc se fonder sur un système d’égalité et d’alignement sur le droit commun, d’après le rapport du Conseil d’Orientation des politiques Jeunesse. Pour que cela soit effectif, plusieurs décisions peuvent être prises comme l’automaticité des prestations sociales, qui permettrait aux jeunes d’avoir accès à leurs droits de manière systématique en faisant très peu de démarches administratives. Cette option permettrait de recréer un lien entre la jeunesse et les administrations publiques. En effet, ouvrir le revenu universel d’activité à tous citoyens à partir de 18 ans, renforcerait leur confiance dans les institutions, grâce à une reconnaissance de leur statut d’adulte, ainsi qu’une action visible de l’État. 

Un revenu universel, pas si universel 

Toutefois, ouvrir le RUA au plus grand nombre est forcément plus coûteux pour le gouvernement, qui pourrait donc être réticent à une véritable universalité. D’après le rapport de Fabrice Lenglart, rapporteur pour ce dossier, trois scénarios pourraient circonscrire les dépenses publiques : appliquer le RUA aux jeunes ayant finis leurs études et n’habitant plus chez leurs parents soit 1 millions de personnes. Le deuxième scénario serait de verser un supplément étudiant pour les étudiants vivants chez leurs parents, soit 1,3 million. Enfin la dernière possibilité : un jeune non-étudiant vivant chez ses parents pourrait bénéficier d’une aide à l’insertion. Elle concernerait 1,8 million de jeunes. 

Le gouvernement souhaiterait donc que cette réforme soit la moins coûteuse possible, ce qui entraînerait d’autres coupes budgétaires impactant directement les étudiants. Le directeur général de la Fars (Fédération des acteurs de la solidarité), Florent Gueguen, craint un resserrement de certains critères, comme ceux de l’accès aux APL ; ce qui impacterait directement les étudiants de classe moyenne, qui ont déjà subi la baisse de 5 euros mensuels de leur APL, puis la non-revalorisation de cette aide, nécessaire lors des études supérieures. 

La participation des étudiants à la consultation est donc très importante, pour faire entendre leurs voix, argumenter et voter pour la solution la plus adaptée à leur situation. 

 

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